CP À 12 EN REP+ : UNE FAUSSE BONNE IDÉE

samedi 8 juillet 2017
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La rentrée des classes 2017 en REP+ s’annonce houleuse dans les écoles. Suite à la décision du gouvernement de mettre en place dès septembre les classes de CP à 12 élèves, les services de la direction académique s’activent, les circonscriptions du département cherchent leur organisation selon la particularité de leur secteur et les enseignants évoluent dans un épais brouillard.

Oui, réduire les effectifs des classes est une excellente idée. Ce n’est pas la CGT-Educ’action 76 qui dirait le contraire ! Et ce, d’autant plus en REP+ où il est plus facile de faire progresser nos élèves en groupes réduits. Mais alors pourquoi une grève le 20 juin sur cette question ? D’où vient le mécontentement de beaucoup des collègues en réseau éducation prioritaire et ailleurs ?

RÉDUIRE LES EFFECTIFS DES CP, UNE BONNE MESURE ?
QUELLES CONSÉQUENCES CONCRÈTEMENT DANS NOS CLASSES ?

Déshabiller Pierre pour habiller Paul, non merci !
Tout d’abord, cette mesure ne s’accompagne d’aucune dotation ministérielle. En d’autres termes, il faut redéployer les moyens. La Directrice Académique annonce ouvrir 47 classes en REP+ dans tout le département pour parvenir à créer 105 CP à 12 ou 13 élèves tout en maintenant les niveaux du CE1 au CM2 entre 22 et 24 élèves de moyenne. Or, sans moyens supplémentaires, elle doit aller chercher les postes. Elle annonce n’avoir besoin que de 20 postes supplémentaires. Elle récupère donc tous les postes des dispositifs plus de maîtres que de classes en REP+ qui venaient tout juste d’être créés. Ces enseignants recrutés, parfois seulement depuis avril dernier, pour une mission qui reposait notamment sur la co-intervention ou la prise en charge de petits groupes d’élèves en cycle 2 pour aider à former des groupes de besoin, doivent maintenant prendre en charge un CP à 12 élèves. Et ce, sans aucun bilan et sans aucune considération pour les expériences menées dans les écoles qui bénéficiaient de ce dispositif pour la troisième année. La directrice académique récupère aussi des postes de RASED non pourvus (9 maîtres G et 1 maître E) et des postes de remplaçants ASH. Ces postes auraient pu être pourvus au 2ème mouvement pour combler les RASED en sous-effectifs mais là il est à craindre qu’on ne les récupère pas, si l’an prochain, les CE1 doivent être à 12 aussi.

Réduire les inégalités scolaires passe par une réduction plus globale de la taille des classes
Trouver des postes pour mettre en place la mesure devient donc une priorité. Surtout qu’en créant de nouvelles classes, on augmente la taille des écoles et les quotités de décharges des directeurs. On augmente aussi les besoins en ziliens REP+ puisque depuis 2015 et la réforme de l’éducation prioritaire, chaque enseignant de REP+ doit avoir ses 9 journées de décharge annuelles. Alors que fait-on ? On redéploie, on augmente le nombre des classes dans les écoles en REP+ qui voient soudain leurs moyennes baisser. Jusqu’à 15 élèves de moyenne, maximum 20 dans les écoles du Havre qui concentrent le plus grand nombre d’écoles en REP+ ! Mais qu’on ne se trompe pas, seuls les CP sont à très bas effectifs. À la CGT-Educ’action, nous ne considérons pas que seul le CP compte et que la réussite de nos élèves se joue uniquement en CP et en CE1. Nous demandons des moyens pour baisser tous les effectifs des classes ! De plus, les équipes perdent la liberté pédagogique d’organiser la distribution des classes dans leur école, les obligeant souvent à créer des doubles niveaux « à cheval » sur les cycles 2 et 3. Dans les autres secteurs, les écoles craignent à terme de voir leurs effectifs monter et, effectivement, à braquer les projecteurs sur le cycle 2, le gouvernement laisse dans l’ombre les écoles maternelles (en REP, REP+ et ailleurs) et les écoles hors éducation prioritaire.

Et matériellement, comment fait-on ?
Pendant ce temps, dans les écoles, il faut trouver une organisation cohérente. Où placer les nouvelles classes ? Et bien... partout où c’est possible, répond l’administration. Certaines écoles n’auront plus de BCD, de salle des maîtres, de salle informatique. Certaines municipalités vont couper en deux les salles en construisant un mur ou bien ajouter des salles de classes dans des bâtiments modulaires. Et finalement, si cela n’est vraiment pas possible comme dans certaines écoles où 6 CP à 12-13 sont annoncés, il faudra finalement regrouper deux CP dans un seul espace de classe avec les deux enseignants ! Dans certaines circonscriptions, on cherche dans l’urgence des propositions à faire aux enseignants pour les aider à trouver la meilleure organisation possible pour travailler ensemble dans le même espace. Malgré la bonne volonté des enseignants pour qui aucun temps supplémentaire n’est prévu pour les concertations, cela risque d’être difficile de travailler ensemble. De plus, les élèves vont avoir 2 référents ce qui est déstabilisant pour les plus fragiles d’entre eux.

Une préparation de rentrée 2017 très problématique
La rentrée va être très difficile car pendant l’été, des choses se passent. Des élèves arrivent, d’autres partent, il y aura aussi des mouvements pendant l’année. Les équipes s’arrachent les cheveux à la constitution de leurs classes et elles savent aussi qu’elles n’auront aucune aide, aucun temps de prévu pour aménager leurs classes. Certaines mairies, comme celle du Havre, laissent à la charge des enseignants le déménagement des tables et des chaises. Aucun budget non plus ne sera prévu pour permettre d’aménager les nouveaux espaces.

Dans plusieurs départements, la mobilisation prend de l’ampleur
Alors, non, les enseignants et la CGT-Educ’action avec eux, ne sont pas satisfaits de cette nouvelle mesure. Ce n’est pas s’opposer pour s’opposer que de dénoncer avec véhémence cette communication gouvernementale qui tendrait à vouloir faire croire qu’une fois que les effectifs des classes de CP et de CE1 seront réduits à 12, nous aurons vaincu la difficulté scolaire. Les écoles se mobilisent. Mardi 20 juin, une grève dans le département décidée dans l’urgence par la CGT-Educ’action a mobilisé quelques écoles. Dans le reste de la France, les écoles se mobilisent : la Haute-Garonne, la Seine-Saint-Denis, le Rhône, le Var, le Vaucluse, le Tarn-et-Garonne, la Seine-et-Marne.

La CGT-Educ’action soutient ces mobilisations et demande qu’une réelle politique de lutte contre la difficulté scolaire puisse être mise en place par le gouvernement en concertation avec les acteurs de terrain. Dans un premier temps, nous revendiquons :

  • des effectifs de classe de la maternelle au CM2 à 15 élèves maximum en REP et en REP+
  • des effectifs de classe de la maternelle au CM2 à 20 élèves maximum hors éducation prioritaire
  • une baisse des effectifs dans les écoles rurales qui subissent des fermetures mais qui pourtant selon les critères relèvent de REP ou de REP+ sans pourtant entrer dans aucun dispositif
  • la pérennisation des dispositifs plus de maîtres que de classe sans profilage des postes
  • des RASED complets et formés dans toutes les écoles
  • des créations de classes Ulis-école pour accueillir les élèves qui en relèvent
  • des postes AESH en nombre suffisant et formés, pour accompagner les élèves en situation de handicap dans nos classes
  • des remplaçants en nombre suffisant pour la continuité pédagogique

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Brèves

La pédagogie Nutella ou le collège 2016... vu à la TV !

lundi 20 avril 2015

La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

Pour rassurer tout le monde, la télévision publique nous montre à quoi ressemblera le collège 2016, dans deux reportages successifs. En effet, le collège réformé s’inspire de dispositifs innovants qui existent déjà dans quelques établissements expérimentaux.

Alors savourons cet avant-goût du collège nouveau...

Lire la suite sur le site La Vie Moderne

Chatel : « Certaines mesures vont dans le bon sens »

lundi 20 avril 2015

C’est le spécialiste des réformes destructrices Chatel qui ont mis à mal le lycée général et liquidé la voie STI qui nous le dit.
On constate facilement où Vallaud-Belkacem trouve son inspiration !

« Que les conservateurs tombent les masques ! »

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Voici le titre de l’interview de Vallaud-Belkacem au très réactionnaire journal Le Point.
Notre seule réponse à NVB : « Que les néo-libéraux tombent également le masque ! »

4 pages spécial Retraités de la FERC

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Au sommaire : Conférence de l’UFR... les retraités à l’offensive ! - Quelle UFR, quelle structure ? - Place des retraités dans la CGT - Continuité syndicale et renforcement - Impressions croisées
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Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2

mercredi 26 juin 2013

Mardi 18 juin, dans le 20h de France 2, après les 9 min inaugurales sur les inondations en France, et parmi les quelques miettes distribuées aux autres sujets (3 min sur le mouvement social au Brésil, 2 sur l’accueil des touristes à Paris), on retiendra un reportage d’anthologie, intitulé (sur le site de France 2) « Éducation : du coaching en ZEP » : 4 min 20 consacrées à l’intervention d’une cadre dirigeante dans un collège de « ZEP », pour appliquer, selon ses propres dires, les « méthodes d’entreprise » à l’école. 4 min 20 pour un « gros plan » qui « traite » un sujet sans (se) poser la moindre question, sans rien en dire sinon célébrer les vertus d’une initiative qui, avec d’autres, relève d’un entrisme entrepreneurial dans l’institution scolaire, du reste fort à la mode. Une initiative présentée sans contrepoint ni distance : un tel éloge relève-t-il encore de l’information ?
Lire la suite sur le site d’ACRIMED