ÉDUCATION PRIORITAIRE : Carte gelée,.. Chronique d’une mort annoncée ?

dimanche 18 novembre 2018
par  François-Xavier Durand
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La carte de l’éducation prioritaire est gelée en attendant un nouveau rapport Mathiot sur « la territorialisation des politiques éducatives, sur les politiques dédiées à l’éducation prioritaire ainsi qu’au monde rural dans toute sa diversité »

Les lycées toujours exclus
Suite aux mobilisations des personnels concernés, avec la CGT Educ’action, le ministère avait prorogé le dispositif transitoire de sortie de l’éducation prioritaire, pour les bonifications mouvement et l’indemnité ZEP.
La ministre d’alors avait même annoncé un possible retour des lycées en éducation prioritaire au moment de la modification de la carte des REP à la rentrée 2019.
JM Blanquer, son successeur, repoussait toute discussion sur les lycées à l’élaboration de cette carte.
L’annonce du report de la nouvelle carte est donc un scandale puisqu’il maintient les lycées en dehors de l’éducation prioritaire.
Suite à la demande de la CGT Éduc’action, le ministère a assuré qu’il prorogerait d’un an les mesures de sortie des personnels des dispositifs ZEP. C’est insuffisant : la carte des établissements relevant de l’éducation prioritaire doit être définie sur des critères objectifs et transparents d’origine sociale et géographique des élèves et élargie, sur cette base, aux lycées, notamment professionnels.

La fin du « label » éducation prioritaire ?
L’annonce du ministre Blanquer de geler la carte de l’éducation prioritaire et la parution dans la foulée du rapport critique de la Cour des comptes préparent une transformation d’ampleur, quasi préméditée.
M. Blanquer s’oppose à la labellisation car selon lui « les fa-milles aisées mettent en œuvre des stratégies de fuite des établissements classés éducation prioritaire dont la réputation est jugée négative ». Le ministre fait-il semblant d’ignorer que, label ou non, tout le monde connait la réputation du collège ou de l’école du coin. De plus, l’abandon de la carte scolaire a déjà renforcé un marché scolaire qui met les établissements en concurrence. En bout de chaine, ce sont toujours les mêmes qui trinquent : les élèves de milieux populaires qui resteront dans ces établissements paupérisés et les personnels de ces établissements.
La disparition du « label » éducation prioritaire, articulée au projet de « territorialisation des politiques éducatives », ouvre la porte à toutes les interprétations locales, dans la plus grande opacité. La perte du cadre national laisse présager l’accentuation des inégalités éducatives entre régions (voir le modèle allemand).
M. Blanquer ne veut plus « opposer rural et urbain ». Dans ce cas-là, qu’il donne les moyens supplémentaires pour les zones rurales !

Indemnité REP+ sous condition...
Plus de 16 mois après la promesse de campagne d’E. Macron d’augmenter de 3000 euros la prime REP+, sa mise en œuvre a débuté en septembre. La philosophie de cette prime semble préfigurer les attaques du gouvernement sur la rémunération de la Fonction publique, basée sur la carrière et attachée au grade et au corps des personnels.
Toujours des exclusions : continueront à être exclu·es de cette prime les assistant·es d’éducation et les AESH.
Pour les autres, un fixe et une variable : le ministère compte verser 1000 euros nets pour l’année scolaire 2018-2019 à l’ensemble des personnels. 2 000 euros seraient débloqués entre 2019 et 2021 avec une partie fixe pour tou·tes et une partie correspondant à une « prime de valorisation collective », portant sur un projet d’école ou d’établissement, avec des objectifs à atteindre. Pour que la prime soit versée en intégralité, il faudrait qu’une instance valide le projet puis vérifie que les objectifs ont bien été atteints. Quelle instance ? Quelle serait la part variable de la prime ? Qui fixerait les objectifs et comment ? Seraient-ils qualitatifs ou quantitatifs ? Comment seraient-ils évalués ? Quid des personnels intégrant ou quittant l’école ou l’établissement dans ce laps de temps ou les personnels remplaçants ?
Ce projet confirme la vision de l’indemnité REP et REP+ du ministre, à savoir qu’elle n’est pas censée reconnaître la difficulté d’exercice dans ces réseaux mais qu’elle est une sorte de « récompense » d’un investissement qu’il imagine hypothétique.

La CGT Éduc’action refuse toute forme de prime différenciée mettant les personnels en concurrence.

En attendant, avec ce nouveau report, les clauses de sauvegarde seraient prorogées d’un an...

Une dégradation flagrante des conditions de travail en REP +
Sur le papier, les conditions de travail en collège REP + se sont améliorées  : la prime est alléchante et certains personnels bénéficient d’une pondération horaire de 1h30 (même si le ministre précise fréquemment qu’il ne s’agit pas là de reconnaitre la pénibilité, mais de « libérer les énergies »…). Sur le terrain, la réalité est toute autre…

La pondération ne se traduit pas en réduction du temps de travail pour les nombreux collègues qui doivent accepter 1h ou une 1h30 supplémentaire. Ils et elles doivent en revanche, comme tou·tes les autres, assister à de très nombreuses réunions, sur la pause méridienne et en fin de journée, dans un cadre imposé par l’administration. Réunions dont on peut penser qu’elles sont uniquement programmées pour satisfaire la demande institutionnelle et permettre aux coordonnateur·trices ou inspecteur·trices d’écrire des rapports d’activité. Les questions de fond, notamment sociales, y sont systématiquement contournées.

Dédoublement : pas si rose que cela. Si les conditions de travail et d’apprentissage sont meilleures dans les CP-CE1 dédoublés, celles des autres classes se sont largement dégradées car il a fallu se serrer dans les écoles concernées. Les postes ponctionnés dans les autres écoles pour construire ces dispositifs ont fait augmenter les effectifs par classe.

La CGT Éduc’action revendique :

  • le maintien d’une carte scolaire nationale, reposant sur des critères sociaux et géographiques clairs.
  • des moyens supplémentaires pour réduire réglementairement les effectifs en éducation priori-taire (15 élèves maximum/classe) et permettre de réels dédoublements, fléchés nationalement.
  • une éducation prioritaire qui va de la maternelle à la fin du lycée et donc le retour des lycées dans l’éducation prioritaire.
  • du temps de concertation intégré au temps de service entre pairs, au bénéfice de nos élèves.

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Brèves

Motion de soutien aux salariés de la Chapelle d’Arblay

mercredi 18 septembre

Les camarades de la CGT Educ’action Haute-Normandie réunis en Assemblée générale de rentrée le 16 septembre 2019 à Maromme expriment leur soutien aux salariés de la Chapelle Darblay, menacés de licenciement.
Dans le secteur privé, les fermetures de site et les plans de licenciement se multiplient. Dans les services publics, ce sont les suppressions de postes massives et la dégradation des conditions de travail.
De plus, la réforme des retraites est une attaque contre l’ensemble des salariés.

  • Zéro licenciement !
  • Non à la fermeture des sites !
  • Non à la casse des services publics !
  • Non à la réforme des retraites ! Luttons tous ensemble !

Motion adoptée à l’unanimité par l’AG des syndiqué-e-s CGT éduc’action Rouen

Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

vendredi 13 septembre

La lettre de cadrage pour la fusion des académies de Caen et Rouen certifiait que la gestion des personnels enseignants ne serait pas impacté jusqu’en 2022 (Mais en 2018 on nous jurait que la fusion n’était pas encore décidée). A en croire M. le Ministre, jusqu’à cette ce cas de figure n’existera pas. Mais après 2022 ça devient tout à fait possible pour les personnels du second degré. Le Rectorat a tout intérêt à ce que la souplesse et la mobilité des personnels soient maximales. Et avec l’affaiblissement du rôle des CAPA il sera encore plus compliqué d’influer sur les choix des services académiques, sans oublier que pour les contractuels ce « contrôle » est inexistant.

Une fusion des académies pour fermer des sections !

vendredi 13 septembre

Le Rectorat et la Région Normandie lancent la réflexion pour une nouvelle carte de formation à la rentrée de septembre 2020. Ca ne sent pas bon du tout ! L’académie et la région de Normandie auront, si nous ne faisons pas reculer le Ministère, le même périmètre au 1° janvier. Les filières de formation, frontalières pour le moment, ou seulement identiques, seront à la prochaine rentrée dans la même académie. Ce sera une très bonne excuse pour fusionner et fermer par ci par là et pour récupérer les postes.

Mac Do Neufchâtel en Bray veut licencier une militante syndicale CGT !

vendredi 6 juillet 2018

Suite à un entretien disciplinaire une syndiquée CGT depuis un mois au McDonald’s de Neufchatel en Bray a été mise à pieds à titre conservatoire avant que ne soit décidé un licenciement. Les vrais motifs de cette mise à pied : la distribution de tracts dans les restaurants de cette franchise (Dieppe, Yvetot et Neufchâtel en bray) mentionnant les acquis obtenus au restaurant d’Elbeuf (13e mois, prime trimestrielles, congés enfants malades, arbre de Noël ...), et la crainte que les salariés reprennent eux aussi ces revendications !
Rassemblement Dimanche 8 juillet 18h45 devant le Mac Donald de Neufchâtel en Bray.

Grève à l’hôpital psychiatrique Janet au Havre !

mercredi 20 juin 2018

A l’image des salariés de l’hôpital psychiatrique du Rouvray, les personnels grévistes de l’hôpital psychiatrique Janet du Havre ne lâchent pas le morceau. Ils exigent la venue de Mme Gardel, directrice de l’Agence régionale de santé, l’ouverture d’une nouvelle unité pour que les patients ne soient plus dans des lits supplémentaires avec la création de 50 postes pluridisciplinaires pour la faire fonctionner, la stagiarisation de tous les contractuels-les, l’arrêt de la polyvalence, l’embauche de médecins psychiatres titulaires. Rendez vous jeudi 21 à 8h45 à l’hôpital Flaubert pour une haie de déshonneur pour les administrateurs de l’hôpital, et le samedi 23 à 17h45 sur le parvis du printemps.
Soutenez les revendications en écrivant à Mme Gardel

RESF : une bonne nouvelle qui se concrétise enfin !

mardi 12 juin 2018

Mme Erdene, dont les enfants sont scolarisés au lycée de Déville-lès-Rouen et dans des écoles de Maromme, a reçu enfin son titre de séjour ; celui de son mari attend à la Préfecture, sauf imprévu.
Les bonnes nouvelles sur ce front sont si rares qu’il fallait en parler d’autant plus que pour d’autres familles, l’étau se resserre.
Mme Balogun - originaire du Nigéria et qui a une enfant scolarisée au collège de Maromme - s’est vu confirmer son OQTF par le Tribunal Administratif et France Terre d’Asile cherche à récupérer leur logement CADA en essayant de les en expulser.
La CGT Educ’action revendique la régularisation des lycéens majeurs et des parents d’élèves sans papiers.