Parcoursup : l’arbitraire généralisé !

Lettre ouverte d’une commission d’examen des voeux de Lyon 1,aux membres de la CFVU et aux membres des commissions d’examen des voeux
mercredi 9 mai 2018
par  Luc De Chivré
popularité : 2%

Dès la semaine dernière, le constat a été fait par un certain nombre de membres des commissions d’examen des voeux que malgré de nombreuses heures de travail, ils et elles se trouvaient dans l’incapacité de classer les candidat.es.
Au-delà du fait que le classement ordonné associé à une capacité d’accueil soit une brèche ouverte vers la sélection à l’entrée de l’Université, les causes techniques qui rendent le classement impossible sont également nombreuses et l’on peut notamment évoquer :
Le manque de données fournies par ces candidat.es en fonction de leur filière d’origine. Par exemple, quelle pondération donnée à une note en biologie si tou.te.s les candidat.es n’ont pas suivi une filière intégrant la biologie en terminale ? L’outil d’aide au classement apparaît comme inadapté pour traiter l’ensemble des données et aboutir à un classement cohérent et équitable. Une absence d’égalité de traitement entre des dossiers en fonction des « bacs » d’origine apparaît comme une évidence une fois que le travail entre dans le concret. Cette égalité de traitement est rendue impossible par des données qui ne sont pas comparables.
Par ailleurs, il apparaît très rapidement qu’un très grand nombre de dossiers sont tout à fait équivalents ce qui rend difficile, voire impossible, de discriminer et de classer finement les dossiers. Le travail d’attribution de points et classement au millième aboutirait in-fine à un classement arbitraire de dossiers de qualité quasi-équivalente et surtout il ne garantirait en rien la sélection des meilleurs dossiers tant la corrélation entre les notes de ces candidat.es et leur réussite ultérieure est aléatoire. Si la corrélation entre réussite et notes du secondaire est forte pour les deux extrémités du classement, elle est en revanche très faible au centre de la distribution, là même où le nombre de dossiers d’une valeur équivalent est justement très grand.(voir Pierre Merle, 2017).
L’autre remarque faite par la majorité des membres des commissions est le fait que la lecture des projets de formation motivés et des CV est impossible à réaliser, mais qu’elle est également vaine. Quelles indications peuvent en effet donner 20 lignes d’une lettre de motivation écrite par « on ne sait qui » et qui peut vérifier les éléments de CV ?
Par ailleurs, l’intégration des étudiant.es en réorientation dans Parcoursup occasionnera des listes d’attentes considérables. Nombreux/ses sont les étudiant.es qui se sont en effet inscrit.es sur Parcoursup au cas où ils/elles ne pourraient poursuivre leur cursus actuel (IUT, PACES…) et qui ne se désinscriront pas lorsqu’ils/elles seront finalement accepté.es en deuxième année. Apparaîtra alors une longue liste d’étudiant.es fantômes en septembre …moment où il sera trop tard pour faire remonter d’autres étudiant.es.
Enfin, les moyens pour mettre en oeuvre les « oui si » ne sont toujours pas connus et semblent de toute évidence insuffisants au regard des investissements annoncés nationalement. Comment pourrons-nous donc les mettre en oeuvre ? Et si nous ne les mettons pas en oeuvre, à quoi bon classer et travailler au repérage des étudiant.es qui auraient besoin d’un parcours adapté ?
Finalement, utiliser l’outil c’est reproduire les mêmes effets que le tirage au sort en le généralisant aux filières qui ne seraient pas en tension. De plus, au final, le classement rendu sera modifié par le rectorat sur la base de quotas non communiqués à ce jour (boursiers et extérieurs). A quoi sert donc de classer ?
Face à ces difficultés, dont la liste n’est pas exhaustive, une alternative se dessine. Devant l’incapacité à traiter les dossiers équitablement, et au-delà de notre refus de voir se généraliser la sélection, nous invitons les membres des commissions d’examens des voeux :

  • soit à ne pas utiliser l’outil, ne rien rendre, et bloquer le système pour alerter sur son absurdité
  • soit à adopter le classement ex æquo pour tous et toutes les candidat.es et répondre OUI à tou.te.s dès la première publication des résultats, seule façon d’avoir une vision juste des effectifs souhaitant effectivement rejoindre nos formations et pouvoir ensuite régler les situations là où se situeront EFFECTIVEMENT (et non par supposition) les sureffectifs. Cette solution a par ailleurs le mérite de ne pas laisser dans des situations de stress inacceptables les milliers de candidat.es du milieu du classement qui risquent de se retrouver en attente partout à partir du 22 mai.

Agenda

<<

2018

 

<<

Septembre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
272829303112
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
Aucun évènement à venir les 3 prochains mois

Sites favoris


1 site référencé dans ce secteur

Brèves

La pédagogie Nutella ou le collège 2016... vu à la TV !

lundi 20 avril 2015

La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

Pour rassurer tout le monde, la télévision publique nous montre à quoi ressemblera le collège 2016, dans deux reportages successifs. En effet, le collège réformé s’inspire de dispositifs innovants qui existent déjà dans quelques établissements expérimentaux.

Alors savourons cet avant-goût du collège nouveau...

Lire la suite sur le site La Vie Moderne

Chatel : « Certaines mesures vont dans le bon sens »

lundi 20 avril 2015

C’est le spécialiste des réformes destructrices Chatel qui ont mis à mal le lycée général et liquidé la voie STI qui nous le dit.
On constate facilement où Vallaud-Belkacem trouve son inspiration !

« Que les conservateurs tombent les masques ! »

lundi 20 avril 2015

Voici le titre de l’interview de Vallaud-Belkacem au très réactionnaire journal Le Point.
Notre seule réponse à NVB : « Que les néo-libéraux tombent également le masque ! »

4 pages spécial Retraités de la FERC

samedi 31 août 2013

Au sommaire : Conférence de l’UFR... les retraités à l’offensive ! - Quelle UFR, quelle structure ? - Place des retraités dans la CGT - Continuité syndicale et renforcement - Impressions croisées
Télécharger le 4 pages

Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
Lire la suite

Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2

mercredi 26 juin 2013

Mardi 18 juin, dans le 20h de France 2, après les 9 min inaugurales sur les inondations en France, et parmi les quelques miettes distribuées aux autres sujets (3 min sur le mouvement social au Brésil, 2 sur l’accueil des touristes à Paris), on retiendra un reportage d’anthologie, intitulé (sur le site de France 2) « Éducation : du coaching en ZEP » : 4 min 20 consacrées à l’intervention d’une cadre dirigeante dans un collège de « ZEP », pour appliquer, selon ses propres dires, les « méthodes d’entreprise » à l’école. 4 min 20 pour un « gros plan » qui « traite » un sujet sans (se) poser la moindre question, sans rien en dire sinon célébrer les vertus d’une initiative qui, avec d’autres, relève d’un entrisme entrepreneurial dans l’institution scolaire, du reste fort à la mode. Une initiative présentée sans contrepoint ni distance : un tel éloge relève-t-il encore de l’information ?
Lire la suite sur le site d’ACRIMED