Réformes du bac et de l’enseignement professionnel, coupes budgétaires... : la politique néfaste du « bulldozer » Blanquer

vendredi 22 décembre 2017
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Depuis la rentrée, le gouvernement multiplie les projets de loi, les annonces et les mesures sur l’enseignement supérieur, la formation professionnelle, l’apprentissage et l’assurance chômage, avant de s’attaquer aux retraites.
La rapidité de mise en œuvre de toutes ces contre-réformes a permis à ce pouvoir, en place depuis moins de six mois, d’infliger des dégâts considérables au modèle social français.
Ces attaques tous azimuts s’inscrivent dans une vision globale et homogène d’un projet de société au service d’un libéralisme assumé.
Ce gouvernement agit pour transformer notre société en profondeur et l’adapter, aux exigences du capitalisme.
Les cadeaux fiscaux exorbitants faits aux plus fortunés, la réduction des droits et des aides accordés aux plus démuni·es, sans compter les mesures régressives à l’encontre des retraité·es, sont là pour nous le rappeler sans ambiguïté.
Ce gouvernement a su donner l’illusion de mettre en place un dialogue social sur différents sujets sans dévier de ses objectifs initiaux.
Comme le montre l’examen du projet de loi « relatif à l’orientation et à la réussite des étudiant·es » qui a commencé le 12 décembre.
Concomitamment, le ministère de l’Enseignement supérieur a mis en ligne sur son site les attendus nationaux qui définissent les critères d’accès dans toutes les licences.
Des binômes professeur·es principaux/ales se mettent en place dans les lycées alors que les universités travaillent sur la définition des capacités d’accueil et sur la
déclinaison locale des attendus, qui seront pris en compte pour l’examen des vœux des lycéen·nes.
Le calendrier connu, indique que les universités doivent retourner aux rectorats ces éléments avant le 17 janvier, soit bien avant toute possibilité d’adoption par les conseils centraux des universités et alors que la loi est encore à l’état de projet, de nombreux amendements sont annoncés, cette loi ne sera probablement pas promulguée avant le printemps.
C’est donc en dehors de tout cadre législatif et règlementaire que les établissements d’enseignement secondaire et supérieur travaillent à mettre en application un dispositif administratif lourd de conséquences pour toute une partie de la jeunesse. Il y a là une entorse majeure à la vie démocratique de notre pays.
Ce projet de loi introduit de nouvelles tâches et responsabilités qui alourdiront les missions des professeur·es de lycée qui devront mettre des « avis prédictifs »
sur chaque vœu d’élève lors des conseils de classe en Terminale.
Comme si le parcours d’un·e élève était prévisible ou réductible à un profil.
Les enseignant·es ne sont pas des conseillers et conseillères d’orientation
et n’ont pas toujours une connaissance de l’ensemble des filières du supérieur.
Pour la CGT, l’introduction de cette sélection qui ne dit pas son nom n’est pas la solution, est inacceptable, car elle accentuera le tri social des élèves et la hiérarchisation des voies de formation du lycée.
Cette réforme aura de lourdes conséquences pour notre système éducatif et l’avenir des lycéen·nes, en particulier pour ceux et celles de la voie professionnelle.
Reçu à l’Assemblée nationale le 3 octobre par la commission Éducation nationale, le Ministre de l’Éducation a annoncé une importante réforme de l’enseignement professionnel du CAP au BTS. Elle sera menée parallèlement à celle du Bac, avec le même échéancier, la réforme devrait être bouclée
début 2018, pour une application en Seconde pro dès la rentrée 2018.
Pour le président de la République, la réforme de l’apprentissage et de la formation professionnelle constituent l’Acte II des réformes, qu’il a engagées
par la casse du Code du travail.
D’ores et déjà, certaines déclarations de la Ministre du Travail montrent qu’elle considère que le calendrier scolaire joue contre le développement de l’apprentissage, et exprime son souhait, comme le patronat, de favoriser des rythmes d’examen plus rapprochés avec des « entrées et sorties permanentes » comme pour les stagiaires de la formation continue.
La modularité des formations et des parcours en apprentissage qui semble envisagée, pour adapter l’apprentissage aux besoins des entreprises, est pour nous
un sujet d’inquiétude, car elle impliquerait un renforcement des mutualisations entre CFA et lycées professionnels, en matière de plateaux techniques et un développement de l’exercice conjoint en lycée et en alternance pour les enseignant·es
et formateurs/trices.
Si les cartes des formations sont établies en fonction des besoins économiques locaux, dans le seul but de correspondre aux emplois sur un territoire, de nombreuses filières risquent de disparaitre.
La CGT Educ’action a sollicité une audience auprès du ministère pour clarifier les axes de cette future réforme, nous réitérons à l’occasion de ce comité technique ministériel notre demande.
Par ailleurs, nous souhaitons connaître le calendrier précis qui sera mis en œuvre,
pour la réforme de la voie professionnelle sous statut scolaire.
Pour conclure cette intervention, et en lien avec le point d’information prévue à ce comité technique ministériel, nous rappelons que le comité action publique 2022
mis en œuvre par le gouvernement, a pour objectif principal de procéder à une réduction drastique des dépenses publiques, avec d’ores et déjà l’annonce de la suppression de 120000 postes de fonctionnaires sur le quinquennat.
Au ministère de l’Éducation nationale cela s’est traduit par une baisse significative des postes offerts aux concours du second degré, alors que le nombre d’élè
ves ne cesse d’augmenter, avec 26000 élèves de plus en 2018.
Les annonces récentes indiquent que 5833 postes seront proposés pour le CAPES externe, contre 7315 l’an dernier, dont 6011 avaient été pourvus.
Une baisse significative est également actée pour l’agrégation, ces places
offertes aux concours passent à 1555 postes pour la session 2018, contre 1920 en
2017, dont 1709 pourvus.
L’argumentaire du ministre pour justifier ces coupes sombres, faisait état de la suppression à venir de 2600 emplois de stagiaires non pourvus en 2017, nous ne pouvons que constater que le nombre de candidat.e.s admis en 2017, dans le second degré, est supérieur au nombre de postes mis au concours en 2018.
Cette baisse aura donc bien un impact sur les conditions de travail de nos collègues
qui vont devoir faire face à terme à des classes extrêmement chargées en raison d’
une pression démographique qui se poursuivra jusqu’en 2022 dans le second degré.
Il faut aussi noter que la suppression de 200 emplois administratifs va dégrader
encore un peu plus les conditions de travail des personnels des rectorats et des établissements.
L’ampleur des réformes régressives engagées fait que nos concitoyen·nes seront confronté·es rapidement aux conséquences de cette politique.
La CGT continuera d’informer de sensibiliser nos concitoyen·nes, pour montrer que d’autres choix sont possibles, et travaillera à la construction de mobilisations interprofessionnelles dans la durée, car ce qui se joue en ce moment, c’est la défense de droits sociaux conquis tout au long de plusieurs décennies de luttes sociales.
Pour terminer cette intervention, souhaitant obtenir des réponses sur certains sujets :

  • Nous souhaitons que le comité technique ministériel soit informé de l’état d’avancement de l’expérimentation menée entre les académies de Caen et de Rouen.
  • Nous réitérons notre demande d’une réunion en urgence du comité national de suivi des Greta.
  • Nous demandons la réactivation de travail sur la gestion des personnels intervenants dans le cadre de la MLDS.
  • Nous demandons qu’un point d’information soit fait lors d’un prochain comité technique ministériel en état d’avancement du projet SIRHEN.

Déclaration de la CGT éduc’action au Comité Technique Ministériel du 20 décembre 2017


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Brèves

Grève à l’hôpital psychiatrique Janet au Havre !

mercredi 20 juin

A l’image des salariés de l’hôpital psychiatrique du Rouvray, les personnels grévistes de l’hôpital psychiatrique Janet du Havre ne lâchent pas le morceau. Ils exigent la venue de Mme Gardel, directrice de l’Agence régionale de santé, l’ouverture d’une nouvelle unité pour que les patients ne soient plus dans des lits supplémentaires avec la création de 50 postes pluridisciplinaires pour la faire fonctionner, la stagiarisation de tous les contractuels-les, l’arrêt de la polyvalence, l’embauche de médecins psychiatres titulaires. Rendez vous jeudi 21 à 8h45 à l’hôpital Flaubert pour une haie de déshonneur pour les administrateurs de l’hôpital, et le samedi 23 à 17h45 sur le parvis du printemps.

RESF : une bonne nouvelle qui se concrétise enfin !

mardi 12 juin

Mme Erdene, dont les enfants sont scolarisés au lycée de Déville-lès-Rouen et dans des écoles de Maromme, a reçu enfin son titre de séjour ; celui de son mari attend à la Préfecture, sauf imprévu.
Les bonnes nouvelles sur ce front sont si rares qu’il fallait en parler d’autant plus que pour d’autres familles, l’étau se resserre.
Mme Balogun - originaire du Nigéria et qui a une enfant scolarisée au collège de Maromme - s’est vu confirmer son OQTF par le Tribunal Administratif et France Terre d’Asile cherche à récupérer leur logement CADA en essayant de les en expulser.
La CGT Educ’action revendique la régularisation des lycéens majeurs et des parents d’élèves sans papiers.

Fusion des académies : où en est on ?

mardi 12 juin

En janvier, Mr le Recteur des académies de Rouen et de Caen nous assurait que la fusion des deux académies n’était pas décidée et qu’elle dépendrait de l’évaluation qui serait rendue fin mars, début avril. Il était malgré tout resté bien silencieux lorsque nous lui avions dit qu’il était impossible d’évaluer un processus de fusion en 5 mois (l’expérimentation a officiellement début en novembre), et notamment les conséquences sur les conditions de travail des personnels et les conditions d’enseignement, et que nous étions convaincus que cette évaluation serait bidon et que la fusion était déjà actée officieusement. Depuis, aucune nouvelle de cette évaluation, ni de la décision du Ministère qui devait tomber à la suite de l’évaluation. Mais cela n’est pas vraiment plus rassurant. Les organisations syndicales et les personnels avaient déjà été mis devant le fait accompli en septembre en apprenant seulement à la rentrée qu’une expérimentation était menée sur les académies de Rouen et de Caen. Et le Ministère ne compte pas lâcher de sitôt son projet de fusionner des académies qui sera une véritable manne pour supprimer des postes d’administratifs en fusionnant des services et des formations.

Université : Blanquer manipule les chiffres !

mardi 12 juin

Pour justifier la sélection à l’entrée de l’université, Jean-Michel Blanquer affirme que seuls 40% des étudiants en L1 sont en L2 l’année suivante, sous entendant bien sûr que tous les jeunes ne peuvent pas réussir et qu’il faut en tenir compte. Si ce chiffre est exact, c’est oublier que beaucoup réussissent en redoublant, en se réorientant ou en obtenant un concours et qu’au final 80% des étudiants sortent de l’enseignement supérieur avec un diplôme, malgré des conditions d’étude déplorables dans de nombreuses filières.

Grève de la faim au centre hospitalier du Rouvray !

mardi 22 mai

Communiqué de presse des Grévistes de la faim
Résumé de la journée du jeudi 31mai. J10
Cette journée a été ouverte par de nouveaux témoignages culturels de soutien important ! Ensuite, s’est déroulée une Assemblée Générale où plus de 300 personnes sont venues soutenir le mouvement. A 15h, une centaine de salariés du Centre Hospitalier du Rouvray (Hôpital Psychiatrique Rouen, Normandie 76) ont investi les locaux de l’administration abandonnés et délaissés sur instruction de la direction.
Pendant que le personnel soignant assure la continuité des soins ! Toujours les mêmes qui bossent !
Cette action s’est déroulée de façon organisée et pacifique pour réclamer notamment 52 postes paramédicaux supplémentaires. Nous ne voulons que prendre en charge correctement la souffrance psychique de nos concitoyens ! Cette nuit, nos 7 collègues grévistes de la faim sont accompagnés par 52 professionnels du CHR. Il faut au moins ça, puisqu’après 10 jours de grève de la faim l’indifférence continue ! Pour seule réponse, toujours du mépris !
Et maintenant ? Action !

  • Aujourd’hui, Vendredi 01 juin à 14h15 : Assemblée Générale.
  • Samedi 02 juin à 14h00, Rassemblement de soutien sur le parvis de l’administration. NOUS VOUS ATTENDONS EN NOMBRE !
  • Samedi 02 juin à 17h30 une Tribune offerte par le maire de SER, à l’occasion de la journée festive nommée « AIRE DE FÊTE ». L’administration a été prise, maintenant à nous de l’occuper, vous êtes les bienvenus ! Apportez votre soutien financier Signez la pétition
Sur le Web : Télécharger le tract

VIDEO : CE QUE LES MEDIAS NE DISENT PAS SUR LA SNCF !

lundi 16 avril

A voir absolument l’excellente vidéo du Fil d’actu CE QUE LES MEDIAS NE DISENT PAS SUR LA SNCF !

Moins de fonctionnaires et un statut attaqué :

vendredi 26 mai 2017

120 000 fonctionnaires en moins mais un service public renforcé. Comme depuis 10 ans, le but est donc de faire mieux avec moins, ce qui impliquera, dans les faits, une baisse des services rendus aux usagers et une détérioration des conditions de travail des personnels. Pour cela, la recette managériale habituelle : autonomie des chef-fes de services, individualisation des carrières et des salaires. Bref, la concurrence entre les personnels et la division

CEPIC, AVEC LA CGT, ILS et ELLES ONT GAGNÉ !

mardi 18 avril 2017

Au bout de 2 semaines de grève totale et de blocage du site, les salariés de CEPIC ont arraché vendredi 14 avril un très bon accord :

  • une augmentation de salaire avec un talon de 30 €
  • une prime exceptionnelle équivalent à un mois de salaire
  • une prime de chiffre d’affaires mensuelle

De fait, ces mesures salariales amènent les salariés de CEPIC au niveau des minima conventionnels, que l’employeur refuse depuis des années. La grève menée par les militants CGT de CEPIC, épaulés par la présence permanente de l’UL Sotteville St Etienne a rassemblé du premier au dernier jour 90 % des salariés.
L’UD 76 et la fédération Chimie ont organisé la solidarité sur le piquet : des dizaines de syndicats cgt sont venus régulièrement soutenir. La victoire des CEPIC, après la victoire des Legrand est une victoire pour toute la CGT. C’est la victoire de l’unité et de la solidarité.