Réforme de l’orientation post bac : une injustice pour nos élèves, une charge de travail supplémentaire pour les personnels

mardi 12 décembre 2017
par  Luc De Chivré
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Pour la CGT Éduc’action, il faut construire la mobilisation avec la jeunesse contre la sélection et le réforme du baccalauréat. Elle appelle les personnels de lycées à se réunir, exprimer leur opposition à ces réformes et exiger :
L’abandon du projet de loi sur l’orientation en licence ;
Le refus de la sélection pour leurs élèves ;
Le maintien du baccalauréat, 1er grade universitaire, sous forme d’examen national à épreuves ponctuelles terminales ;
Une concertation pour la réforme des lycées abrogeant la réforme Chatel et permettant un lycée plus égalitaire en rééquilibrant voies et filières.

L’instauration de la sélection à l’université.
Le projet de loi réformant l’orientation dans le supérieur est examiné à l’Assemblée nationale depuis le 12 décembre. Prenant prétexte de l’instauration du tirage au sort dans certaines filières et des difficultés de certain·es étudiant·es en licence, le gouvernement veut mettre en place une sélection qui ne dit pas son nom.
Les filières de licence dites en tension pourront ainsi refuser les demandes au vu des dossiers des élèves et des « attendus » que chaque section universitaire aura elle-même définis. Plus généralement, chaque université pourra imposer « un contrat de réussite » aux élèves sur ces mêmes bases. Si l’élève refuse ce contrat, il ou elle ne pourra pas accéder à l’orientation qu’il ou elle demande. Si l’élève accepte, rien ne garantit que l’université ne puisse pas l’exclure du cursus si elle estime que le contrat n’est pas rempli.
Pour la CGT Éduc’action, cette sélection est inacceptable. L’obtention du baccalauréat, 1er grade universitaire doit permettre à chaque élève d’accéder à la poursuite d’études souhaitée.
La réponse aux réelles difficultés liées à l’orientation post bac doit être trouvée dans les moyens alloués à l’orientation, le recrutement de personnels universitaires en nombre suffisant pour satisfaire les demandes d’orientation mais aussi pour aider à la réussite de chacun·e en licence, en particulier pour des remédiations pédagogiques.
Au contraire, avec ce projet de loi, le gouvernement refuse d’assumer financièrement la démocratisation des études supérieures et s’en prend aux élèves issu·es de milieux populaires, en visant plus particulièrement les bachelier·ères professionnel·les et technologiques, alors même que les places en IUT et STS sont notoirement insuffisantes pour ces élèves.
Des enseignant·es et CPE de terminale surchargé·es.
Alors que la loi n’a pas encore été votée au parlement, le ministère de l’éducation met en œuvre les mesures d’accompagnement dans la précipitation : annonce d’une première semaine de l’orientation en novembre-décembre, désignation d’un·e 2ème professeur·e principal·e en terminale avant même de publier les textes lui permettant de toucher la part modulable de l’ISOE, mise en œuvre d’une nouvelle plateforme pour remplacer APB… d’ici janvier.
Les personnels, en particulier les professeur·es principaux·ales, vont devoir, les 4 prochains mois, recenser les vœux des élèves, prendre en main le dispositif remplaçant APB, aider les élèves à s’y connecter, les aider à mettre en place leurs stratégies de vœux avec les nouvelles règles, collecter les « fiches avenir » et émettre un avis pour chacun des 10 vœux des élèves lors du conseil de classe du second trimestre.
Si l’aide à l’orientation fait partie des missions des enseignant·es, l’orientation doit demeurer entre les mains de personnels formés dont c’est le métier. Il ne saurait être question que les enseignant·es et CPE de terminale orientent leurs élèves à la place des Psy EN en nombre insuffisant alors que le ministère continue de fermer des CIO partout en France.
Des personnels de lycée sur lesquels le ministère veut faire porter la sélection.
Les proviseur·es devront émettre un avis sur chacun des vœux des élèves à l’issue du conseil de classe du 2e trimestre. Cela veut dire que les enseignant·es de terminale devront participer, à leur corps défendant, à la sélection de leurs élèves à l’entrée de l’université.
Pour la CGT Éduc’action, le lycée doit être l’aboutissement d’une scolarité dédiée à la construction d’une culture commune et permettre les poursuites d’études dans le respect des vœux de chacun·e. Son rôle ne doit pas être de trier et de participer à la concurrence généralisée entre universités et entre élèves.
La CGT Éduc’action appelle donc les équipes pédagogiques de terminale à se réunir et décider de la conduite collective à tenir, notamment en donnant un avis favorable pour tous les vœux d’entrée en licence.

Une réforme du baccalauréat et du lycée général et technologique dans le même esprit inégalitaire ?
Jean-Michel Blanquer a annoncé que la réforme de l’entrée à l’université serait suivie d’une réforme du baccalauréat général et technologique.
La mission de réflexion qu’il a mise en place a d’ores et déjà annoncé vouloir réduire à 4 le nombre d’épreuves au bac en terminale au profit d’une grande part de contrôle continu.
Les fuites entretenues dans les médias laissent augurer la mise en place d’un lycée « modulaire », avec 2 épreuves de spécialité, dessinant un système de plus en plus individualisé où une large part de l’enseignement général commun serait abandonné par certain·es élèves.
Ces annonces font craindre des disparitions de postes dans certaines disciplines, telles que l’histoire-géographie ou certaines langues vivantes. Elles laissent également présager une dégradation des conditions de travail que constituerait la mise en place du Contrôle en Cours de Formation (CCF) comme l’ont déjà subie les enseignant·es de lycées professionnels ou des Contrôles en Cours d’Année (CCA) qu’ont « expérimentés » les enseignant·es de langue.

La CGT Éduc’action refuse l’introduction du contrôle continu ou du CCF pour l’examen du baccalauréat général et technologique et revendique leur suppression au profit d’épreuves ponctuelles nationales pour le baccalauréat professionnel. Elle est opposée au lycée modulaire et revendique au contraire un enseignement général commun à l’ensemble des filières avec des approfondissements dans les disciplines de chaque champ. Le baccalauréat doit demeurer le premier diplôme universitaire et conserver la même valeur quel que soit le lycée dont est issu l’élève.



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Brèves

Moins de fonctionnaires et un statut attaqué :

vendredi 26 mai 2017

120 000 fonctionnaires en moins mais un service public renforcé. Comme depuis 10 ans, le but est donc de faire mieux avec moins, ce qui impliquera, dans les faits, une baisse des services rendus aux usagers et une détérioration des conditions de travail des personnels. Pour cela, la recette managériale habituelle : autonomie des chef-fes de services, individualisation des carrières et des salaires. Bref, la concurrence entre les personnels et la division

CEPIC, AVEC LA CGT, ILS et ELLES ONT GAGNÉ !

mardi 18 avril 2017

Au bout de 2 semaines de grève totale et de blocage du site, les salariés de CEPIC ont arraché vendredi 14 avril un très bon accord :

  • une augmentation de salaire avec un talon de 30 €
  • une prime exceptionnelle équivalent à un mois de salaire
  • une prime de chiffre d’affaires mensuelle

De fait, ces mesures salariales amènent les salariés de CEPIC au niveau des minima conventionnels, que l’employeur refuse depuis des années. La grève menée par les militants CGT de CEPIC, épaulés par la présence permanente de l’UL Sotteville St Etienne a rassemblé du premier au dernier jour 90 % des salariés.
L’UD 76 et la fédération Chimie ont organisé la solidarité sur le piquet : des dizaines de syndicats cgt sont venus régulièrement soutenir. La victoire des CEPIC, après la victoire des Legrand est une victoire pour toute la CGT. C’est la victoire de l’unité et de la solidarité.

Lutte gagnante : victoire pour les travailleurs sans papiers du Marché de Rungis

mercredi 12 avril 2017

Après trois semaines de grève et d’occupation de la Tour Semmaris, les pressions sur les entreprises pour l’établissement des CERFA, les parties (Préfecture, Min de Rungis, CGT) se sont mis d’accord sur les points suivants :

  • établissement par les services préfectoraux de récépissés avec autorisation de travail pour l’ensemble des grévistes ;
  • dépôt des dossiers des 128 travailleurs sans papiers en préfecture du Val-de-Marne.

En conséquence, l’occupation de la Tour Semmaris a pris fin dimanche 9 avril 2017.

Cette victoire est incontestablement à mettre au crédit de la lutte, de la détermination des travailleurs sans papiers, des militants de la CGT et des nombreux et divers soutiens qui auront pu s’exprimer.

On bosse ici, on vit ici, on reste ici !

Montreuil, le 10 avril 2017

Les salariés de l’usine Legrand ont gagné !

mardi 28 mars 2017

Cet après-midi, après 9 jours de grève et de blocage , la direction de l’usine Legrand de Malaunay a cédé devant la délégation CGT et FO, et face à la détermination des salariés qui ont gagné 41,61 euros d’augmentation par mois.
La solidarité a joué un rôle déterminant. Le patron, énervé par la détermination des grévistes qui tenaient bon a lâché : « oui je le sais, vous avez une cagnotte », en faisant référence au soutien financier des autres syndicats CGT et d’autres salariés présents le jeudi 23 Mars devant l’usine. La CGT éduc’action de l’académie de Rouen était porteuse ce jour là d’un message de soutien. BRAVO aux LEGRAND !

Déclarations CGT éduc’action de mars 2017

samedi 25 mars 2017

Lutte gagnante chez SIDEL, près du Havre :

mardi 21 mars 2017

Après des propositions au rabais suite aux négociations salariales annuelles, les salariés de Sidel (métallurgie) ont décidé de se mobiliser pour les salaires alors que les résultats de l’entreprise sont au beau fixe. Après 2 jours de débrayages, la direction a été obligée de revoir sa copie à la hausse. Ainsi, l’augmentation générale pour les non cadres est passée de 0,4% à 1%, Pour les cadres, c’est 1,6% d’augmentation individuelle. La prime de transport est améliorée de 3%, et la prime de vacances de 1000 euros est reconduite. 5000 euros de primes vont être versés aux salariés ainsi qu’un bonus. Le mercredi 8 mars l’assemblée générale a accepté le contenu des négociations et a repris le travail .

Mutations 2° degré : le rectorat ne veut pas communiquer les postes vacants !

samedi 18 mars 2017

Les collègues qui participent au mouvement intra du second degré l’ont déjà remarqué : le rectorat ne communiquera pas les postes vacants, hors postes spécifiques. La raison invoquée d’un problème de calendrier ne tient pas la route. En effet, le CTA qui entérine les suppressions de postes a lieu le 24 Mars, et à la demande légitime des organisations syndicales, il est important que la période de saisie des voeux ne se fasse pas pendant les vacances. Mais cette excuse soulève pas mal de questions : pourquoi refuser de diffuser les postes vacants au moins pour quelques jours, après le 24 Mars ? Pourquoi ne pas avoir fixé les CTA et les groupes de travail préparatoires plus tôt ? Pourquoi ne pas laisser le serveur SIAM ouvert jusqu’au 7 avril ? Cette décision ressemble plus à un refus de communiquer les postes vacants, qu’à un simple problème de calendrier !

Non, tout ne va pas bien dans l’éducation !

jeudi 9 mars 2017

Contrairement à ce que le gouvernement déclare la rentrée 2016 n’est pas bonne, et celle qui se prépare va être encore pire. Les effectifs de classe vont encore augmenter. En Seine-Maritime, en collège, 40 classes vont fermer pour 31 ouvertures. Et les ouvertures ne se font que quand les classes sont déjà pleines à craquer ! Les collèges sortant de l’éducation prioritaire figurent dans le top 5. La fermeture du collège Guy Môquet au Havre est en cours. Dans les lycées les effectifs de classe dépassent de plus en plus fréquemment la barrière déjà inadmissible de 35 élèves par classe. Dans le 1° degré, en Seine-Maritime, 97 classes vont fermer pour seulement 37 ouvertures. Et dans l’Eure, avec des fermetures plus nombreuses que les ouvertures il y aura 6 classes de moins.