La stratégie du choc pour casser les lycées, museler la jeunesse et baisser les salaires

samedi 10 février 2018
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Nous publions cet article éclairant rédigé par la Fondation Copernic.

Le démantèlement du bac et la disparition des filières au lycée visent à réduire encore les dépenses publiques consacrées à l’Education et à créer de nouveaux marchés tournés vers les familles solvables, du marché du coaching en orientation à celui des formations payantes de l’enseignement supérieur, en passant par celui du prêt étudiant. La cause est entendue : depuis une trentaine d’années les gouvernements
libéraux s’attachent avec constance à défaire l’Etat social et à frayer une voie à l’expansion du capital. Mais la vague des contre-réformes qui frappe l’enseignement secondaire et supérieur - largement inspirées par le Medef et par les cercles de réflexion libéraux qui sont à sa main - procède d’une stratégie du choc qui a une visée plus large et moins immédiatement visible : baisser les salaires dans les entreprises
comme dans les administrations et assujettir plus encore la force de travail à la volonté de ceux et celles qui en extraient du profit.

Il s’agit d’abord de baisser les salaires concédés aux enseignant.e.s des lycées. La semestrialisation de l’emploi du temps des élèves et l’annualisation des services programmés par le rapport Mathiot, allongent le temps de travail effectif des professeur.e.s sur l’année – tout en réduisant le nombre d’heures supplémentaires comptabilisées - entraînant ainsi une baisse des salaires horaires réellement perçus. Dans le même temps, la contraction des horaires des disciplines enseignées, a pour effet d’augmenter le nombre de groupes, et donc d’élèves, suivis par chaque
enseignant.e et d’alourdir les tâches qui doivent être accomplies et la charge mentale qu’elles génèrent.

La baisse des salaires des enseignant.e.s est également induite par l’effondrement des postes aux concours – la baisse est de 35 % pour les postes aux concours externes 2018 du second degré ! - et par le recours aux salarié.e.s précaires qui s’ensuivra. Pour tenir son engagement de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires sur le quinquennat « l’exécutif souhaite étendre « largement » dans la fonction publique le recours aux contractuels ne bénéficiant pas de l’emploi à vie, et développer davantage la rémunération au « mérite ». » 1 Réduire le nombre de titulaires dans l’éducation participe donc bien d’une vaste offensive contre l’emploi stable - et le plus souvent l’emploi stable des femmes - visant à défaire le statut de fonctionnaire et à détériorer le rapport de forces entre les salarié.e.s stables et le patronat.
Dans le même temps, la fermeture de l’accès à l’université déstabilise aussi les étudiant.e.s d’origine populaire qui occupent des emplois précaires pour financer leurs études. En les privant des protections que procure le statut d’étudiant, on réduit leurs marges de jeu dans la négociation pour mieux les contraindre à accepter des conditions d’embauche et de rémunération toujours plus dégradées. Les projets de réforme qui se dessinent du côté des lycées professionnels procèdent d’ailleurs également d’une même volonté de domestiquer la jeunesse des classes populaires puisque le gouvernement prévoit simultanément d’étendre la précarité en encourageant l’apprentissage et d’assujettir les filières au bassin d’emploi, c’est-à-dire aux intérêts
immédiats du patronat.

Mais la casse du lycée, le démantèlement du bac et la sélection à l’entrée de l’université auraient aussi des effets de pression à la baisse sur l’ensemble des salaires des travailleurs et des travailleuses pour d’autres raisons. Le niveau des salaires dans le secteur privé comme dans le secteur public, est en partie lié aux qualifications reconnues qui, jusqu’à présent, sont elles-mêmes adossées aux diplômes. S’attaquer au bac c’est remettre en question le principe des diplômes nationaux construits comme des points d’appui collectifs dans la définition des grilles des salaires et faire glisser la négociation salariale à un niveau de plus en plus local et individuel et donc de plus en plus défavorable aux salarié.e.s. Il y a bien longtemps que le patronat rêve de faire éclater la grille des salaires codifiée par les conventions collectives en remplaçant les diplômes certifiés par l’institution scolaire par des compétences validées – à la baisse - par le monde de l’entreprise.

Enfin, l’éviction d’une partie de la jeunesse - et en particulier de ses bachelier.e.s d’origine populaire - de l’université a aussi un arrière-plan politique et stratégique. Les années d’université participent à la construction critique des personnes et sont fréquemment des moments de socialisation à l’action collective. Le monde étudiant, notamment celui qui a des origines sociales dominées, a eu souvent un rôle décisif dans les grandes batailles engagées par les salarié.e.s et leurs organisations syndicales : contre le Contrat première embauche (CPE) en 2006, contre la casse du système des retraites en 2003 et en 2010, et plus récemment contre la déréglementation du droit du travail. La sélection à l’entrée de l’université poursuit aussi l’objectif inavoué de défaire les pôles de résistance du monde étudiant qui, dans un contexte de massification scolaire et de déclassement d’une partie des diplômé.e.s, sont toujours susceptibles de catalyser les puissantes mobilisations de la jeunesse scolarisée.

Les attaques contre les lycées et l’accès au supérieur font système et participent très clairement des mesures libérales-autoritaires qui frappent les salarié.e.s, de la facilitation des licenciements aux projets punitifs contre les chômeur.euse.s. À cette stratégie du choc qui espère créer un état de sidération et neutraliser les résistances, nous devons opposer la volonté collective d’assumer pleinement l’affrontement qui vient
en fédérant autour d’un intérêt commun salarié.e.s de l’enseignement public secondaire et supérieur, lycéen.ne.s, étudiant.e.s et parents d’élèves. Et puisque l’offensive est conduite conjointement contre le service public d’éducation et contre les salarié.e.s, ce vaste mouvement unitaire doit sceller une alliance durable entre les mobilisations du monde de l’école et celles du monde du travail.

Philippe Boursier (le 1er février 2018)


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Lubrizol : 1 an après on oublie pas ! Réunion publique le 25 septembre, manifestation le 26 septembre

mardi 8 septembre

Réunion publique d’information sous chapiteau Vendredi 25 septembre 2020 de 18 à 20h A la Friche Lucien, place Carnot, ROUEN
Jeudi MANIFESTATION Samedi 26 septembre 13h30 Rendez-vous devant : LUBRIZOL (quai de France)

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Ecoles Delaunay en action le 22 janvier 2020 pour revenir en REP+

jeudi 23 janvier

Lors de l’animation pédagogique du mercredi 22 janvier 2020 sur « les élèves à besoins particuliers », les enseignants ont rappelé leur exigence de classer les écoles maternelle Delaunay-Laurencin et élémentaire Sonia Delaunay de Dieppe (Val Druel) en REP+. En effet, elles sont sorties de l’Éducation Prioritaire en 2014 et ont été exclues des dispositifs REP et REP+ alors qu’elles répondent à tous les critères pour être classées en REP+. Son rang (64ème) au niveau académique la situe au même niveau que les écoles de REP+ du Havre ou de Rouen Nord.

Tous les enseignant·e·s des deux écoles sont venu·e·s avec un tee-shirt rappelant leur exigence et ont pris la parole en début d’animation. À l’issue de l’animation, l’urne était disponible pour pouvoir faire voter au référendum d’initiative populaire.

La CGT Éduc’action 76 soutient les collègues dans leurs actions.

Motion de soutien aux salariés de la Chapelle d’Arblay

mercredi 18 septembre 2019

Les camarades de la CGT Educ’action Haute-Normandie réunis en Assemblée générale de rentrée le 16 septembre 2019 à Maromme expriment leur soutien aux salariés de la Chapelle Darblay, menacés de licenciement.
Dans le secteur privé, les fermetures de site et les plans de licenciement se multiplient. Dans les services publics, ce sont les suppressions de postes massives et la dégradation des conditions de travail.
De plus, la réforme des retraites est une attaque contre l’ensemble des salariés.

  • Zéro licenciement !
  • Non à la fermeture des sites !
  • Non à la casse des services publics !
  • Non à la réforme des retraites ! Luttons tous ensemble !

Motion adoptée à l’unanimité par l’AG des syndiqué-e-s CGT éduc’action Rouen

Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

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Une fusion des académies pour fermer des sections !

vendredi 13 septembre 2019

Le Rectorat et la Région Normandie lancent la réflexion pour une nouvelle carte de formation à la rentrée de septembre 2020. Ca ne sent pas bon du tout ! L’académie et la région de Normandie auront, si nous ne faisons pas reculer le Ministère, le même périmètre au 1° janvier. Les filières de formation, frontalières pour le moment, ou seulement identiques, seront à la prochaine rentrée dans la même académie. Ce sera une très bonne excuse pour fusionner et fermer par ci par là et pour récupérer les postes.