Tract académique intersyndical contre la casse de la voie professionnelle

jeudi 17 mai 2018
par  Stéphane Legardinier
popularité : 3%

Les sections syndicales CGT Educ’action – SNETAA-FO – SNUEP-FSU – SUD Education de l’académie de Rouen, après avoir pris connaissance des rapports Brunet (réforme de l’apprentissage) et Marcon-Calvez (réforme des lycées professionnels), alertent les PLP de l’académie sur les contenus et orientations de ces deux rapports qui s’inscrivent dans le cadre général de la réforme de la formation professionnelle conduite par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Ils ouvrent la voie à la destruction des lycées professionnels, à la casse du statut des PLP et à la fin des diplômes nationaux reconnus dans les conventions collectives (CAP, BEP et BAC PRO). Sitôt la publication du dernier rapport, dans une tribune commune, les secrétaires généraux du SNETAA-FO, CGT Educ’action, SNUEP FSU, SUD Education, SNALC, SNEP-FSU, SNLC-FAEN, SNETAP FSU, CGT Agri ont condamné le rapport Marcon-Calvez sur la voie professionnelle : « Les propositions faites dans le rapport visent essentiellement à disqualifier la voie professionnelle scolaire pour mieux servir les intérêts des organisations patronales dans leur volonté de faire main basse sur l’enseignement professionnel au sein de l’Ecole. (…) Les rapporteurs préconisent de remplacer les diplômes par des blocs de compétences. Cette évolution est dangereuse car elle remet en cause une qualification solide au profit d’une simple employabilité immédiate et d’une précarisation accrue.  »

Les pistes dévoilées par le gouvernement dans ces deux rapports

VERS L’OBLIGATION D’APPRENTISSAGE DANS TOUS LES LP ?
Le développement de l’apprentissage s’impose comme un dogme au point de faire croire qu’il résoudra les difficultés du chômage des jeunes dont les LP seraient rendus responsables. Les rapports incitent au développement des sections d’apprentissage dans les LP et de la mixité des publics et des parcours. Nous nous opposons à ces facteurs de désorganisation et de baisse graduelle de la qualité des diplômes préparés.

VERS LA SECONDE INDIFFÉRENCIÉE ?
Les élèves qui sont orientés vers les LP ont souvent été en rejet des pratiques du système scolaire telles qu’ils les ont vécues au collège. Choisir l’enseignement professionnel plutôt que les voies générale ou technologique, c’est justement recevoir un enseignement différent. Différer l’orientation en fin de seconde voire en fin de première aurait pour conséquence de dévaloriser fortement nos enseignements et la valeur du diplôme professionnel au sein de l’École. Nous revendiquons le maintien de la seconde professionnelle.

VERS LA SUPPRESSION DES DIPLÔMES ?
L’idée de la suppression du diplôme apparaît à la page 64 du rapport Calvez-Marcon. Nous rappelons que le diplôme national est reconnu dans les conventions collectives ; il détermine le niveau de rémunération des salariés. Nous réaffirmons que le diplôme national doit rester l’objectif d’une certification par l’École. Les blocs de compétences ne répondront pas à cette exigence sauf à considérer que l’École n’attribue que des bouts de diplôme, sans valeur sur le marché du travail. Nos diplômes nationaux doivent conserver leur caractère national ; le tout-CCF doit être abandonné.

VERS LA DISPARITION DU DIPLÔME INTERMÉDIAIRE ?
Nous revendiquons le maintien du diplôme intermédiaire, même si nous reconnaissons que les modalités de sa délivrance doivent être allégées. Il est primordial pour les jeunes, notamment ceux qui décrochent. C’est un marqueur clair de la voie professionnelle : seuls les lycées professionnels attribuent ce diplôme de niveau V (CAP ou BEP). Défendre le diplôme intermédiaire, c’est s’opposer à la seconde indifférenciée et au Bac Pro en 2 ans, c’est défendre les postes et l’intérêt de nos élèves.

VERS LA FIN DU STATUT DES PLP ?
Après la loi Peillon, les ordonnances Macron, le développement des Campus des métiers, ces deux rapports combinés à l’offensive en cours contre le statut des cheminots et la décision de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires donnent une idée des desseins du gouvernement sur le sujet. Le projet de loi de réforme de la formation professionnelle est actuellement discuté au niveau des parlementaires.
Alors que les Cheminots se battent pour la défense de leur statut et du système ferroviaire public, défendons nous aussi notre statut, nos postes, nos formations, nos diplômes et un service public de qualité pour les élèves et leurs familles. C’est pourquoi nous invitons, dans tous les LP et SEP de l’académie, à la tenue d’assemblées générales ou d’heures d’information syndicale unitaires pour alerter sur le contenu de cette contre-réforme, à prendre position et préparer la mobilisation. Ensemble, exigeons l’abandon des rapports Brunet et Marcon-Calvez !
Faisons entendre nos revendications dans le cadre de la journée de grève unitaire du 22 mai !

Manifestations du 22 mai : Rouen : 10h00 cours Clémenceau
Le Havre : 10h00 Hôtel de Ville
Dieppe : 10h30 gare SNCF
Evreux : 14h00 gare SNCF


Documents joints

PDF - 334 ko
PDF - 334 ko

Agenda

<<

2018

 

<<

Octobre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930311234
Aucun évènement à venir les 3 prochains mois

Sites favoris


1 site référencé dans ce secteur

Brèves

La pédagogie Nutella ou le collège 2016... vu à la TV !

lundi 20 avril 2015

La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

Pour rassurer tout le monde, la télévision publique nous montre à quoi ressemblera le collège 2016, dans deux reportages successifs. En effet, le collège réformé s’inspire de dispositifs innovants qui existent déjà dans quelques établissements expérimentaux.

Alors savourons cet avant-goût du collège nouveau...

Lire la suite sur le site La Vie Moderne

Chatel : « Certaines mesures vont dans le bon sens »

lundi 20 avril 2015

C’est le spécialiste des réformes destructrices Chatel qui ont mis à mal le lycée général et liquidé la voie STI qui nous le dit.
On constate facilement où Vallaud-Belkacem trouve son inspiration !

« Que les conservateurs tombent les masques ! »

lundi 20 avril 2015

Voici le titre de l’interview de Vallaud-Belkacem au très réactionnaire journal Le Point.
Notre seule réponse à NVB : « Que les néo-libéraux tombent également le masque ! »

4 pages spécial Retraités de la FERC

samedi 31 août 2013

Au sommaire : Conférence de l’UFR... les retraités à l’offensive ! - Quelle UFR, quelle structure ? - Place des retraités dans la CGT - Continuité syndicale et renforcement - Impressions croisées
Télécharger le 4 pages

Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
Lire la suite

Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2

mercredi 26 juin 2013

Mardi 18 juin, dans le 20h de France 2, après les 9 min inaugurales sur les inondations en France, et parmi les quelques miettes distribuées aux autres sujets (3 min sur le mouvement social au Brésil, 2 sur l’accueil des touristes à Paris), on retiendra un reportage d’anthologie, intitulé (sur le site de France 2) « Éducation : du coaching en ZEP » : 4 min 20 consacrées à l’intervention d’une cadre dirigeante dans un collège de « ZEP », pour appliquer, selon ses propres dires, les « méthodes d’entreprise » à l’école. 4 min 20 pour un « gros plan » qui « traite » un sujet sans (se) poser la moindre question, sans rien en dire sinon célébrer les vertus d’une initiative qui, avec d’autres, relève d’un entrisme entrepreneurial dans l’institution scolaire, du reste fort à la mode. Une initiative présentée sans contrepoint ni distance : un tel éloge relève-t-il encore de l’information ?
Lire la suite sur le site d’ACRIMED