Violences scolaires : lettre ouverte des lycées du 93 au ministre Blanquer

lundi 22 octobre 2018
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A lire sur Mediapart, blog « les invités de Mediapart ».
Pour mémoire, trois droits d’alerte pour danger grave et imminent ont été déposés au cours des dernières années par notre organisation syndicale au CHSCT de Seine-Maritime : enseignant de l’EREA Dolto (Sotteville-lès-Rouen) ayant reçu des coups de pied dans les parties génitales en avril 2015 ; climat scolaire violent et agression physique sur un enseignant au lycée Lavoisier (Le Havre) en février 2016 ; agression sur un professeur contractuel et climat d’insécurité au lycée Les bruyères en décembre 2017. A chaque fois, le rectorat et l’inspection académique n’ont même pas daigné répondre à ces alertes. Alors, quand le ministre Blanquer déclare ce jour : « les enseignants doivent signaler les faits, ils auront le soutien de l’institution », on sait ce qu’il faut en penser ! A moins que la mobilisation collective des enseignants ne lui laisse pas d’autre choix que d’appliquer sa promesse...
#pas de vague

Des enseignants de lycées en Seine-Saint-Denis déplorent les conditions « déplorables » dans lesquelles leur rentrée se déroule entre sureffectifs et violences autour des établissements.

Monsieur le ministre,

Nous, enseignants de lycées du 93, sommes dans l’incompréhension depuis ce début d’année scolaire.

Nous avons alerté le rectorat et la région Ile-de-France sur les conditions déplorables dans lesquelles notre rentrée se déroule. Nous avons fait plusieurs journées de grève, nous nous sommes exprimés dans la presse, nous avons envoyé des courriers aux différentes instances responsables, nos élèves se sont mobilisés ainsi que leurs parents. Vous vous félicitez pourtant que cette rentrée soit « réussie techniquement » dans votre audition à l’Assemblée Nationale le 3 octobre.

Ne nous avez-vous pas lus, entendus, compris ? Croyez-vous qu’avec le temps nous allons nous habituer ? Les différents témoignages de nos lycées décrivent des établissements en sureffectifs (les classes à 35 deviennent la règle), des personnels enseignants, CPE, AED en nombre très insuffisant et de graves problèmes de violence que la nomination de proviseurs-adjoints gendarmes ne saurait enrayer. Certains d’entre nous occupent des locaux vétustes. Et lorsque la rénovation est mise en œuvre, elle se fait en dépit du bon sens, sacrifiant les conditions de travail d’enseignants et élèves pour plusieurs années. Pensez-vous qu’il ne vous appartient pas de veiller à des conditions d’apprentissage décentes ? N’est-il pas de votre responsabilité de demander à la région de respecter les conditions de travail et d’assurer la sécurité des lycéens de Seine-Saint-Denis ?

Nos salles des profs sont peuplées d’enseignants passionnés, enthousiastes, qui aiment leur métier. Si nous avons décidé de nous mettre en grève durant ce premier mois de cours, c’est parce que nous nous sentions méprisés et instrumentalisés pour gérer une situation dont nous n’étions pas responsables, et nous l’avons dit. Nous sommes aussi très inquiets pour l’avenir. Tandis que nos lycées vacillent, vous annoncez des réductions de postes ; tandis que nos élèves sont toujours plus nombreux, vous prévoyez moins de personnel et une charge de travail toujours plus lourde. Nous n’en serons pas les seules victimes, les élèves et leurs familles le seront aussi. On nous a déjà retiré le statut de zone d’éducation prioritaire qui nous garantissait des moyens spécifiques et tellement nécessaires pour assurer l’encadrement des élèves. Les lycées sont dangereusement appauvris alors que rien dans leur nature n’a changé.

Car oui, l’enseignement en banlieue demande un investissement particulier, de l’énergie, c’est un métier parfois éprouvant mais, si nous sommes dans nos lycées, c’est par choix, parce que nous voulons y être. Nos équipes se forment et s’enracinent dans cette passion commune. Mais notre vocation tiendra-t-elle face à l’épuisement et à l’indifférence ? Pensez-vous que nous saurons être aussi proches de nos élèves, les aider et veiller à leur réussite comme nous le faisons si nous sommes toujours moins nombreux ? Il nous faut aussi et en toute urgence des moyens adaptés à nos lycées, à leur environnement, au taux de natalité de nos départements. Nous n’avions pas le statut d’éducation prioritaire par hasard.

Monsieur le ministre, nous n’avons pas confiance en cette « école de la confiance » que nous voyons se profiler. Notre situation est difficile, ne la rendez pas intenable avec une réforme précipitée. Ne dénaturez pas notre mission avec des modèles inspirés de l’entreprise. N’essayez pas d’introduire une logique de signalement pour le moins ambiguë en guise de défense de la laïcité. Ne transformez pas le métier d’enseignant si passionnant et si humain en une tâche impersonnelle et mécanique au service du formatage des cerveaux plutôt qu’à l’émancipation des esprits. Ne mettez pas en danger le lien social tissé au lycée en rendant notre tâche impossible. Enfin, ne nous chassez pas de nos établissements.

Nous pensons à nos élèves ; pensez aux enseignants. Ignorer la situation de cette rentrée c’est ignorer ces lycées, ces élèves, leurs parents et leurs professeurs. Ironie des calendriers : une récente circulaire annonce la dématérialisation de nos bulletins de paye en ces termes : « La dématérialisation sera déployée progressivement entre le 1er septembre 2018 et la fin du 1er semestre 2019 pour les personnels de l’éducation nationale. Je vous informe que l’académie de Créteil est académie « pilote » à compter du 1er septembre 2018, pour ce déploiement. » Difficile de ne pas y voir une métaphore du traitement auquel nous sommes soumis depuis le 1er septembre. Nos lycées sont-ils pilote en termes de disparition ?

Nous, enseignants de Seine-Saint-Denis, exigeons pour nos élèves, nos concitoyens, l’égalité républicaine.

Monsieur le ministre, la réforme du lycée ne pourra se faire sereinement dans la situation où nous sommes déjà aujourd’hui et elle ne devra pas se faire au mépris de nos établissements.

Les personnels enseignants mobilisés des lycées

Jacques Feyder (Epinay-Sur-Seine) ;

Louise Michel (Bobigny) ;

Paul Eluard (Saint-Denis) ;

Jean Zay (Aulnay-sous-Bois) ;

W.A. Mozart (Le Blanc-Mesnil) ;

Maurice Utrillo (Stains).


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Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

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La lettre de cadrage pour la fusion des académies de Caen et Rouen certifiait que la gestion des personnels enseignants ne serait pas impacté jusqu’en 2022 (Mais en 2018 on nous jurait que la fusion n’était pas encore décidée). A en croire M. le Ministre, jusqu’à cette ce cas de figure n’existera pas. Mais après 2022 ça devient tout à fait possible pour les personnels du second degré. Le Rectorat a tout intérêt à ce que la souplesse et la mobilité des personnels soient maximales. Et avec l’affaiblissement du rôle des CAPA il sera encore plus compliqué d’influer sur les choix des services académiques, sans oublier que pour les contractuels ce « contrôle » est inexistant.

Une fusion des académies pour fermer des sections !

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Mac Do Neufchâtel en Bray veut licencier une militante syndicale CGT !

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Grève à l’hôpital psychiatrique Janet au Havre !

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Soutenez les revendications en écrivant à Mme Gardel

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La CGT Educ’action revendique la régularisation des lycéens majeurs et des parents d’élèves sans papiers.

Fusion des académies : où en est on ?

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