LP Descartes en grève pour défendre les collègues victimes de suppressions de postes

dimanche 4 février 2018
popularité : 8%

Lundi 29 janvier, les collègues du LP Descartes, à Fécamp, étaient en grève. Ils continuent à se battre pour empêcher les mutations imposées à deux collègues (Gestion-Administration et biotechnologie) et contre la suppression de 20 heures dans la DHG. Des solutions existent (voir courrier remis en mains propres au Recteur) mais le Rectorat maintient la casse sociale et refuse de recevoir les personnels qui ont demandé à être reçus.

Texte du tract distribué aux élèves et aux parents :

"LP DESCARTES : EXIGEONS DE MEILLEURES CONDITIONS D’ENSEIGNEMENT !

Ce lundi, des enseignants de Descartes mais aussi de Maupassant sont en grève pour obtenir à la rentrée 2018 :

  • l’augmentation des moyens et non la baisse d’une vingtaine d’heures d’enseignement décidées par le Rectorat
  • deux classes de Terminales bac pro Gestion Administration au lieu d’une et demie afin de permettre d’accueillir les redoublants
  • plus d’heures de groupes dans toutes les matières et moins de cours à 30 ou à 32 élèves
  • une revalorisation du lycée professionnel, des CAP au Bac Pro
  • des moyens horaires satisfaisants pour aider les élèves en difficultés
  • le respect des horaires réglementaires dus aux élèves
  • le maintien des deux postes supprimés en Bac Pro GA et en PSE/biotechnologies et le refus des mutations imposées : on travaille ensemble, on reste ensemble !

Elèves, parents, enseignants, personnels d’éducation et techniques, tous unis pour de meilleures conditions de travail et d’enseignement.

Les professeurs mobilisés"

Texte du courrier adressé au Rectorat :

Monsieur le Recteur,

Les personnels du LP Descartes que nous sommes sont en colère.
Nous sommes en effet en colère car nous venons d’apprendre la suppression de plusieurs postes, dès cette année en Gestion-administration et en biotechnologies, et très probablement l’année prochaine également en Gestion-administration.
Or, sur ces postes, il y a des collègues, des gens, des vrais gens, qui travaillent avec nous depuis longtemps, que nous apprécions, qui sont appréciés de leurs élèves, qui ont fait leur vie à Fécamp ou dans ses environs, mais qui vont devoir partir, sans doute assez loin, et ce pour des raisons strictement comptables. Nous ne l’acceptons pas. En effet, cela engendre une souffrance psychologique intense non sans conséquence sur l’état de santé des personnels directement concernés et sur l’ensemble des équipes.
Nous vivons ces dysfonctionnements comme une véritable maltraitance à notre égard.
Nous n’acceptons pas la réduction brutale et arbitraire du bac pro GA, de deux divisions par niveau (64 places) en 2016, à une seule division aujourd’hui (32 places).
Nous n’acceptons pas que nos collègues de GA aient dû subir en 2012 une réforme de leur spécialité, qu’ils aient dû se former pour cela, afin leur disait-on, de la valoriser et de l’adapter aux évolutions du monde du travail, mais que cette revalorisation aboutisse quelques années après par de nombreuses fermetures de classes et suppressions de postes un peu partout. Etrange revalorisation !
Nous n’acceptons pas d’avoir été baladés depuis l’hiver 2016 quand des promesses non tenues ont été faites à nos collègues de GA, comme celle de substituer un bac pro commerce au bac pro GA afin que les collègues volontaires puissent se former et continuer à exercer au LP Descartes. Promesse non tenue.
Nous n’acceptons pas la suppression du CAP Services Hôteliers et celle du poste de biotechnologies. Notre collègue a été contractuelle pendant 18 ans, puis une fois titularisée en 2015, pensait enfin pouvoir se stabiliser sur un poste qui lui plaisait. Las ! Il faut pour le rectorat supprimer des postes, coûte que coûte. Il faut ainsi transférer la formation qualifiante du collège Paul Bert vers le LP Descartes, mais en refusant que notre collègue de biotechnologies puisse y enseigner.
Nous n’acceptons pas la décision des IEN de GA, commerce, biotechnologies, cuisine, de fermer toutes les portes à nos collègues afin qu’ils puissent sauver leurs postes, et ce sans discussion possible. En GA, il semble dorénavant inconcevable aux IEN que nos collègues enseignent en BTS sur le LGT Maupassant alors que cela avait été possible il y a six ans de cela, pour trois de nos collègues PLP, dont deux en GA. Il semble également inconcevable à ces mêmes IEN que nos collègues enseignent quelques heures en bac pro commerce, par exemple en économie-droit, alors qu’ils enseignent cette même matière depuis longtemps dans leur spécialité. En biotechnologies, il semble dorénavant inconcevable pour les IEN que notre collègue enseigne dans le champ cuisine-hôtellerie alors qu’elle dispense de nombreuses heures en CAP SH qui relève de ce même champ professionnel. Pourtant, dans d’autres établissements, les IEN permettent voire incitent des personnels d’autres spécialités à enseigner sur un champ qui n’est pas le leur. Pourquoi ce qui est possible ailleurs ne le serait-il pas à Fécamp ? Pourquoi ce deux poids, deux mesures ? L’absence d’équité dans le traitement des personnels nous révolte.

Nous n’acceptons pas que nos collègues de GA aient appris le 9 janvier par leur IEN une fin de non-recevoir à toutes les propositions faites. Cette réunion s’est traduite par une absence manifeste d’empathie à l’égard de nos collègues dont la vie professionnelle, et privée, allait être bouleversée par ce plan social qui ne dit pas son nom.

Nous n’acceptons que ces annonces aient été faites alors qu’aucun élément de DHG ne nous a été communiqué. Chacun sait pourtant que les DHG, depuis la réforme du bac pro en 3 ans, comportent d’importantes variables d’ajustement (effectifs prévisionnels, volume horaire complémentaire, AP, EGLS, triannualisation des horaires...) permettant d’augmenter ou de diminuer le nombre d’heures et de gérer les « ressources humaines » afin de sauver ou de supprimer des postes. Pourquoi acter ces suppressions avant même de chercher des solutions pour nos collègues ?

Nous n’acceptons pas de subir année après année les aléas de la carte des formations et leurs aberrations. Le CAP serrurier-métallier avait ouvert en 2009 ? Il ferme trois ans après malgré ses réels débouchés professionnels. Le CAP SH ouvre en 2009 ? Il fermera définitivement en 2018. A l’époque du BEP, nous avions jusqu’à trois divisions en seconde et trois en terminale ? Depuis cette rentrée, il n’y en a plus qu’une seule en seconde bac pro, et à 31 élèves de surcroît, car peu importe que nos élèves aient souvent d’importantes difficultés scolaires, le rectorat remplit au-delà du raisonnable les classes pour faire des économies.

Nous n’acceptons pas d’avoir subi et de continuer à subir chaque année les fluctuations de l’offre de formation et ses conséquences en termes de précarisation des postes et d’insécurité professionnelle, source permanente de stress au travail.

Parce que cette situation est pour nous inacceptable, nous refusons que nos collègues subissent des mutations imposées. On travaille ensemble, on reste ensemble !

Nous nous laissons la possibilité d’utiliser tous les recours juridiques existants face à cette situation inacceptable et insupportable.

Voir également articles Paris-Normandie et reportage Tendance ouest :
http://www.paris-normandie.fr/fecamp/les-enseignants-manifestent-au-lycee-rene-descartes-a-fecamp-DK12092230
https://www.tendanceouest.com/actualite-260981-greve-au-lycee-descartes-de-fecamp.html



Documents joints

Word - 16.5 ko
Word - 16.5 ko

Agenda

<<

2018

 

<<

Février

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2930311234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627281234
Aucun évènement à venir les 3 prochains mois

Sites favoris


7 sites référencés dans ce secteur

Brèves

Moins de fonctionnaires et un statut attaqué :

vendredi 26 mai 2017

120 000 fonctionnaires en moins mais un service public renforcé. Comme depuis 10 ans, le but est donc de faire mieux avec moins, ce qui impliquera, dans les faits, une baisse des services rendus aux usagers et une détérioration des conditions de travail des personnels. Pour cela, la recette managériale habituelle : autonomie des chef-fes de services, individualisation des carrières et des salaires. Bref, la concurrence entre les personnels et la division

CEPIC, AVEC LA CGT, ILS et ELLES ONT GAGNÉ !

mardi 18 avril 2017

Au bout de 2 semaines de grève totale et de blocage du site, les salariés de CEPIC ont arraché vendredi 14 avril un très bon accord :

  • une augmentation de salaire avec un talon de 30 €
  • une prime exceptionnelle équivalent à un mois de salaire
  • une prime de chiffre d’affaires mensuelle

De fait, ces mesures salariales amènent les salariés de CEPIC au niveau des minima conventionnels, que l’employeur refuse depuis des années. La grève menée par les militants CGT de CEPIC, épaulés par la présence permanente de l’UL Sotteville St Etienne a rassemblé du premier au dernier jour 90 % des salariés.
L’UD 76 et la fédération Chimie ont organisé la solidarité sur le piquet : des dizaines de syndicats cgt sont venus régulièrement soutenir. La victoire des CEPIC, après la victoire des Legrand est une victoire pour toute la CGT. C’est la victoire de l’unité et de la solidarité.

Lutte gagnante : victoire pour les travailleurs sans papiers du Marché de Rungis

mercredi 12 avril 2017

Après trois semaines de grève et d’occupation de la Tour Semmaris, les pressions sur les entreprises pour l’établissement des CERFA, les parties (Préfecture, Min de Rungis, CGT) se sont mis d’accord sur les points suivants :

  • établissement par les services préfectoraux de récépissés avec autorisation de travail pour l’ensemble des grévistes ;
  • dépôt des dossiers des 128 travailleurs sans papiers en préfecture du Val-de-Marne.

En conséquence, l’occupation de la Tour Semmaris a pris fin dimanche 9 avril 2017.

Cette victoire est incontestablement à mettre au crédit de la lutte, de la détermination des travailleurs sans papiers, des militants de la CGT et des nombreux et divers soutiens qui auront pu s’exprimer.

On bosse ici, on vit ici, on reste ici !

Montreuil, le 10 avril 2017

Les salariés de l’usine Legrand ont gagné !

mardi 28 mars 2017

Cet après-midi, après 9 jours de grève et de blocage , la direction de l’usine Legrand de Malaunay a cédé devant la délégation CGT et FO, et face à la détermination des salariés qui ont gagné 41,61 euros d’augmentation par mois.
La solidarité a joué un rôle déterminant. Le patron, énervé par la détermination des grévistes qui tenaient bon a lâché : « oui je le sais, vous avez une cagnotte », en faisant référence au soutien financier des autres syndicats CGT et d’autres salariés présents le jeudi 23 Mars devant l’usine. La CGT éduc’action de l’académie de Rouen était porteuse ce jour là d’un message de soutien. BRAVO aux LEGRAND !

Déclarations CGT éduc’action de mars 2017

samedi 25 mars 2017

Lutte gagnante chez SIDEL, près du Havre :

mardi 21 mars 2017

Après des propositions au rabais suite aux négociations salariales annuelles, les salariés de Sidel (métallurgie) ont décidé de se mobiliser pour les salaires alors que les résultats de l’entreprise sont au beau fixe. Après 2 jours de débrayages, la direction a été obligée de revoir sa copie à la hausse. Ainsi, l’augmentation générale pour les non cadres est passée de 0,4% à 1%, Pour les cadres, c’est 1,6% d’augmentation individuelle. La prime de transport est améliorée de 3%, et la prime de vacances de 1000 euros est reconduite. 5000 euros de primes vont être versés aux salariés ainsi qu’un bonus. Le mercredi 8 mars l’assemblée générale a accepté le contenu des négociations et a repris le travail .

Mutations 2° degré : le rectorat ne veut pas communiquer les postes vacants !

samedi 18 mars 2017

Les collègues qui participent au mouvement intra du second degré l’ont déjà remarqué : le rectorat ne communiquera pas les postes vacants, hors postes spécifiques. La raison invoquée d’un problème de calendrier ne tient pas la route. En effet, le CTA qui entérine les suppressions de postes a lieu le 24 Mars, et à la demande légitime des organisations syndicales, il est important que la période de saisie des voeux ne se fasse pas pendant les vacances. Mais cette excuse soulève pas mal de questions : pourquoi refuser de diffuser les postes vacants au moins pour quelques jours, après le 24 Mars ? Pourquoi ne pas avoir fixé les CTA et les groupes de travail préparatoires plus tôt ? Pourquoi ne pas laisser le serveur SIAM ouvert jusqu’au 7 avril ? Cette décision ressemble plus à un refus de communiquer les postes vacants, qu’à un simple problème de calendrier !

Non, tout ne va pas bien dans l’éducation !

jeudi 9 mars 2017

Contrairement à ce que le gouvernement déclare la rentrée 2016 n’est pas bonne, et celle qui se prépare va être encore pire. Les effectifs de classe vont encore augmenter. En Seine-Maritime, en collège, 40 classes vont fermer pour 31 ouvertures. Et les ouvertures ne se font que quand les classes sont déjà pleines à craquer ! Les collèges sortant de l’éducation prioritaire figurent dans le top 5. La fermeture du collège Guy Môquet au Havre est en cours. Dans les lycées les effectifs de classe dépassent de plus en plus fréquemment la barrière déjà inadmissible de 35 élèves par classe. Dans le 1° degré, en Seine-Maritime, 97 classes vont fermer pour seulement 37 ouvertures. Et dans l’Eure, avec des fermetures plus nombreuses que les ouvertures il y aura 6 classes de moins.