Déclaration de la CGT éduc’action au CTA du 26 Juin 2017

jeudi 29 juin 2017
par  Luc De Chivré
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Il importe de commencer cette déclaration par le contexte social et politique fortement régressif pour les droits des travailleurs. La tête de l’exécutif a beau avoir changé, la vision de la société incarnée par ce pur produit de l’oligarchie qu’est Emmanuel Macron n’en est pas moins rétrograde. D’après les révélations de plusieurs journaux ces dernières semaines, le nouveau gouvernement prépare des attaques encore pires que celles contenues dans les lois El Khomri, Rebsamen et Macron, lorsque ce dernier dirigeait Bercy : suppression de la hiérarchie des normes, accords d’entreprise afin d’attaquer le contrat de travail, le temps de travail, la santé et la sécurité, plafonnement des indemnités prud’homales, référendums d’entreprise au bon vouloir des patrons, fusion des instances représentatives du personnel, licenciement économique par filiale locale, etc. De surcroît, plusieurs sources semblent indiquer que le gouvernement s’attaquerait au CDI, en développant le contrat de travail sur le modèle du CDI de chantier ou de projet. Un programme surtout de gauche, en somme, et ouvertement dirigé contre les travailleurs. Ces reculs en préparation sont totalement inacceptables et les travailleurs de la fonction publique se tromperaient lourdement en pensant qu’ils ne seraient pas directement impactés par ces attaques. C’est pourquoi la CGT éduc’action prend ses responsabilités en appelant à participer aux rassemblements qui auront lieu demain 27 juin partout sur le territoire.

En matière d’éducation, les premières décisions de Jean- Michel Blanquer sont inquiétantes. La volonté manifeste du nouveau Ministre de l’éducation nationale est de rendre encore plus autonomes les établissements, et de renforcer toujours plus les inégalités scolaires dont les jeunes issus des milieux populaires font à chaque fois les frais.

Dans le premier degré, le Ministère a décidé de la possibilité de modifier les horaires scolaires en sortant du cadre imposé par la réforme Peillon. C’est une belle pirouette pour ne pas vraiment abroger la réforme Peillon/Hamon sur les rythmes scolaires, et faire croire qu’on est à l’écoute des parents et des enseignants. Et aucun cadre national n’est à nouveau imposé, au contraire. Le Ministère ne revient pas non plus sur le réforme Darcos qui a imposé l’école de 4 jours, réduisant le temps hebdomadaire de scolarité des élèves de 27h à 24h, soit l’équivalent d’une année de scolarité en moins pour un élève, tout en alourdissant les programmes. Il était pourtant possible d’abroger ces 2 textes, de revenir au mercredi libéré et d’engager enfin une réflexion sérieuse sur la question des rythmes de vie et d’apprentissage des enfants, mais aussi des conditions de vie et de travail des personnels qui débouche sur un retour à un cadrage national.

Concernant les CP à 12 en REP +. Pour la CGT Educ’action si l’allègement des effectifs répond à nos revendications, elle doit s’appliquer à tous les niveaux et ne peut se faire à moyens constants. Le nombre de postes récupérés en transformant la mission des dispositifs « Plus de Maitres que de Classes » des écoles REP+, dont on dénonce la suppression ne serait pas suffisant. Il faudra donc ponctionner les postes de Brigade qui devaient être créés ainsi que les postes vacants d’enseignants spécialisés E et G des RASED, et sans doute retirer les dispositifs « Plus de Maîtres que de Classes » des écoles hors Éducation Prioritaire.

En collège M. le Ministre a réservé aux personnels une autre pirouette, ou un tour de passe-passe, en supprimant les EPI et l’AP... sans les supprimer. C’est un pas de plus vers l’autonomie des établissements puisqu’à peu près 15% des heures d’enseignement vont sortir de tout cadre national. Il y avait bien mieux à faire comme redonner les heures d’EPI et d’AP pour des enseignements. Et pour les bilangues et les sections euro, il propose à tous les établissements qui le souhaitent de les maintenir ou de les ouvrir, mais en enlevant les 2 heures allouées au fonctionnement des bilangues de continuité qui disparaissent. Cela n’aurait il pas été plus clair de pérenniser toutes les bilangues de continuité, et les sections euro, et d’en rouvrir dans tous les établissements, en octroyant les moyens nécessaires, au lieu de les mettre en concurrence avec des co-interventions, des dédoublements de classe ? Pourquoi finalement M. Blanquer n’a-t-il pas annoncé l’abrogation de la réforme du collège ?

M. Blanquer annonce réfléchir aussi à une nouvelle organisation du bac pour limiter l’épreuve à quatre épreuves ponctuelles sur table, le reste étant en contrôle continu. En réalité, cette réforme prépare une accentuation des inégalités entre élèves, personnels et établissements scolaires. Augmenter la part du contrôle continu, c’est porter un coup dur au caractère égalitaire de l’examen avec le risque de mettre en place des diplômes-maison et d’accentuer les pressions sur les enseignants, poussés à surnoter leurs élèves, comme c’est déjà le cas avec les CCF en bac pro par exemple. Cela défavoriserait également les élèves des lycées des quartiers populaires, comme l’a montré une étude du CNESCO de 2016. 

La question des moyens nécessaires pour l’éducation est par contre totalement absente des débats alors que la question des effectifs-classe impacte fortement à la fois la réussite des élèves et les conditions de travail des personnels. Et si le gouvernement voulait vraiment mettre la priorité sur l’éducation, il prévoirait dès maintenant un plan massif de recrutement d’au moins 80 000 personnels titulaires dans l’éducation. La CGT éduc’action continue à réclamer des maximas par classe de 15 élèves en éducation prioritaire, et de 20 hors éducation prioritaire à tous les niveaux.

Concernant l’enseignement professionnel public et laïc, une nouvelle régression se prépare avec une politique résolument en faveur de l’apprentissage. Il suffit de citer dans le texte le programme électoral d’En marche pour s’en convaincre : « effort massif pour l’apprentissage », développement des « périodes de pré-apprentissage et des filières en alternance dans les lycées professionnels », objectif « d’impliquer pleinement les branches professionnelles dans la définition des programmes et l’organisation des formations » ou encore « affectation de l’ensemble de la taxe d’apprentissage à son financement. » Voici en résumé la politique macronienne pour les LP : les détruire, et en même temps, les les détruire. Ce n’est pas tout, Macron et Blanquer veulent également développer des filières spécifiques pour les bacheliers professionnels dans le supérieur, et en alternance forcément. Autre motif d’inquiétude, et pas des moindres, même si le ministre s’en défend, la voie professionnelle serait intégralement transférée aux Régions, actant la fin du caractère national de l’éducation pour les lycéens. Les personnels des lycées professionnels sont prévenus et doivent se préparer à se défendre.

Nous finirons notre déclaration par deux points qui sont de votre ressort, Madame le Recteur.

Tout d’abord la CGT éduc’action estime comme les enseignants du collège du Houlme que l’octroi d’un quart d’IMP suite à la fermeture du collège est insuffisant. Les temps de trajet sont pour la plupart d’entre eux très nombreux et il serait important de prendre en compte le caractère exceptionnel et stressant de cette situation. Nous vous demandons d’accéder à leur revendication de l’octroi d’une IMP complète.

Enfin, la CGT éduc’action de l’académie de Rouen s’indigne du suivi des personnels en souffrance. Un geste aussi dramatique qu’une tentative de suicide sur son lieu de travail, et qui a pour origine le travail, n’est pas une faute professionnelle. La CGT éduc’action ne comprend pas que le rectorat refuse de reconnaître ces atteintes à la santé comme de vrais accidents de service et puisse, dans des situations aussi graves, prendre la décision d’une « mutation dans l’intérêt du service » qui est infondée, subie par le personnel et qui serait perçue comme une sanction.


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Brèves

Mac Do Neufchâtel en Bray veut licencier une militante syndicale CGT !

vendredi 6 juillet

Suite à un entretien disciplinaire une syndiquée CGT depuis un mois au McDonald’s de Neufchatel en Bray a été mise à pieds à titre conservatoire avant que ne soit décidé un licenciement. Les vrais motifs de cette mise à pied : la distribution de tracts dans les restaurants de cette franchise (Dieppe, Yvetot et Neufchâtel en bray) mentionnant les acquis obtenus au restaurant d’Elbeuf (13e mois, prime trimestrielles, congés enfants malades, arbre de Noël ...), et la crainte que les salariés reprennent eux aussi ces revendications !
Rassemblement Dimanche 8 juillet 18h45 devant le Mac Donald de Neufchâtel en Bray.

Grève à l’hôpital psychiatrique Janet au Havre !

mercredi 20 juin

A l’image des salariés de l’hôpital psychiatrique du Rouvray, les personnels grévistes de l’hôpital psychiatrique Janet du Havre ne lâchent pas le morceau. Ils exigent la venue de Mme Gardel, directrice de l’Agence régionale de santé, l’ouverture d’une nouvelle unité pour que les patients ne soient plus dans des lits supplémentaires avec la création de 50 postes pluridisciplinaires pour la faire fonctionner, la stagiarisation de tous les contractuels-les, l’arrêt de la polyvalence, l’embauche de médecins psychiatres titulaires. Rendez vous jeudi 21 à 8h45 à l’hôpital Flaubert pour une haie de déshonneur pour les administrateurs de l’hôpital, et le samedi 23 à 17h45 sur le parvis du printemps.
Soutenez les revendications en écrivant à Mme Gardel

RESF : une bonne nouvelle qui se concrétise enfin !

mardi 12 juin

Mme Erdene, dont les enfants sont scolarisés au lycée de Déville-lès-Rouen et dans des écoles de Maromme, a reçu enfin son titre de séjour ; celui de son mari attend à la Préfecture, sauf imprévu.
Les bonnes nouvelles sur ce front sont si rares qu’il fallait en parler d’autant plus que pour d’autres familles, l’étau se resserre.
Mme Balogun - originaire du Nigéria et qui a une enfant scolarisée au collège de Maromme - s’est vu confirmer son OQTF par le Tribunal Administratif et France Terre d’Asile cherche à récupérer leur logement CADA en essayant de les en expulser.
La CGT Educ’action revendique la régularisation des lycéens majeurs et des parents d’élèves sans papiers.

Fusion des académies : où en est on ?

mardi 12 juin

En janvier, Mr le Recteur des académies de Rouen et de Caen nous assurait que la fusion des deux académies n’était pas décidée et qu’elle dépendrait de l’évaluation qui serait rendue fin mars, début avril. Il était malgré tout resté bien silencieux lorsque nous lui avions dit qu’il était impossible d’évaluer un processus de fusion en 5 mois (l’expérimentation a officiellement début en novembre), et notamment les conséquences sur les conditions de travail des personnels et les conditions d’enseignement, et que nous étions convaincus que cette évaluation serait bidon et que la fusion était déjà actée officieusement. Depuis, aucune nouvelle de cette évaluation, ni de la décision du Ministère qui devait tomber à la suite de l’évaluation. Mais cela n’est pas vraiment plus rassurant. Les organisations syndicales et les personnels avaient déjà été mis devant le fait accompli en septembre en apprenant seulement à la rentrée qu’une expérimentation était menée sur les académies de Rouen et de Caen. Et le Ministère ne compte pas lâcher de sitôt son projet de fusionner des académies qui sera une véritable manne pour supprimer des postes d’administratifs en fusionnant des services et des formations.

Université : Blanquer manipule les chiffres !

mardi 12 juin

Pour justifier la sélection à l’entrée de l’université, Jean-Michel Blanquer affirme que seuls 40% des étudiants en L1 sont en L2 l’année suivante, sous entendant bien sûr que tous les jeunes ne peuvent pas réussir et qu’il faut en tenir compte. Si ce chiffre est exact, c’est oublier que beaucoup réussissent en redoublant, en se réorientant ou en obtenant un concours et qu’au final 80% des étudiants sortent de l’enseignement supérieur avec un diplôme, malgré des conditions d’étude déplorables dans de nombreuses filières.

Grève de la faim au centre hospitalier du Rouvray !

mardi 22 mai

Communiqué de presse des Grévistes de la faim
Résumé de la journée du jeudi 31mai. J10
Cette journée a été ouverte par de nouveaux témoignages culturels de soutien important ! Ensuite, s’est déroulée une Assemblée Générale où plus de 300 personnes sont venues soutenir le mouvement. A 15h, une centaine de salariés du Centre Hospitalier du Rouvray (Hôpital Psychiatrique Rouen, Normandie 76) ont investi les locaux de l’administration abandonnés et délaissés sur instruction de la direction.
Pendant que le personnel soignant assure la continuité des soins ! Toujours les mêmes qui bossent !
Cette action s’est déroulée de façon organisée et pacifique pour réclamer notamment 52 postes paramédicaux supplémentaires. Nous ne voulons que prendre en charge correctement la souffrance psychique de nos concitoyens ! Cette nuit, nos 7 collègues grévistes de la faim sont accompagnés par 52 professionnels du CHR. Il faut au moins ça, puisqu’après 10 jours de grève de la faim l’indifférence continue ! Pour seule réponse, toujours du mépris !
Et maintenant ? Action !

  • Aujourd’hui, Vendredi 01 juin à 14h15 : Assemblée Générale.
  • Samedi 02 juin à 14h00, Rassemblement de soutien sur le parvis de l’administration. NOUS VOUS ATTENDONS EN NOMBRE !
  • Samedi 02 juin à 17h30 une Tribune offerte par le maire de SER, à l’occasion de la journée festive nommée « AIRE DE FÊTE ». L’administration a été prise, maintenant à nous de l’occuper, vous êtes les bienvenus ! Apportez votre soutien financier Signez la pétition
Sur le Web : Télécharger le tract

VIDEO : CE QUE LES MEDIAS NE DISENT PAS SUR LA SNCF !

lundi 16 avril

A voir absolument l’excellente vidéo du Fil d’actu CE QUE LES MEDIAS NE DISENT PAS SUR LA SNCF !