Molière, état des lieux d’une école-usine, 3 ans après...

mardi 6 juin 2017
par  Stéphane Legardinier
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Une visite du CHSCT départemental aura lieu dans l’école le 22 juin. Face aux représentants de la DSDEN qui, comme d’habitude, nieront la dégradation des conditions de travail, nos collègues ne manqueront pas de se faire entendre. L’article qui suit a été rédigé par nos camarades PE du secteur havrais.

Depuis la création, au Havre, de l’école Molière en 2014, les enseignants n’ont cessé de dénoncer les conditions de travail qui sont les leurs. Ce grand ensemble, tout neuf, mêle 8 classes en maternelle et 10 classes en élémentaire en REP+. Ce sont plus de 430 élèves qui sont ainsi accueillis dans l’école. Depuis 3 ans, beaucoup de collègues ont quitté l’école et ce, notamment, à cause des conditions de travail. De l’équipe de départ, il ne reste que 6 enseignants, 3 en maternelle, 3 en élémentaire, sur les 14 postes que comptait l’école lors de sa fusion.

Récemment, « le conseil des maîtres » s’est réuni pour évoquer les conditions de travail dans l’école. Une liste des dysfonctionnements a été rédigée. Sa lecture est évocatrice, elle permet de pointer avec précision les raisons pour lesquelles une telle école-usine ne peut être compatible avec des conditions d’apprentissage et d’enseignement « bienveillantes » et sereines.

Quelques exemples parmi les plus emblématiques :

  • Une école primaire, c’est mêler maternelle et élémentaire c’est à dire deux écoles qui n’ont pas le même rythme, les mêmes particularités et cela les fragilise l’une et l’autre. Problèmes de communication entre collègues (pas assez de temps pour se réunir, obligation de passer par les mails le soir), surcharge de travail pour la directrice, pour les enseignants, tout se fait dans l’urgence.
  • La taille de l’école trop importante pour accueillir les élèves et leurs familles en REP+ de façon sereine. Il arrive que les parents reportent leurs angoisses sur les enseignants par des agressions verbales, car ils ne se sentent pas en sécurité dans cette école trop grande.
  • Il n’y a pas de salle des maîtres suffisamment grande pour que les 24 enseignants puissent se réunir.
  • Il y a en revanche une autre salle des maîtres en maternelle, elle est grande et peut contenir au moins les enseignants de la maternelle pour leurs réunions. Mais cette salle est occupée par le directeur de site, nommé pour la mairie.

La liste est encore longue. On pourrait citer le manque d’escaliers pour que toutes les classes puissent circuler sans accrocs, le manque d’espace pour pratiquer les activités physiques et le manque de toilettes pour les élèves.

Tous ces dysfonctionnements sont à l’image de ce que les enseignants dénonçaient dès la première heure.

Depuis le début, la CGT-Educ’action se mobilise pour dénoncer la création de cette école primaire. Le CHSCT départemental viendra visiter l’école au mois de juin. Une occasion pour les enseignants de continuer à se battre pour leurs conditions de travail auprès de la hiérarchie qui n’a de cesse de minimiser les difficultés qu’ils vivent au quotidien.
Il est temps de prendre conscience que l’âge des élèves est incompatible avec des effectifs comparables à ceux d’un collège. Il est temps de cesser de louer la beauté de cet ensemble architectural car sous le vernis, la souffrance est palpable.
Les enseignants de l’école continuent de demander la scission de l’école et donc la création d’un second poste de direction. Mais une autre inquiétude demeure : comment travailler avec de tels effectifs, dans un quartier qui n’a pas fini sa mue et qui voit arriver toujours plus de familles très jeunes dans les logements nouvellement livrés ?

Les dysfonctionnements de l’école dans son ensemble

  • les escaliers : un seul pour 10 classes en élémentaire (les croisements complexes des rangs avec 3 services de récréation...), un seul escalier étroit qui génère des tensions en maternelle (on imagine le flux des familles lors des entrées et des sorties, les attentes pour faire monter une classe quand une autre doit descendre...)
  • les espaces pour les activités physiques : comment faire 45 minutes d’activités physiques par jour avec une seule salle de motricité pour 8 classes ? Impossible. Comment faire du sport pour les 10 classes d’élémentaire, sans salle de sport, sans accès à un gymnase et avec 3 services de récréation pour réduire la violence ? Impossible.
  • le temps méridien : les élèves demi-pensionnaires sont trop nombreux ; en maternelle, les ATSEM n’ont pas le temps d’accompagner les plus jeunes de façon sereine car il faut enchaîner les services ; en élémentaire, les conflits sont quotidiens sur le temps méridien, les enseignantes sont confrontées aux difficultés et prises à partie par les familles qui tiennent les enseignants pour responsables.

Le directeur de site nommé par la mairie : un directeur municipal ?
Il se présente lui-même comme le directeur du Pôle Molière. Et dernièrement, il a assisté à l’ensemble du conseil d’école aux côtés de la directrice. Ceci laisse place à une réelle ambiguïté : nulle par le mot « école » n’apparaît sur le bâtiment ni même dans le quartier sur les panneaux. C’est le « pôle » qui prime. Serait-il donc le directeur municipal de l’école ? La mairie reste floue sur ce sujet. Serions-nous déjà bien en marche vers la municipalisation des écoles ? C’est à craindre.
Il y a une salle des maîtres en maternelle, elle est grande et peut contenir les enseignants de la maternelle pour leurs réunions. Mais cette salle a été réquisitionnée par la mairie et elle est occupée, justement, par le directeur de site. Pourtant son bureau pourrait être installé dans la partie « famille » et donc municipale du bâtiment. Mais ce n’est pas le cas. Il est actuellement situé au cœur de l’école maternelle. Il lui arrive de recevoir des personnes extérieures à l’école, sur le temps scolaire. Les enseignants voient circuler des personnes qu’elles ne connaissent pas, sans savoir si ces personnes sont « invitées » ou non. La mairie du Havre précise que le directeur de site a toute sa place au sein de l’école puisqu’il gère le personnel municipal. Or sur le temps scolaire, c’est à la directrice que revient cette prérogative.
Ces dispositions en disent long sur le projet sous-jacent de la mairie du Havre avec le consentement de la Direction Académique d’opérer un glissement de l’éducation nationale vers l’éducation municipale.


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Brèves

Moins de fonctionnaires et un statut attaqué :

vendredi 26 mai

120 000 fonctionnaires en moins mais un service public renforcé. Comme depuis 10 ans, le but est donc de faire mieux avec moins, ce qui impliquera, dans les faits, une baisse des services rendus aux usagers et une détérioration des conditions de travail des personnels. Pour cela, la recette managériale habituelle : autonomie des chef-fes de services, individualisation des carrières et des salaires. Bref, la concurrence entre les personnels et la division

CEPIC, AVEC LA CGT, ILS et ELLES ONT GAGNÉ !

mardi 18 avril

Au bout de 2 semaines de grève totale et de blocage du site, les salariés de CEPIC ont arraché vendredi 14 avril un très bon accord :

  • une augmentation de salaire avec un talon de 30 €
  • une prime exceptionnelle équivalent à un mois de salaire
  • une prime de chiffre d’affaires mensuelle

De fait, ces mesures salariales amènent les salariés de CEPIC au niveau des minima conventionnels, que l’employeur refuse depuis des années. La grève menée par les militants CGT de CEPIC, épaulés par la présence permanente de l’UL Sotteville St Etienne a rassemblé du premier au dernier jour 90 % des salariés.
L’UD 76 et la fédération Chimie ont organisé la solidarité sur le piquet : des dizaines de syndicats cgt sont venus régulièrement soutenir. La victoire des CEPIC, après la victoire des Legrand est une victoire pour toute la CGT. C’est la victoire de l’unité et de la solidarité.

Lutte gagnante : victoire pour les travailleurs sans papiers du Marché de Rungis

mercredi 12 avril

Après trois semaines de grève et d’occupation de la Tour Semmaris, les pressions sur les entreprises pour l’établissement des CERFA, les parties (Préfecture, Min de Rungis, CGT) se sont mis d’accord sur les points suivants :

  • établissement par les services préfectoraux de récépissés avec autorisation de travail pour l’ensemble des grévistes ;
  • dépôt des dossiers des 128 travailleurs sans papiers en préfecture du Val-de-Marne.

En conséquence, l’occupation de la Tour Semmaris a pris fin dimanche 9 avril 2017.

Cette victoire est incontestablement à mettre au crédit de la lutte, de la détermination des travailleurs sans papiers, des militants de la CGT et des nombreux et divers soutiens qui auront pu s’exprimer.

On bosse ici, on vit ici, on reste ici !

Montreuil, le 10 avril 2017

Les salariés de l’usine Legrand ont gagné !

mardi 28 mars

Cet après-midi, après 9 jours de grève et de blocage , la direction de l’usine Legrand de Malaunay a cédé devant la délégation CGT et FO, et face à la détermination des salariés qui ont gagné 41,61 euros d’augmentation par mois.
La solidarité a joué un rôle déterminant. Le patron, énervé par la détermination des grévistes qui tenaient bon a lâché : « oui je le sais, vous avez une cagnotte », en faisant référence au soutien financier des autres syndicats CGT et d’autres salariés présents le jeudi 23 Mars devant l’usine. La CGT éduc’action de l’académie de Rouen était porteuse ce jour là d’un message de soutien. BRAVO aux LEGRAND !

Déclarations CGT éduc’action de mars 2017

samedi 25 mars

Lutte gagnante chez SIDEL, près du Havre :

mardi 21 mars

Après des propositions au rabais suite aux négociations salariales annuelles, les salariés de Sidel (métallurgie) ont décidé de se mobiliser pour les salaires alors que les résultats de l’entreprise sont au beau fixe. Après 2 jours de débrayages, la direction a été obligée de revoir sa copie à la hausse. Ainsi, l’augmentation générale pour les non cadres est passée de 0,4% à 1%, Pour les cadres, c’est 1,6% d’augmentation individuelle. La prime de transport est améliorée de 3%, et la prime de vacances de 1000 euros est reconduite. 5000 euros de primes vont être versés aux salariés ainsi qu’un bonus. Le mercredi 8 mars l’assemblée générale a accepté le contenu des négociations et a repris le travail .

Mutations 2° degré : le rectorat ne veut pas communiquer les postes vacants !

samedi 18 mars

Les collègues qui participent au mouvement intra du second degré l’ont déjà remarqué : le rectorat ne communiquera pas les postes vacants, hors postes spécifiques. La raison invoquée d’un problème de calendrier ne tient pas la route. En effet, le CTA qui entérine les suppressions de postes a lieu le 24 Mars, et à la demande légitime des organisations syndicales, il est important que la période de saisie des voeux ne se fasse pas pendant les vacances. Mais cette excuse soulève pas mal de questions : pourquoi refuser de diffuser les postes vacants au moins pour quelques jours, après le 24 Mars ? Pourquoi ne pas avoir fixé les CTA et les groupes de travail préparatoires plus tôt ? Pourquoi ne pas laisser le serveur SIAM ouvert jusqu’au 7 avril ? Cette décision ressemble plus à un refus de communiquer les postes vacants, qu’à un simple problème de calendrier !

Non, tout ne va pas bien dans l’éducation !

jeudi 9 mars

Contrairement à ce que le gouvernement déclare la rentrée 2016 n’est pas bonne, et celle qui se prépare va être encore pire. Les effectifs de classe vont encore augmenter. En Seine-Maritime, en collège, 40 classes vont fermer pour 31 ouvertures. Et les ouvertures ne se font que quand les classes sont déjà pleines à craquer ! Les collèges sortant de l’éducation prioritaire figurent dans le top 5. La fermeture du collège Guy Môquet au Havre est en cours. Dans les lycées les effectifs de classe dépassent de plus en plus fréquemment la barrière déjà inadmissible de 35 élèves par classe. Dans le 1° degré, en Seine-Maritime, 97 classes vont fermer pour seulement 37 ouvertures. Et dans l’Eure, avec des fermetures plus nombreuses que les ouvertures il y aura 6 classes de moins.