Les PLP répliquent au ministre : LE LYCEE PROFESSIONNEL N’EST PAS UNE POUBELLE !

mardi 2 octobre 2018
par  Stéphane Legardinier
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TRACT LYCEE PRO - GREVE DU 9 OCTOBRE en pièce jointe

Grève du 27 septembre : un début de mobilisation très encourageant
2000 manifestant.e.s à Paris, 150 à Rouen, des rassemblements, des actions, des AG partout dans les académies : le bilan du 27 septembre est positif et montre à l’évidence que la réforme de la voie professionnelle passe mal. Le taux de grévistes était très bon dans plusieurs LP de l’académie (Barentin, Vernon, Fécamp…). Les heures d’info syndicales de septembre ont connu une affluence supérieure à la normale et majoritairement, même les collègues qui n’ont pas pu ou voulu se mettre en grève sont inquiets. La mobilisation ne fait que commencer !

Une réforme avant tout comptable
Faire baisser les horaires élèves et professeurs et supprimer des milliers de postes dans les LP, c’est à l’évidence la clé de la réforme (voir verso). Le reste n’est que du maquillage pédagogique et managérial pour faire avaler la pilule. JM Blanquer annonçait il y a peu 2600 suppressions de postes dans le secondaire et logiquement, il devrait encore sabrer dans les postes de LP. Et ce sera encore une fois les jeunes, particulièrement ceux/celles des classes populaires, qui trinqueront.

Une réforme au détriment des élèves et de nos conditions de travail
Les PLP et leurs élèves vont subir une nouvelle vague de dérégulation, de bricolage, de bidouillage avec la réforme. L’accompagnement personnalisé est inefficace ? Le ministre veut l’augmenter fortement (multiplié par 6 en CAP, d’un tiers en bac pro). Pas le temps de finir les programmes ? Tant pis, les horaires disciplinaires fondent, surtout en enseignement général. Les classes à 30 ou plus ? On instaure des heures de cointervention à la place des matières de base et sans temps de concertation. La réforme du bac pro en 3 ans avait déjà divisé les équipes en instaurant la concurrence entre disciplines et collègues ? Ce sera encore pire avec la réforme pour obtenir les heures d’AP, de cointervention, de groupe afin d’éviter que les postes sautent dans telle discipline plutôt que telle autre.

Le 9 octobre et après, généralisons la grève et les actions dans les LP
Attendre les DHG en janvier pour découvrir les dégâts et se bouger ? Cela risque à l’évidence d’être bien trop tardif pour imposer des reculs au ministre. C’est maintenant qu’il faut battre le fer tant qu’il est chaud : les textes passent devant le Conseil Supérieur de l’Education le 10 octobre. La lutte, c’est dépassé ? Pour mémoire, l’une des dernières victoires collectives du monde enseignant est à mettre au crédit des PLP qui avaient gagné en 2000, grâce à la force collective et à la grève reconductible pendant plusieurs semaines.
En plus de la grève, de nombreuses possibilités d’actions existent, comme celles qui ont émergé lors des AG de PLP : réunions publiques, communication à destination des parents, boycotts divers, motions au CA, utilisation des réseaux sociaux, etc. La CGT encourage ces initiatives qui permettent prises de conscience et participation plus large. Et les journées de grève peuvent être mises à profit pour dégager du temps afin d’organiser ces actions. Mais seule la lutte paye !

PLP, tous en grève le 9 octobre
Manifestations avec cortèges Lycées pro
Rouen 13h30, Le Havre 10h, Evreux 10h30

Vers un bac pro en deux ans
Avant 2009, il fallait 4 ans pour obtenir un bac pro. Le projet ministériel veut mettre en place une seconde de détermination avec trois familles de métiers dès 2019 (exemple : métiers de la gestion administrative, du transport, de la logistique et de la sécurité) mais avant une généralisation progressive à toutes les spécialités. De quoi dé-professionnaliser encore plus nos diplômes et dégrader la qualité de nos enseignements : c’est ça « viser l’excellence » d’après le ministre ? La majorité de nos élèves n’obtiendront pas de diplôme du supérieur et il faut donc leur garantir un enseignement solide et donner du temps aux élèves pour apprendre un vrai métier.

Lycée Pro versus apprentissage ?
En prévoyant de créer des UFA (Unités de Formation par Apprentissage) dans chaque LP/SEP, en mixant les publics apprentis/élèves/adultes, en développer les aides en faveur de l’apprentissage et en même temps en réduisant la taxe d’apprentissage pour les LP, le ministère met en concurrence les différentes voies de formation afin d’enfoncer un nouveau coin dans le service public et laïc de l’enseignement professionnel. Tant pis si l’apprentissage est discriminatoire, sélectif et précaire pour les jeunes (taux de ruptures de contrats très élevé, conditions de travail…), le retour en arrière est en marche !

Bac pro GA, plan social annoncé
Bien que lié de manière indirecte à la réforme, 1500 suppressions de postes sont annoncées par le ministère pour les collègues de Gestion-Administration ! Beaucoup de nos collègues de GA sont en souffrance et ne savent pas à quelle sauce ils vont se faire manger dans les mois et années qui viennent. Se résigner ? Hors de question, il va falloir se battre pour les postes et pour nos élèves.

Réduction des horaires = baisse du niveau à prévoir
Les grilles horaires communiquées seulement le 24 septembre confirment malheureusement nos analyses. En Bac Pro, comparativement aux deux grilles actuelles, la différence se chiffre à – 296 heures (-3,5 heures/hebdo). En CAP : comparativement aux trois grilles actuelles, entre – 310 et – 250,5 heures sur les deux ans.
La part des nouveaux dispositifs (co-intervention, AP, chef d’oeuvre) dans le volume horaire global est énorme : 28% en CAP, 20% en Bac Pro. La co-intervention porte une vision purement utilitariste des enseignements généraux.
Les volumes dédiés aux enseignements disciplinaires dans ces nouvelles grilles baissent fortement. En CAP, ils sont divisés par deux ou plus en lettres-histoire, en maths-sciences et en arts appliqués. En Bac Pro, la baisse se chiffre à - 113 heures en lettres-histoire (soit -1,3h/hebdo), - 77,5 heures en LV2 (soit -0,92h/hebdo, donc un enseignement de la LV2 quasiment réduit à 1h/hebdo), - 112 heures en mathématiques (comparativement à la grille 1 actuelle, soit -1,3h/hebdo).
Et les matières professionnelles ne sont pas épargnées par la réforme. Le dispositif « chef d’oeuvre » qui est pluridisciplinaire ainsi que la co-intervention réduisent le volume disciplinaire.

La CGT Educ’Action revendique :

  • Un plan d’urgence pour la voie pro  : des moyens (seuil maximal de 20 élèves par classe en Bac pro et 12 en CAP), des grilles horaires hebdomadaires, des dédoublements en nombre suffisant, des volumes horaires d’enseignements disciplinaires qui permettent l’insertion professionnelle et les poursuites d’études avec de vrais diplômes nationaux.
  • L’éducation prioritaire pour les LP, c’est pour quand ? Les lycées pro concentrent les difficultés sociales et scolaires mais sont pourtant aujourd’hui exclus des dis-positifs REP/REP+. La CGT Éduc’action défend l’extension des dispositifs d’éducation prioritaire à tous les lycées. Pour une vraie éducation prioritaire, il faut des seuils d’élèves par classe, une décharge de service plutôt qu’une pondération, et l’extension de la prime à tous les personnels intervenant dans les établissements.
  • Défense et amélioration du statut des PLP Ni annualisation du temps de service ni modification du calendrier scolaire. Égalité de traitement avec les enseignant·es des voies générale et techno du lycée : application de la pondération. Les PLP sont des profs de lycée à part entière !

L’INTÉRÊT DE LA VOIE PRO ET DES PLP, LA CGT !


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Brèves

La pédagogie Nutella ou le collège 2016... vu à la TV !

lundi 20 avril 2015

La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

Pour rassurer tout le monde, la télévision publique nous montre à quoi ressemblera le collège 2016, dans deux reportages successifs. En effet, le collège réformé s’inspire de dispositifs innovants qui existent déjà dans quelques établissements expérimentaux.

Alors savourons cet avant-goût du collège nouveau...

Lire la suite sur le site La Vie Moderne

Chatel : « Certaines mesures vont dans le bon sens »

lundi 20 avril 2015

C’est le spécialiste des réformes destructrices Chatel qui ont mis à mal le lycée général et liquidé la voie STI qui nous le dit.
On constate facilement où Vallaud-Belkacem trouve son inspiration !

« Que les conservateurs tombent les masques ! »

lundi 20 avril 2015

Voici le titre de l’interview de Vallaud-Belkacem au très réactionnaire journal Le Point.
Notre seule réponse à NVB : « Que les néo-libéraux tombent également le masque ! »

4 pages spécial Retraités de la FERC

samedi 31 août 2013

Au sommaire : Conférence de l’UFR... les retraités à l’offensive ! - Quelle UFR, quelle structure ? - Place des retraités dans la CGT - Continuité syndicale et renforcement - Impressions croisées
Télécharger le 4 pages

Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2

mercredi 26 juin 2013

Mardi 18 juin, dans le 20h de France 2, après les 9 min inaugurales sur les inondations en France, et parmi les quelques miettes distribuées aux autres sujets (3 min sur le mouvement social au Brésil, 2 sur l’accueil des touristes à Paris), on retiendra un reportage d’anthologie, intitulé (sur le site de France 2) « Éducation : du coaching en ZEP » : 4 min 20 consacrées à l’intervention d’une cadre dirigeante dans un collège de « ZEP », pour appliquer, selon ses propres dires, les « méthodes d’entreprise » à l’école. 4 min 20 pour un « gros plan » qui « traite » un sujet sans (se) poser la moindre question, sans rien en dire sinon célébrer les vertus d’une initiative qui, avec d’autres, relève d’un entrisme entrepreneurial dans l’institution scolaire, du reste fort à la mode. Une initiative présentée sans contrepoint ni distance : un tel éloge relève-t-il encore de l’information ?
Lire la suite sur le site d’ACRIMED