Victoire des grévistes au CH du Rouvray.

mardi 12 juin 2018
par  Luc De Chivré
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Vendredi 8 juin, vers 14h45 les grévistes réunis en AG avec l’intersyndicale et les grévistes de la faim sont sortis en criant victoire. Ils venaient de voter à l’unanimité pour signer le protocole de fin de grève : 30 créations de postes ont été arrachées, ainsi qu’une unité pour adolescents et une UHSA (unité pour les détenus) et la mise en stage des personnels en CDD. Les premiers mots des personnels ont été pour les grévistes de la faim. Chacun de leur nom a été appelé et applaudi. Ils ont brandi leur petite bouteille de nutriments protéinés. Puis un agent gréviste a rendu hommage à tous les secteurs en lutte qui les ont soutenus et en premier les cheminots : « Tous ensemble, on a passé un sacré message avec les autres secteurs en lutte », « On n’oublie pas que d’autres secteurs sont toujours en lutte », « Hôpitaux, cheminots même combat ! », « On va mettre tout de suite une banderole de soutien aux cheminots à l’entrée de l’HP ». Une femme de gréviste de la faim déclare, à l’annonce de la grève de l’hôpital Janet au Havre, qu’elle sera à la manif au Havre mardi 12.
Un mouvement de lutte inédit au Centre Hospitalier du Rouvray.
Les agents de l’hôpital étaient en grève depuis le 22 mars pour dénoncer la sur-occupation chronique de l’hôpital, le manque de personnels, les conditions de travail dégradées et les conditions d’accueil déplorables des patients. Ils revendiquaient la création immédiate de 52 postes pour améliorer leur accueil et leur prise en charge. Un audit (indépendant et coûteux) effectué l’année dernière conseillait quant à lui la création de 56 postes …
Devant l’absence de réponses de la direction de l’hôpital et de l’Agence Régionale de Santé, 5 agents s’étaient mis en grève de la faim le 22 mai ; puis deux autres les avaient rejoints. Depuis, trois d’entre eux s’étaient vu contraints d’arrêter leur grève de la faim. Ils étaient soutenus par une intersyndicale solide (CGT, CFTC, CFDT, SUD) et le Comité de grève des salariés du CH du Rouvray. Ils se réunissaient en Assemblée Générale tous les jours à 14h.
Un comité de soutien s’était rapidement constitué et des syndicats d’autres secteurs professionnels (dont le nôtre, dans la mesure de ses moyens) participaient à la popularisation du mouvement et aux actions votées en AG. Tous les jours à 18h, une AG ouverte aux soutiens était organisée devant le bâtiment de l’administration de l’hôpital qui avait été occupée pendant deux jours. Quant à la direction, elle avait déserté les lieux.
Les médias locaux avaient rapidement rendu compte de la grève. En revanche, il a fallu attendre presque 2 semaines de grève de la faim pour enfin briser le mur du silence médiatique au niveau national.
La mobilisation sort de l’hôpital.
Lundi 4 juin, une marche était organisée à Rouen : un cortège d’environ 1 000 personnes, très dynamique, avec des hospitaliers issus de plusieurs établissements de l’agglomération de Rouen et du Havre, des associations d’usagers, des soutiens interprofessionnels (cheminots, éducation, Renault) et des organisations politiques.
Jeudi 7 juin, 440 personnes sont parties à 6h45 de la gare de Sotteville pour bloquer le boulevard industriel à la CARSAT puis le pont Mathilde. Gigantesque bordel à Rouen. Il y avait beaucoup de cheminots et d’hospitaliers du Rouvray, des syndicalistes (de Renault Cléon ou nous, entre autres) et de nombreuses personnes du comité de soutien. Puis le cortège est allé à l’Agence Régionale de Santé.
Négociations les 7 et 8 juin.
La Directrice de l’ARS, Mme Gardel a d’abord proposé un rendez-vous à la préfecture, puis au Centre Hospitalier du Rouvray, à condition qu’il n’y ait aucune violence à son égard. Elle y a été accueillie dans un silence glacial. Les négociations ont abouti au résultat que vous connaissez.
Une lutte unitaire contre l’austérité qui maltraite et qui tue.
Il aura fallu deux mois et demi de grève pour que ceux qui parlent de « progrès médicaux », d’« innovations dans les organisations de soins », et d’ « améliorations de la qualité » se décident enfin à parler aux grévistes.
Ils (le ministère de la Santé et l’ARS) mettent l’hôpital en danger - et nous avec. Au Rouvray, des salariés ont mis leur santé en jeu pour se faire entendre. Ailleurs en France, des personnels hospitaliers, écoeurés et épuisés, se sont donné la mort. Faute de personnels suffisant, des patients sont mal soignés ou meurent sur un brancard. L’austérité tue. Et pourtant, le gouvernement prévoit la suppression de 32 000 lits supplémentaires.
Il y a sans doute un exemple à suivre dans cette grève au CH du Rouvray : elle a été unitaire, soutenue par les syndicats et un comité de grève, des actions déterminées ont été menées avec des soutiens interprofessionnels (dont beaucoup de cheminots). C’est cette convergence qu’il faut chercher à généraliser pour mettre enfin un coup d’arrêt au dynamitage de nos services publics. Comme l’a dit un des grévistes après l’annonce de la fin de la grève : « Il faut se souvenir de tout ça car il faudra recommencer ».



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Brèves

Motion de soutien aux salariés de la Chapelle d’Arblay

mercredi 18 septembre

Les camarades de la CGT Educ’action Haute-Normandie réunis en Assemblée générale de rentrée le 16 septembre 2019 à Maromme expriment leur soutien aux salariés de la Chapelle Darblay, menacés de licenciement.
Dans le secteur privé, les fermetures de site et les plans de licenciement se multiplient. Dans les services publics, ce sont les suppressions de postes massives et la dégradation des conditions de travail.
De plus, la réforme des retraites est une attaque contre l’ensemble des salariés.

  • Zéro licenciement !
  • Non à la fermeture des sites !
  • Non à la casse des services publics !
  • Non à la réforme des retraites ! Luttons tous ensemble !

Motion adoptée à l’unanimité par l’AG des syndiqué-e-s CGT éduc’action Rouen

Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

vendredi 13 septembre

La lettre de cadrage pour la fusion des académies de Caen et Rouen certifiait que la gestion des personnels enseignants ne serait pas impacté jusqu’en 2022 (Mais en 2018 on nous jurait que la fusion n’était pas encore décidée). A en croire M. le Ministre, jusqu’à cette ce cas de figure n’existera pas. Mais après 2022 ça devient tout à fait possible pour les personnels du second degré. Le Rectorat a tout intérêt à ce que la souplesse et la mobilité des personnels soient maximales. Et avec l’affaiblissement du rôle des CAPA il sera encore plus compliqué d’influer sur les choix des services académiques, sans oublier que pour les contractuels ce « contrôle » est inexistant.

Une fusion des académies pour fermer des sections !

vendredi 13 septembre

Le Rectorat et la Région Normandie lancent la réflexion pour une nouvelle carte de formation à la rentrée de septembre 2020. Ca ne sent pas bon du tout ! L’académie et la région de Normandie auront, si nous ne faisons pas reculer le Ministère, le même périmètre au 1° janvier. Les filières de formation, frontalières pour le moment, ou seulement identiques, seront à la prochaine rentrée dans la même académie. Ce sera une très bonne excuse pour fusionner et fermer par ci par là et pour récupérer les postes.

Mac Do Neufchâtel en Bray veut licencier une militante syndicale CGT !

vendredi 6 juillet 2018

Suite à un entretien disciplinaire une syndiquée CGT depuis un mois au McDonald’s de Neufchatel en Bray a été mise à pieds à titre conservatoire avant que ne soit décidé un licenciement. Les vrais motifs de cette mise à pied : la distribution de tracts dans les restaurants de cette franchise (Dieppe, Yvetot et Neufchâtel en bray) mentionnant les acquis obtenus au restaurant d’Elbeuf (13e mois, prime trimestrielles, congés enfants malades, arbre de Noël ...), et la crainte que les salariés reprennent eux aussi ces revendications !
Rassemblement Dimanche 8 juillet 18h45 devant le Mac Donald de Neufchâtel en Bray.

Grève à l’hôpital psychiatrique Janet au Havre !

mercredi 20 juin 2018

A l’image des salariés de l’hôpital psychiatrique du Rouvray, les personnels grévistes de l’hôpital psychiatrique Janet du Havre ne lâchent pas le morceau. Ils exigent la venue de Mme Gardel, directrice de l’Agence régionale de santé, l’ouverture d’une nouvelle unité pour que les patients ne soient plus dans des lits supplémentaires avec la création de 50 postes pluridisciplinaires pour la faire fonctionner, la stagiarisation de tous les contractuels-les, l’arrêt de la polyvalence, l’embauche de médecins psychiatres titulaires. Rendez vous jeudi 21 à 8h45 à l’hôpital Flaubert pour une haie de déshonneur pour les administrateurs de l’hôpital, et le samedi 23 à 17h45 sur le parvis du printemps.
Soutenez les revendications en écrivant à Mme Gardel

RESF : une bonne nouvelle qui se concrétise enfin !

mardi 12 juin 2018

Mme Erdene, dont les enfants sont scolarisés au lycée de Déville-lès-Rouen et dans des écoles de Maromme, a reçu enfin son titre de séjour ; celui de son mari attend à la Préfecture, sauf imprévu.
Les bonnes nouvelles sur ce front sont si rares qu’il fallait en parler d’autant plus que pour d’autres familles, l’étau se resserre.
Mme Balogun - originaire du Nigéria et qui a une enfant scolarisée au collège de Maromme - s’est vu confirmer son OQTF par le Tribunal Administratif et France Terre d’Asile cherche à récupérer leur logement CADA en essayant de les en expulser.
La CGT Educ’action revendique la régularisation des lycéens majeurs et des parents d’élèves sans papiers.