Projet de décret collège, ou comment chercher à rouler les personnels et les jeunes !

mercredi 7 juin 2017
par  Luc De Chivré
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Jean Michel Blanquer ne devrait pas tarder à lancer une grande opération de « comm. » pour mettre en avant son projet d’arrêté du 19 mai 2017 sur l’organisation des enseignements au collège, ou comment faire semblant de mettre au placard la réforme du collège, tout en amplifiant les choix dévastateurs contre lesquels une immense majorité des enseignants concernés ou non ont été vent de bout contre la réforme : l’autonomie accrue, la disparition d’heures d’enseignement, un système fait pour diviser les personnels, la mort assurée des enseignements type bilangue, euro, latin... dans les zones populaires notamment.

Première annonce-séduction : finie la liste des thèmes EPI, les enseignants pourront appeler EPI tout ce qu’ils voudront faire. Alléchant mais dangereux ! C’est un coin de plus enfoncé dans un cadrage national des programmes qui est déjà mis à mal. Et sans vraie liberté, puisque les heures doivent rester étiquetées EPI ou AP et que les Principaux de collège vont mettre la pression sur les équipes enseignantes pour avoir des projets. Et l’étiquetage EPI/ AP pose en lui même un sérieux problème puisque nous ne récupérons toujours pas les heures d’enseignement telles que nous les connaissions avant la réforme. Ca ouvre grand la porte d’un bilan négatif des EPI qui pourrait se solder par la disparition de ces heures dans la grille horaire des élèves.

Ensuite, Jean-Michel Blanquer espère contenter les enseignants en communiquant sur le retour des bilangues. Mais en regardant de plus près le projet de décret, ce n’est pas ça du tout. Les établissements pourraient faire le choix de proposer une deuxième langue vivante en sixième, à raison de 2 heures hebdomadaires maximum. Mais les heures seraient prises sur les marges auxquelles chaque classe a réglementairement droit et que les Principaux, sous couvert du conseil d’administration, peuvent utiliser comme ils l’entendent. La « bilangue » va donc être en concurrence avec des dédoublements de classe, des AP en groupes, des EPI nécessitant une co-intervention etc... Et le Ministre de l’éducation réussirait même avec ce tour de passe passe à supprimer la bilangue de continuité, et à récupérer les 2 heures que les rectorats sont obligés allouent actuellement à cette option. Pour les classes euro, le Ministre pourrait faire le même coup en projetant de prendre sur les heures marges le renforcement de l’enseignement de l’une des deux langues vivantes étrangères dans la limite de deux heures hebdomadaires au cycle 4. C’est bien loin de ce que la CGT éduc’action veut : des moyens supplémentaires dans tous les collèges pour qu’il y qu’on puisse proposer des enseignements ambitieux (bilangue, euro...) partout !

Enfin, il est bien reprécisé qu’un établissement (entendez le chef d’établissement sous couvert du conseil d’administration) peut « moduler la répartition du volume horaire hebdomadaire par discipline », à condition qu’à la fin de l’année du cycle les élèves aient toutes les heures par discipline. Là où on pouvait répartir les heures sur tout le cycle (3 ans pour le cycle 4), on ne peut plus le faire que sur une année. Maigre consolation qui ne ferme évidemment pas la porte de l’annualisation de notre temps de travail.

Et pendant ce temps, Jean-Michel Blanquer n’a jamais évoqué le problème des classes surchargées avec une moyenne nationale de 28 élèves par classe. Mais ça on s’en doutait ! On ne sait pas encore précisément ce qui sera définitif, mais ça ne promet vraiment rien de bon. A nous de nous mobiliser au plus vite, aux cotés des autres salariés, et de montrer que nous voulons de vrais moyens pour l’éducation, mettre fin à l’autonomie des établissements et aux attaques sur notre statut !


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Brèves

Mac Do Neufchâtel en Bray veut licencier une militante syndicale CGT !

vendredi 6 juillet

Suite à un entretien disciplinaire une syndiquée CGT depuis un mois au McDonald’s de Neufchatel en Bray a été mise à pieds à titre conservatoire avant que ne soit décidé un licenciement. Les vrais motifs de cette mise à pied : la distribution de tracts dans les restaurants de cette franchise (Dieppe, Yvetot et Neufchâtel en bray) mentionnant les acquis obtenus au restaurant d’Elbeuf (13e mois, prime trimestrielles, congés enfants malades, arbre de Noël ...), et la crainte que les salariés reprennent eux aussi ces revendications !
Rassemblement Dimanche 8 juillet 18h45 devant le Mac Donald de Neufchâtel en Bray.

Grève à l’hôpital psychiatrique Janet au Havre !

mercredi 20 juin

A l’image des salariés de l’hôpital psychiatrique du Rouvray, les personnels grévistes de l’hôpital psychiatrique Janet du Havre ne lâchent pas le morceau. Ils exigent la venue de Mme Gardel, directrice de l’Agence régionale de santé, l’ouverture d’une nouvelle unité pour que les patients ne soient plus dans des lits supplémentaires avec la création de 50 postes pluridisciplinaires pour la faire fonctionner, la stagiarisation de tous les contractuels-les, l’arrêt de la polyvalence, l’embauche de médecins psychiatres titulaires. Rendez vous jeudi 21 à 8h45 à l’hôpital Flaubert pour une haie de déshonneur pour les administrateurs de l’hôpital, et le samedi 23 à 17h45 sur le parvis du printemps.
Soutenez les revendications en écrivant à Mme Gardel

RESF : une bonne nouvelle qui se concrétise enfin !

mardi 12 juin

Mme Erdene, dont les enfants sont scolarisés au lycée de Déville-lès-Rouen et dans des écoles de Maromme, a reçu enfin son titre de séjour ; celui de son mari attend à la Préfecture, sauf imprévu.
Les bonnes nouvelles sur ce front sont si rares qu’il fallait en parler d’autant plus que pour d’autres familles, l’étau se resserre.
Mme Balogun - originaire du Nigéria et qui a une enfant scolarisée au collège de Maromme - s’est vu confirmer son OQTF par le Tribunal Administratif et France Terre d’Asile cherche à récupérer leur logement CADA en essayant de les en expulser.
La CGT Educ’action revendique la régularisation des lycéens majeurs et des parents d’élèves sans papiers.

Fusion des académies : où en est on ?

mardi 12 juin

En janvier, Mr le Recteur des académies de Rouen et de Caen nous assurait que la fusion des deux académies n’était pas décidée et qu’elle dépendrait de l’évaluation qui serait rendue fin mars, début avril. Il était malgré tout resté bien silencieux lorsque nous lui avions dit qu’il était impossible d’évaluer un processus de fusion en 5 mois (l’expérimentation a officiellement début en novembre), et notamment les conséquences sur les conditions de travail des personnels et les conditions d’enseignement, et que nous étions convaincus que cette évaluation serait bidon et que la fusion était déjà actée officieusement. Depuis, aucune nouvelle de cette évaluation, ni de la décision du Ministère qui devait tomber à la suite de l’évaluation. Mais cela n’est pas vraiment plus rassurant. Les organisations syndicales et les personnels avaient déjà été mis devant le fait accompli en septembre en apprenant seulement à la rentrée qu’une expérimentation était menée sur les académies de Rouen et de Caen. Et le Ministère ne compte pas lâcher de sitôt son projet de fusionner des académies qui sera une véritable manne pour supprimer des postes d’administratifs en fusionnant des services et des formations.

Université : Blanquer manipule les chiffres !

mardi 12 juin

Pour justifier la sélection à l’entrée de l’université, Jean-Michel Blanquer affirme que seuls 40% des étudiants en L1 sont en L2 l’année suivante, sous entendant bien sûr que tous les jeunes ne peuvent pas réussir et qu’il faut en tenir compte. Si ce chiffre est exact, c’est oublier que beaucoup réussissent en redoublant, en se réorientant ou en obtenant un concours et qu’au final 80% des étudiants sortent de l’enseignement supérieur avec un diplôme, malgré des conditions d’étude déplorables dans de nombreuses filières.

Grève de la faim au centre hospitalier du Rouvray !

mardi 22 mai

Communiqué de presse des Grévistes de la faim
Résumé de la journée du jeudi 31mai. J10
Cette journée a été ouverte par de nouveaux témoignages culturels de soutien important ! Ensuite, s’est déroulée une Assemblée Générale où plus de 300 personnes sont venues soutenir le mouvement. A 15h, une centaine de salariés du Centre Hospitalier du Rouvray (Hôpital Psychiatrique Rouen, Normandie 76) ont investi les locaux de l’administration abandonnés et délaissés sur instruction de la direction.
Pendant que le personnel soignant assure la continuité des soins ! Toujours les mêmes qui bossent !
Cette action s’est déroulée de façon organisée et pacifique pour réclamer notamment 52 postes paramédicaux supplémentaires. Nous ne voulons que prendre en charge correctement la souffrance psychique de nos concitoyens ! Cette nuit, nos 7 collègues grévistes de la faim sont accompagnés par 52 professionnels du CHR. Il faut au moins ça, puisqu’après 10 jours de grève de la faim l’indifférence continue ! Pour seule réponse, toujours du mépris !
Et maintenant ? Action !

  • Aujourd’hui, Vendredi 01 juin à 14h15 : Assemblée Générale.
  • Samedi 02 juin à 14h00, Rassemblement de soutien sur le parvis de l’administration. NOUS VOUS ATTENDONS EN NOMBRE !
  • Samedi 02 juin à 17h30 une Tribune offerte par le maire de SER, à l’occasion de la journée festive nommée « AIRE DE FÊTE ». L’administration a été prise, maintenant à nous de l’occuper, vous êtes les bienvenus ! Apportez votre soutien financier Signez la pétition
Sur le Web : Télécharger le tract

VIDEO : CE QUE LES MEDIAS NE DISENT PAS SUR LA SNCF !

lundi 16 avril

A voir absolument l’excellente vidéo du Fil d’actu CE QUE LES MEDIAS NE DISENT PAS SUR LA SNCF !

Moins de fonctionnaires et un statut attaqué :

vendredi 26 mai 2017

120 000 fonctionnaires en moins mais un service public renforcé. Comme depuis 10 ans, le but est donc de faire mieux avec moins, ce qui impliquera, dans les faits, une baisse des services rendus aux usagers et une détérioration des conditions de travail des personnels. Pour cela, la recette managériale habituelle : autonomie des chef-fes de services, individualisation des carrières et des salaires. Bref, la concurrence entre les personnels et la division