LE RAPPORT CALVEZ-MARCON ou COMMENT DÉVALORISER L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL PUBLIC ET LAÏC

mardi 3 avril 2018
popularité : 6%

« La voie professionnelle scolaire : viser l’excellence  » : l’intitulé du rapport Calvez-Marcon serait-il ironique ? La question se pose tant le contenu du rapport semble en décalage avec l’objectif affiché. Pour les PLP, il faudrait plutôt traduire par : casse du service public de l’enseignement professionnel.

Remise en cause du service public et laïc de l’enseignement professionnel.
Les branches professionnelles et le patronat, les fameux « partenaires » du monde professionnel, sortiraient gagnants si les préconisations du rapport étaient appliquées : refonte des programmes et des référentiels sous leur contrôle, développement des campus des métiers et des qualifications (y siègent déjà des multinationales, des lobbys et des organisations patronales), création de conseils d’orientation stratégiques au sein de réseaux de lycées, avec présence importante des partenaires économiques. Le rôle des Régions dans l’information à l’orientation serait renforcé.

Remise en cause des diplômes nationaux : diminution des spécialités professionnelles et regroupement par filières en classe de seconde bac pro (on passerait à seulement deux années de spécialisation pour obtenir un bac pro ?!) ; conventions tripartites élèves/familles/lycées pour adapter les modalités et la durée des CAP ; possibilité d’adapter localement les contenus, la durée et les modalités d’une formation ; évaluation par blocs de compétences ; disparition en l’état du diplôme intermédiaire.

Régression pour les élèves des classes populaires : le développement de l’apprentissage favorise avant tout les garçons au détriment des filles, les élèves qui peuvent faire jouer leurs relations pour trouver une entreprise d’accueil, ceux qui maîtrisent les codes comportementaux, mais aussi ceux qui ont la bonne couleur de peau ! L’instauration de modules différenciés en Terminale bac pro (l’un pour la poursuite en post-bac, l’autre organisé autour de la recherche d’emploi) équivaut à une forme de tri social.

Promotion du modèle entrepreneurial et de l’esprit d’entreprise : objectif affiché « d’apprendre à entreprendre », développement des mini-entreprises, renforcement des liens école-entreprise, stages obligatoires en entreprise pour les enseignants, oral en classe de 3ème à l’issue du stage obligatoire avec un jury comportant « des représentants du monde économique ». De plus, la refonte des programmes des enseignements généraux se ferait dans le sens d’une vision utilitariste de l’enseignement, en reléguant au second plan les finalités culturelles et civiques.

Promotion du modèle managérial et gestionnaire : évaluation de l’efficacité des formations, « démarche qualité », systématisation de la démarche de projet, développement des projets professionnels personnalisés, profilage des postes de chefs d’établissements.

Promotion de l’apprentissage et de la mixité des parcours et des publics : il s’agit avant tout d’un choix idéologique visant à casser le service public, à inculquer les valeurs entrepreneuriales et à renforcer la mainmise du patronat sur la formation professionnelle. Présenter cette voie comme celle de l’excellence en dit long sur les reculs sociaux et idéologiques que subit notre société. La mixité des parcours et des publics, couplée avec le suivi personnalisé des élèves, alourdirait à coup sûr le travail des PLP et menacerait leur statut.

Pour la voie professionnelle, la CGT éduc’action de l’académie de Rouen revendique :

- Un véritable service public et laïc de la voie professionnelle : des programmes, des diplômes, des horaires hebdomadaires définis nationalement et égalitaires pour les élèves et les personnels. La laïcité doit s’appliquer, au sens de la séparation de l’État et des « partenaires économiques ».

- De bonnes conditions d’enseignement et de travail avec des maximas de 20 élèves par classe (15 en éducation prioritaire), de très nombreux dédoublements et le respect de la liberté pédagogique.

- Un statut PLP maintenu et renforcé : non à l’annualisation du temps de service.

- Un lycée professionnel qui émancipe : culture technique et culture générale doivent permettre à nos jeunes de bien s’insérer professionnellement et d’exercer pleinement leur citoyenneté.


Documents joints

PDF - 297.4 ko
PDF - 297.4 ko

Agenda

<<

2018

 

<<

Avril

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2627282930311
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30123456
Aucun évènement à venir les 3 prochains mois

Sites favoris


1 site référencé dans ce secteur

Brèves

La pédagogie Nutella ou le collège 2016... vu à la TV !

lundi 20 avril 2015

La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

Pour rassurer tout le monde, la télévision publique nous montre à quoi ressemblera le collège 2016, dans deux reportages successifs. En effet, le collège réformé s’inspire de dispositifs innovants qui existent déjà dans quelques établissements expérimentaux.

Alors savourons cet avant-goût du collège nouveau...

Lire la suite sur le site La Vie Moderne

Chatel : « Certaines mesures vont dans le bon sens »

lundi 20 avril 2015

C’est le spécialiste des réformes destructrices Chatel qui ont mis à mal le lycée général et liquidé la voie STI qui nous le dit.
On constate facilement où Vallaud-Belkacem trouve son inspiration !

« Que les conservateurs tombent les masques ! »

lundi 20 avril 2015

Voici le titre de l’interview de Vallaud-Belkacem au très réactionnaire journal Le Point.
Notre seule réponse à NVB : « Que les néo-libéraux tombent également le masque ! »

4 pages spécial Retraités de la FERC

samedi 31 août 2013

Au sommaire : Conférence de l’UFR... les retraités à l’offensive ! - Quelle UFR, quelle structure ? - Place des retraités dans la CGT - Continuité syndicale et renforcement - Impressions croisées
Télécharger le 4 pages

Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
Lire la suite

Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2

mercredi 26 juin 2013

Mardi 18 juin, dans le 20h de France 2, après les 9 min inaugurales sur les inondations en France, et parmi les quelques miettes distribuées aux autres sujets (3 min sur le mouvement social au Brésil, 2 sur l’accueil des touristes à Paris), on retiendra un reportage d’anthologie, intitulé (sur le site de France 2) « Éducation : du coaching en ZEP » : 4 min 20 consacrées à l’intervention d’une cadre dirigeante dans un collège de « ZEP », pour appliquer, selon ses propres dires, les « méthodes d’entreprise » à l’école. 4 min 20 pour un « gros plan » qui « traite » un sujet sans (se) poser la moindre question, sans rien en dire sinon célébrer les vertus d’une initiative qui, avec d’autres, relève d’un entrisme entrepreneurial dans l’institution scolaire, du reste fort à la mode. Une initiative présentée sans contrepoint ni distance : un tel éloge relève-t-il encore de l’information ?
Lire la suite sur le site d’ACRIMED