Déclaration de la CGT éduc’action au CTA du 27 Mars

mercredi 28 mars 2018
par  Luc De Chivré
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M. le Recteur,
Nous avons été très surpris de découvrir que les chiffres de suppressions-créations d’ETP donnés par les services académiques étaient très en dessous de la réalité présentée en groupe de travail, et il est difficile de croire à une simple « erreur » de terme ou de présentation quand ce phénomène se vérifie dans plusieurs domaines. Pour les lycées généraux et technologiques 78 ETP sont supprimés alors qu’en janvier on nous présentait une suppression déjà inadmissible de 62 ETP. En LP, au lieu des 21 créations de postes, ce sera 2 suppressions. Pour les collèges de Seine-Maritime, alors que nous nous attendions à 8 suppressions, ce sera finalement 34 ! Nous estimions déjà injustifiées les 77 suppressions dans le second degré annoncées en janvier, et très insuffisantes les 63 créations pour le 1° degré au vu du nombre de classes à dédoubler. Nous nous demandons maintenant si le rectorat ne cherche pas à rendre au ministère plus d’ETP que prévu, à moins que ces heures postes « disparues » ne réapparaissent au cours de ce CTA !
La première conséquence du choix politique de l’austérité fait par le gouvernement Philippe-Macron est la casse des services publics qui touche aussi l’éducation. Comment croire un gouvernement qui annonce la priorité à l’éducation et fait payer le prix fort aux écoles notamment rurales, à tout le second degré et aux personnels administratifs, une promesse de dédoubler les CP et CE1 qu’il n’arrive pas à tenir faute d’une volonté réelle de mettre les moyens ? Mais c’est toute la fonction publique qui est touchée avec des conséquences directes : des services indispensables pour la population qui se dégradent d’année en année en raison des suppressions de postes, des conditions de travail de plus en plus dures, un salaire gelé voire en baisse lorsque la hausse de la CSG ne sera plus compensée, des acquis remis en cause avec la réapparition du délai de carence, des statuts menacés, des missions bradées au privé. Comme si cela ne suffisait pas, l’Exécutif va encore plus loin dans la casse des services publics et de la Fonction publique : recours massif aux contractuels, plan de départ volontaire, rémunération au mérite, suppression des CHSCT. Pourtant, au regard des seuls 10 milliards de cadeaux faits aux familles les plus riches et aux entreprises, cette politique d’austérité est une profonde injustice !
Dans tout ce flot de suppressions de postes, le Ministère pensait sans doute ne pas émouvoir grand-monde en prévoyant 200 suppressions d’emplois administratifs. Nous pensons au contraire que les missions de ces personnels sont indispensables et qu’il est inadmissible que leurs conditions de travail se trouvent encore dégradées. Dans l’académie, 10 postes seront supprimés (5 dans les services administratifs, et 5 dans les établissements). Cela s’ajoute aux 5 suppressions des deux dernières années. Notre académie serait surdotée. Eh bien nous demandons, comme nous l’avions fait l’an dernier, à ce que les cadres du Ministère viennent sur place constater la charge de travail importante de tous les personnels administratifs, en passant par Evreux et le Val de Reuil pour se rendre compte que le travail des personnels administratifs des collèges qui accueilleront a bien été alourdi puisque le Rectorat profite de la fermeture des collège Néruda et Mendes France pour supprimer bel et bien les 5 postes d’administratifs.
Concernant la voie professionnelle scolaire, le rapport Calvez-Marcon ne doit tromper personne : son intitulé, « viser l’excellence », relève du cynisme, tant le contenu du rapport semble en décalage avec l’objectif affiché. Pour les PLP, il faudrait plutôt traduire par casse du service public de l’enseignement professionnel. En effet, les auteurs préconisent une remise en cause du service public et laïc de l’enseignement professionnel : le patronat, pardon ! les « partenaires » du monde professionnel selon la périphrase de rigueur, en sortent grands gagnants avec le développement de l’apprentissage et de la mixité des publics et des parcours, la refonte des programmes et des référentiels sous leur contrôle, le développement des campus des métiers et des qualifications, entre autres. Les diplômes nationaux sont directement menacés : diminution des spécialités professionnelles et regroupement par filières en classe de seconde bac pro ; conventions tripartites élèves/familles/lycées pour adapter les modalités et la durée des CAP ; possibilité d’adapter localement les contenus, la durée et les modalités d’une formation ; évaluation par blocs de compétences ; disparition en l’état du diplôme intermédiaire. Mais on y trouve également la même idéologie managériale à l’oeuvre dans l’ensemble du monde du travail et de plus en plus dans l’éducation - évaluation de l’efficacité des formations, « démarche qualité », systématisation de la démarche de projet - ainsi que la promotion de l’esprit d’entreprise avec l’objectif affiché « d’apprendre à entreprendre », le développement des mini-entreprises, le renforcement des liens école-entreprise ou la refonte des enseignements généraux dans un sens utilitariste. Cette emprise croissante du management, cette dictature du changement perpétuel, est une imposture qui, sous couvert d’épanouissement des salariés, de réalisation de soi, de savoir-être, vise en réalité à déposséder les travailleurs de leurs savoirs et de toute forme de pouvoir dans l’entreprise et dans les services publics. L’offensive idéologique sur les vertus supposées des valeurs entrepreneuriales constitue un grave recul pour nos élèves.
Nous tenons aussi à rappeler notre opposition à la réforme du lycée et du bac, et à toute sélection à l’entrée de l’université. Chaque jeune doit pouvoir accéder à des études supérieures de son choix, et des moyens en terme d’emplois et de locaux doivent être débloqués pour y parvenir et le bac doit avoir un véritable caractère national que le renforcement du contrôle continu va fortement affaiblir pour aboutir à un bac maison et différemment reconnu selon chaque lycée. De plus l’instauration d’un tronc commun et la suppression des filières va permettre de supprimer de nombreux postes en obligeant les lycéens à faire très tôt des choix déterminants pour répondre aux attendus très sélectifs que ne manqueront pas d’imposer les universités.
Enfin, nous terminerons en apportant notre soutien aux cheminots qui sont engagés depuis le 22 mars dans un conflit avec le gouvernement. Le gouvernement s’en prend aux acquis sociaux des salariés, et aux droits des usagers à avoir accès au service public de transport ferroviaire. Le gouvernement a pris seul la responsabilité d’engager le bras de fer, et bien plus que notre soutien symbolique, nous ferons en sorte que les salariés de l’Eucation Nationale s’engagent eux aussi dès avril dans une puissante mobilisation des salariés du public et du privé, pour défendre leurs revendications et mettre un coup d’arrêt à la politique dévastatrice d’Emmanuel Macron.



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Brèves

RESF : une bonne nouvelle qui se concrétise enfin !

mardi 12 juin

Mme Erdene, dont les enfants sont scolarisés au lycée de Déville-lès-Rouen et dans des écoles de Maromme, a reçu enfin son titre de séjour ; celui de son mari attend à la Préfecture, sauf imprévu.
Les bonnes nouvelles sur ce front sont si rares qu’il fallait en parler d’autant plus que pour d’autres familles, l’étau se resserre.
Mme Balogun - originaire du Nigéria et qui a une enfant scolarisée au collège de Maromme - s’est vu confirmer son OQTF par le Tribunal Administratif et France Terre d’Asile cherche à récupérer leur logement CADA en essayant de les en expulser.
La CGT Educ’action revendique la régularisation des lycéens majeurs et des parents d’élèves sans papiers.

Fusion des académies : où en est on ?

mardi 12 juin

En janvier, Mr le Recteur des académies de Rouen et de Caen nous assurait que la fusion des deux académies n’était pas décidée et qu’elle dépendrait de l’évaluation qui serait rendue fin mars, début avril. Il était malgré tout resté bien silencieux lorsque nous lui avions dit qu’il était impossible d’évaluer un processus de fusion en 5 mois (l’expérimentation a officiellement début en novembre), et notamment les conséquences sur les conditions de travail des personnels et les conditions d’enseignement, et que nous étions convaincus que cette évaluation serait bidon et que la fusion était déjà actée officieusement. Depuis, aucune nouvelle de cette évaluation, ni de la décision du Ministère qui devait tomber à la suite de l’évaluation. Mais cela n’est pas vraiment plus rassurant. Les organisations syndicales et les personnels avaient déjà été mis devant le fait accompli en septembre en apprenant seulement à la rentrée qu’une expérimentation était menée sur les académies de Rouen et de Caen. Et le Ministère ne compte pas lâcher de sitôt son projet de fusionner des académies qui sera une véritable manne pour supprimer des postes d’administratifs en fusionnant des services et des formations.

Université : Blanquer manipule les chiffres !

mardi 12 juin

Pour justifier la sélection à l’entrée de l’université, Jean-Michel Blanquer affirme que seuls 40% des étudiants en L1 sont en L2 l’année suivante, sous entendant bien sûr que tous les jeunes ne peuvent pas réussir et qu’il faut en tenir compte. Si ce chiffre est exact, c’est oublier que beaucoup réussissent en redoublant, en se réorientant ou en obtenant un concours et qu’au final 80% des étudiants sortent de l’enseignement supérieur avec un diplôme, malgré des conditions d’étude déplorables dans de nombreuses filières.

Grève de la faim au centre hospitalier du Rouvray !

mardi 22 mai

Communiqué de presse des Grévistes de la faim
Résumé de la journée du jeudi 31mai. J10
Cette journée a été ouverte par de nouveaux témoignages culturels de soutien important ! Ensuite, s’est déroulée une Assemblée Générale où plus de 300 personnes sont venues soutenir le mouvement. A 15h, une centaine de salariés du Centre Hospitalier du Rouvray (Hôpital Psychiatrique Rouen, Normandie 76) ont investi les locaux de l’administration abandonnés et délaissés sur instruction de la direction.
Pendant que le personnel soignant assure la continuité des soins ! Toujours les mêmes qui bossent !
Cette action s’est déroulée de façon organisée et pacifique pour réclamer notamment 52 postes paramédicaux supplémentaires. Nous ne voulons que prendre en charge correctement la souffrance psychique de nos concitoyens ! Cette nuit, nos 7 collègues grévistes de la faim sont accompagnés par 52 professionnels du CHR. Il faut au moins ça, puisqu’après 10 jours de grève de la faim l’indifférence continue ! Pour seule réponse, toujours du mépris !
Et maintenant ? Action !

  • Aujourd’hui, Vendredi 01 juin à 14h15 : Assemblée Générale.
  • Samedi 02 juin à 14h00, Rassemblement de soutien sur le parvis de l’administration. NOUS VOUS ATTENDONS EN NOMBRE !
  • Samedi 02 juin à 17h30 une Tribune offerte par le maire de SER, à l’occasion de la journée festive nommée « AIRE DE FÊTE ». L’administration a été prise, maintenant à nous de l’occuper, vous êtes les bienvenus ! Apportez votre soutien financier Signez la pétition
Sur le Web : Télécharger le tract

VIDEO : CE QUE LES MEDIAS NE DISENT PAS SUR LA SNCF !

lundi 16 avril

A voir absolument l’excellente vidéo du Fil d’actu CE QUE LES MEDIAS NE DISENT PAS SUR LA SNCF !

Moins de fonctionnaires et un statut attaqué :

vendredi 26 mai 2017

120 000 fonctionnaires en moins mais un service public renforcé. Comme depuis 10 ans, le but est donc de faire mieux avec moins, ce qui impliquera, dans les faits, une baisse des services rendus aux usagers et une détérioration des conditions de travail des personnels. Pour cela, la recette managériale habituelle : autonomie des chef-fes de services, individualisation des carrières et des salaires. Bref, la concurrence entre les personnels et la division

CEPIC, AVEC LA CGT, ILS et ELLES ONT GAGNÉ !

mardi 18 avril 2017

Au bout de 2 semaines de grève totale et de blocage du site, les salariés de CEPIC ont arraché vendredi 14 avril un très bon accord :

  • une augmentation de salaire avec un talon de 30 €
  • une prime exceptionnelle équivalent à un mois de salaire
  • une prime de chiffre d’affaires mensuelle

De fait, ces mesures salariales amènent les salariés de CEPIC au niveau des minima conventionnels, que l’employeur refuse depuis des années. La grève menée par les militants CGT de CEPIC, épaulés par la présence permanente de l’UL Sotteville St Etienne a rassemblé du premier au dernier jour 90 % des salariés.
L’UD 76 et la fédération Chimie ont organisé la solidarité sur le piquet : des dizaines de syndicats cgt sont venus régulièrement soutenir. La victoire des CEPIC, après la victoire des Legrand est une victoire pour toute la CGT. C’est la victoire de l’unité et de la solidarité.

Lutte gagnante : victoire pour les travailleurs sans papiers du Marché de Rungis

mercredi 12 avril 2017

Après trois semaines de grève et d’occupation de la Tour Semmaris, les pressions sur les entreprises pour l’établissement des CERFA, les parties (Préfecture, Min de Rungis, CGT) se sont mis d’accord sur les points suivants :

  • établissement par les services préfectoraux de récépissés avec autorisation de travail pour l’ensemble des grévistes ;
  • dépôt des dossiers des 128 travailleurs sans papiers en préfecture du Val-de-Marne.

En conséquence, l’occupation de la Tour Semmaris a pris fin dimanche 9 avril 2017.

Cette victoire est incontestablement à mettre au crédit de la lutte, de la détermination des travailleurs sans papiers, des militants de la CGT et des nombreux et divers soutiens qui auront pu s’exprimer.

On bosse ici, on vit ici, on reste ici !

Montreuil, le 10 avril 2017