Réformes du bac et de l’enseignement professionnel, coupes budgétaires... : la politique néfaste du « bulldozer » Blanquer

vendredi 22 décembre 2017
popularité : 15%

Depuis la rentrée, le gouvernement multiplie les projets de loi, les annonces et les mesures sur l’enseignement supérieur, la formation professionnelle, l’apprentissage et l’assurance chômage, avant de s’attaquer aux retraites.
La rapidité de mise en œuvre de toutes ces contre-réformes a permis à ce pouvoir, en place depuis moins de six mois, d’infliger des dégâts considérables au modèle social français.
Ces attaques tous azimuts s’inscrivent dans une vision globale et homogène d’un projet de société au service d’un libéralisme assumé.
Ce gouvernement agit pour transformer notre société en profondeur et l’adapter, aux exigences du capitalisme.
Les cadeaux fiscaux exorbitants faits aux plus fortunés, la réduction des droits et des aides accordés aux plus démuni·es, sans compter les mesures régressives à l’encontre des retraité·es, sont là pour nous le rappeler sans ambiguïté.
Ce gouvernement a su donner l’illusion de mettre en place un dialogue social sur différents sujets sans dévier de ses objectifs initiaux.
Comme le montre l’examen du projet de loi « relatif à l’orientation et à la réussite des étudiant·es » qui a commencé le 12 décembre.
Concomitamment, le ministère de l’Enseignement supérieur a mis en ligne sur son site les attendus nationaux qui définissent les critères d’accès dans toutes les licences.
Des binômes professeur·es principaux/ales se mettent en place dans les lycées alors que les universités travaillent sur la définition des capacités d’accueil et sur la
déclinaison locale des attendus, qui seront pris en compte pour l’examen des vœux des lycéen·nes.
Le calendrier connu, indique que les universités doivent retourner aux rectorats ces éléments avant le 17 janvier, soit bien avant toute possibilité d’adoption par les conseils centraux des universités et alors que la loi est encore à l’état de projet, de nombreux amendements sont annoncés, cette loi ne sera probablement pas promulguée avant le printemps.
C’est donc en dehors de tout cadre législatif et règlementaire que les établissements d’enseignement secondaire et supérieur travaillent à mettre en application un dispositif administratif lourd de conséquences pour toute une partie de la jeunesse. Il y a là une entorse majeure à la vie démocratique de notre pays.
Ce projet de loi introduit de nouvelles tâches et responsabilités qui alourdiront les missions des professeur·es de lycée qui devront mettre des « avis prédictifs »
sur chaque vœu d’élève lors des conseils de classe en Terminale.
Comme si le parcours d’un·e élève était prévisible ou réductible à un profil.
Les enseignant·es ne sont pas des conseillers et conseillères d’orientation
et n’ont pas toujours une connaissance de l’ensemble des filières du supérieur.
Pour la CGT, l’introduction de cette sélection qui ne dit pas son nom n’est pas la solution, est inacceptable, car elle accentuera le tri social des élèves et la hiérarchisation des voies de formation du lycée.
Cette réforme aura de lourdes conséquences pour notre système éducatif et l’avenir des lycéen·nes, en particulier pour ceux et celles de la voie professionnelle.
Reçu à l’Assemblée nationale le 3 octobre par la commission Éducation nationale, le Ministre de l’Éducation a annoncé une importante réforme de l’enseignement professionnel du CAP au BTS. Elle sera menée parallèlement à celle du Bac, avec le même échéancier, la réforme devrait être bouclée
début 2018, pour une application en Seconde pro dès la rentrée 2018.
Pour le président de la République, la réforme de l’apprentissage et de la formation professionnelle constituent l’Acte II des réformes, qu’il a engagées
par la casse du Code du travail.
D’ores et déjà, certaines déclarations de la Ministre du Travail montrent qu’elle considère que le calendrier scolaire joue contre le développement de l’apprentissage, et exprime son souhait, comme le patronat, de favoriser des rythmes d’examen plus rapprochés avec des « entrées et sorties permanentes » comme pour les stagiaires de la formation continue.
La modularité des formations et des parcours en apprentissage qui semble envisagée, pour adapter l’apprentissage aux besoins des entreprises, est pour nous
un sujet d’inquiétude, car elle impliquerait un renforcement des mutualisations entre CFA et lycées professionnels, en matière de plateaux techniques et un développement de l’exercice conjoint en lycée et en alternance pour les enseignant·es
et formateurs/trices.
Si les cartes des formations sont établies en fonction des besoins économiques locaux, dans le seul but de correspondre aux emplois sur un territoire, de nombreuses filières risquent de disparaitre.
La CGT Educ’action a sollicité une audience auprès du ministère pour clarifier les axes de cette future réforme, nous réitérons à l’occasion de ce comité technique ministériel notre demande.
Par ailleurs, nous souhaitons connaître le calendrier précis qui sera mis en œuvre,
pour la réforme de la voie professionnelle sous statut scolaire.
Pour conclure cette intervention, et en lien avec le point d’information prévue à ce comité technique ministériel, nous rappelons que le comité action publique 2022
mis en œuvre par le gouvernement, a pour objectif principal de procéder à une réduction drastique des dépenses publiques, avec d’ores et déjà l’annonce de la suppression de 120000 postes de fonctionnaires sur le quinquennat.
Au ministère de l’Éducation nationale cela s’est traduit par une baisse significative des postes offerts aux concours du second degré, alors que le nombre d’élè
ves ne cesse d’augmenter, avec 26000 élèves de plus en 2018.
Les annonces récentes indiquent que 5833 postes seront proposés pour le CAPES externe, contre 7315 l’an dernier, dont 6011 avaient été pourvus.
Une baisse significative est également actée pour l’agrégation, ces places
offertes aux concours passent à 1555 postes pour la session 2018, contre 1920 en
2017, dont 1709 pourvus.
L’argumentaire du ministre pour justifier ces coupes sombres, faisait état de la suppression à venir de 2600 emplois de stagiaires non pourvus en 2017, nous ne pouvons que constater que le nombre de candidat.e.s admis en 2017, dans le second degré, est supérieur au nombre de postes mis au concours en 2018.
Cette baisse aura donc bien un impact sur les conditions de travail de nos collègues
qui vont devoir faire face à terme à des classes extrêmement chargées en raison d’
une pression démographique qui se poursuivra jusqu’en 2022 dans le second degré.
Il faut aussi noter que la suppression de 200 emplois administratifs va dégrader
encore un peu plus les conditions de travail des personnels des rectorats et des établissements.
L’ampleur des réformes régressives engagées fait que nos concitoyen·nes seront confronté·es rapidement aux conséquences de cette politique.
La CGT continuera d’informer de sensibiliser nos concitoyen·nes, pour montrer que d’autres choix sont possibles, et travaillera à la construction de mobilisations interprofessionnelles dans la durée, car ce qui se joue en ce moment, c’est la défense de droits sociaux conquis tout au long de plusieurs décennies de luttes sociales.
Pour terminer cette intervention, souhaitant obtenir des réponses sur certains sujets :

  • Nous souhaitons que le comité technique ministériel soit informé de l’état d’avancement de l’expérimentation menée entre les académies de Caen et de Rouen.
  • Nous réitérons notre demande d’une réunion en urgence du comité national de suivi des Greta.
  • Nous demandons la réactivation de travail sur la gestion des personnels intervenants dans le cadre de la MLDS.
  • Nous demandons qu’un point d’information soit fait lors d’un prochain comité technique ministériel en état d’avancement du projet SIRHEN.

Déclaration de la CGT éduc’action au Comité Technique Ministériel du 20 décembre 2017


Agenda

<<

2018

 

<<

Janvier

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930311234
Aucun évènement à venir les 3 prochains mois

Sites favoris


7 sites référencés dans ce secteur

Brèves

Moins de fonctionnaires et un statut attaqué :

vendredi 26 mai 2017

120 000 fonctionnaires en moins mais un service public renforcé. Comme depuis 10 ans, le but est donc de faire mieux avec moins, ce qui impliquera, dans les faits, une baisse des services rendus aux usagers et une détérioration des conditions de travail des personnels. Pour cela, la recette managériale habituelle : autonomie des chef-fes de services, individualisation des carrières et des salaires. Bref, la concurrence entre les personnels et la division

CEPIC, AVEC LA CGT, ILS et ELLES ONT GAGNÉ !

mardi 18 avril 2017

Au bout de 2 semaines de grève totale et de blocage du site, les salariés de CEPIC ont arraché vendredi 14 avril un très bon accord :

  • une augmentation de salaire avec un talon de 30 €
  • une prime exceptionnelle équivalent à un mois de salaire
  • une prime de chiffre d’affaires mensuelle

De fait, ces mesures salariales amènent les salariés de CEPIC au niveau des minima conventionnels, que l’employeur refuse depuis des années. La grève menée par les militants CGT de CEPIC, épaulés par la présence permanente de l’UL Sotteville St Etienne a rassemblé du premier au dernier jour 90 % des salariés.
L’UD 76 et la fédération Chimie ont organisé la solidarité sur le piquet : des dizaines de syndicats cgt sont venus régulièrement soutenir. La victoire des CEPIC, après la victoire des Legrand est une victoire pour toute la CGT. C’est la victoire de l’unité et de la solidarité.

Lutte gagnante : victoire pour les travailleurs sans papiers du Marché de Rungis

mercredi 12 avril 2017

Après trois semaines de grève et d’occupation de la Tour Semmaris, les pressions sur les entreprises pour l’établissement des CERFA, les parties (Préfecture, Min de Rungis, CGT) se sont mis d’accord sur les points suivants :

  • établissement par les services préfectoraux de récépissés avec autorisation de travail pour l’ensemble des grévistes ;
  • dépôt des dossiers des 128 travailleurs sans papiers en préfecture du Val-de-Marne.

En conséquence, l’occupation de la Tour Semmaris a pris fin dimanche 9 avril 2017.

Cette victoire est incontestablement à mettre au crédit de la lutte, de la détermination des travailleurs sans papiers, des militants de la CGT et des nombreux et divers soutiens qui auront pu s’exprimer.

On bosse ici, on vit ici, on reste ici !

Montreuil, le 10 avril 2017

Les salariés de l’usine Legrand ont gagné !

mardi 28 mars 2017

Cet après-midi, après 9 jours de grève et de blocage , la direction de l’usine Legrand de Malaunay a cédé devant la délégation CGT et FO, et face à la détermination des salariés qui ont gagné 41,61 euros d’augmentation par mois.
La solidarité a joué un rôle déterminant. Le patron, énervé par la détermination des grévistes qui tenaient bon a lâché : « oui je le sais, vous avez une cagnotte », en faisant référence au soutien financier des autres syndicats CGT et d’autres salariés présents le jeudi 23 Mars devant l’usine. La CGT éduc’action de l’académie de Rouen était porteuse ce jour là d’un message de soutien. BRAVO aux LEGRAND !

Déclarations CGT éduc’action de mars 2017

samedi 25 mars 2017

Lutte gagnante chez SIDEL, près du Havre :

mardi 21 mars 2017

Après des propositions au rabais suite aux négociations salariales annuelles, les salariés de Sidel (métallurgie) ont décidé de se mobiliser pour les salaires alors que les résultats de l’entreprise sont au beau fixe. Après 2 jours de débrayages, la direction a été obligée de revoir sa copie à la hausse. Ainsi, l’augmentation générale pour les non cadres est passée de 0,4% à 1%, Pour les cadres, c’est 1,6% d’augmentation individuelle. La prime de transport est améliorée de 3%, et la prime de vacances de 1000 euros est reconduite. 5000 euros de primes vont être versés aux salariés ainsi qu’un bonus. Le mercredi 8 mars l’assemblée générale a accepté le contenu des négociations et a repris le travail .

Mutations 2° degré : le rectorat ne veut pas communiquer les postes vacants !

samedi 18 mars 2017

Les collègues qui participent au mouvement intra du second degré l’ont déjà remarqué : le rectorat ne communiquera pas les postes vacants, hors postes spécifiques. La raison invoquée d’un problème de calendrier ne tient pas la route. En effet, le CTA qui entérine les suppressions de postes a lieu le 24 Mars, et à la demande légitime des organisations syndicales, il est important que la période de saisie des voeux ne se fasse pas pendant les vacances. Mais cette excuse soulève pas mal de questions : pourquoi refuser de diffuser les postes vacants au moins pour quelques jours, après le 24 Mars ? Pourquoi ne pas avoir fixé les CTA et les groupes de travail préparatoires plus tôt ? Pourquoi ne pas laisser le serveur SIAM ouvert jusqu’au 7 avril ? Cette décision ressemble plus à un refus de communiquer les postes vacants, qu’à un simple problème de calendrier !

Non, tout ne va pas bien dans l’éducation !

jeudi 9 mars 2017

Contrairement à ce que le gouvernement déclare la rentrée 2016 n’est pas bonne, et celle qui se prépare va être encore pire. Les effectifs de classe vont encore augmenter. En Seine-Maritime, en collège, 40 classes vont fermer pour 31 ouvertures. Et les ouvertures ne se font que quand les classes sont déjà pleines à craquer ! Les collèges sortant de l’éducation prioritaire figurent dans le top 5. La fermeture du collège Guy Môquet au Havre est en cours. Dans les lycées les effectifs de classe dépassent de plus en plus fréquemment la barrière déjà inadmissible de 35 élèves par classe. Dans le 1° degré, en Seine-Maritime, 97 classes vont fermer pour seulement 37 ouvertures. Et dans l’Eure, avec des fermetures plus nombreuses que les ouvertures il y aura 6 classes de moins.