CHSCT : illusions du dialogue social, nécessité des résistances collectives et individuelles

mercredi 27 février 2019
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Déclaration lue en séance du 26 février 2019

CHSCT, acte II. Puisque les résultats électoraux obtenus lors du scrutin de novembre-décembre 2018 ont permis à la CGT éduc’action de Seine-Maritime de conserver son siège au CHSCT, nous remercions tous ceux/celles qui ont fait confiance aux militant.e.s CGT et ont permis à notre organisation de continuer à militer pour défendre nos conditions de travail. Nous les remercions d’autant plus qu’il n’est pas évident de choisir un syndicat intercatégoriel, interprofessionnel, de tradition ouvrière et qui, comble de passéisme, inscrit son action dans le cadre de la lutte des classes. Nous répondrons simplement à nos détracteurs que ce n’est parce que la classe dominante et ses défenseurs s’emploient depuis fort longtemps à ringardiser cette description de la réalité que celle-ci n’existe pas.
Nous entamons donc un second mandat dans cette instance traitant de questions cruciales et qui en disent long sur ce qu’est en train de devenir l’Education nationale à l’époque du néolibéralisme autoritaire, incarné actuellement par Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer, parfaits représentants d’une classe de possédants prêts à tout pour défendre les intérêts matériels de leur classe sociale et faire taire les partisan.e.s d’une société authentiquement libre et égalitaire. Prêts surtout à affaiblir toujours plus l’éducation en lui retirant des moyens, se rendant ainsi responsables de la mise en place d’un système moins efficace et justifiant par ce biais les modifications structurelles de celles-ci, voire la disparition de ce service public. Les exemples sont nombreux dans ce domaine en France qu’il s’agisse de la fonction publique d’état, hospitalière ou territoriale. Tout concourt à inquiéter notre organisation syndicale et avec nous, tous ceux qui défendent le service public. Nous savons donc à quoi nous attendre dans ce contexte régressif en siégeant au CHSCT.
Nous savons également que malgré tous nos efforts, les CHSCT restent très mal connus de nos collègues de travail. Comment pourrait-il en être autrement quand le périmètre de cette instance couvre tout un département et environ 23 000 salarié.e.s ? Pour la CGT, il ne faut surtout pas supprimer les CHSCT comme le proposent Action publique 2022, le gouvernement et les adeptes de la régression sociale mais au contraire, créer de vrais CHSCT de proximité, par établissement scolaire dans le second degré et au minimum par circonscription dans le premier degré, et placés sous le contrôle des travailleur.ses de l’éducation.
Plus généralement, nous savons qu’il reste fort à faire pour faire connaître nos droits en matière de santé et pour utiliser les outils permettant de protéger ses conditions de travail : Documents Uniques d’Evaluation des Risques, registres de santé et de sécurité, droit de retrait, démarches pour faire reconnaître un accident du travail, etc. La connaissance de ces droits devrait être rendue obligatoire dans le cadre de la formation initiale des enseignant.e.s.
Nous sommes conscient.e.s enfin de l’adversité que nous aurons à affronter dans cette instance, laquelle ne se situe pas exclusivement dans le camp de l’Administration mais parfois aussi de la part de représentant.e.s syndicaux dits « réformistes » et prêt.e.s à toutes les compromissions pour faire exister leur boutique syndicale et leurs liens privilégiés avec la hiérarchie. Il faudra encore bagarrer, dès cette séance n’en doutons pas, ne serait-ce que pour faire appliquer la réglementation favorable aux salarié.e.s et faire jouer un rôle utile au CHSCT, comme celui consistant à communiquer tout au long de l’année les déclarations d’accident du travail, à procéder aux enquêtes en cas de danger grave et imminent et d’accident de travail ou à faire connaître les fiches consignées dans les registres Santé et Sécurité au Travail.

Malgré ces évidentes limites, nous pensons que le CHSCT constitue néanmoins un levier intéressant. Le CHSCT permet ainsi de mieux faire connaître la réalité du travail dans l’éducation nationale, qu’il s’agisse par exemple du management pratiqué par la hiérarchie (collège Branly, lycée les Bruyères, EREA Dolto…), de l’opacité en matière de pollution de l’air et des sols (établissements de Petit-Quevilly), des conditions parfois désastreuses de l’inclusion d’élèves en situation de handicap, de logiques de restructurations et d’économies d’échelle (école Molière au Havre), de réformes ministérielles imposées contre la volonté des travailleurs.ses et de leurs conséquences néfastes pour leurs conditions de travail. Ce rôle de lanceur.se d’alerte mérite aussi d’être mené : informer pour révolter, dirions-nous pour paraphraser Fernand Pelloutier.
Car rappelons-le, ce n’est pas dans le cadre de ces instances du prétendu « dialogue social » que les travailleurs.ses de l’éducation vont pouvoir vraiment améliorer leurs conditions de travail. Nous pensons au contraire que les salarié.e.s de l’éducation nationale doivent amplifier les actes de résistance, multiplier les luttes de terrain, se prendre en main, individuellement et collectivement, en lien avec l’ensemble du monde du travail, pour renverser le rapport de forces et espérer ainsi reconquérir davantage de bien-être au travail. Ne plus subir, ne plus se résigner et prendre les coups, mais s’organiser pour imposer le contrôle des travailleur.se.s de l’éducation sur une école qui donne les moyens à tous/tes de s’épanouir dans son travail, d’être en bonne santé et de s’émanciper.
En dépit de ces importantes réserves, nous avons bien l’intention d’exercer notre mandat en défendant tous.tes les salarié.e.s en souffrance, en informant régulièrement sur l’action et le fonctionnement de l’Administration, en rendant compte de notre action à l’égard des personnels et surtout en incitant nos collègues à se battre, collectivement et individuellement pour reconquérir le sens de leur métier et leur droit à travailler en bonne santé. Pour ne pas perdre sa vie à la gagner !


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Brèves

Justice - La taxe de 35 euros enfin supprimée

dimanche 4 août 2013

L’instauration d’un timbre fiscal de 35 €, décidée par le Gouvernement en 2011 et applicable depuis octobre 2011, pour toutes instances introduites devant les juridictions civiles, sociales, administratives et prud’homales, remet en cause l’accès au juge pour des milliers de salariés.

Comme nous l’avions prévu, cette taxe a entraîné une baisse conséquente des contentieux judiciaires, nombreux justiciables ayant renoncé à leur droit.

12 organisations, à l’initiative de la CGT se sont prononcées contre cette taxe. Après des mois de lutte nous avons enfin été entendus.

Christiane Taubira, Garde des sceaux, Ministre de la Justice, a annoncé, le 23 juillet 2013, la suppression, dans le projet de loi de finances pour 2014, de cette taxe.

Nous nous félicitons de cette décision obtenue grâce aux multiples manifestations dont une pétition nationale.

Montreuil, le 29 juillet 2013

Motion de la CGT Renault Cléon à propos de la défense des retraites

mardi 25 juin 2013

Texte de la motion votée à l’unanimité par la Commission exécutive du Syndicat CGT Renault Cléon à propos de la mobilisation contre la prochaine réforme des retraites.
Dès la fin septembre – début octobre, le gouvernement soumettra au parlement un projet de loi modifiant les conditions de départ à la retraite et abaissant le niveau des pensions des retraités, aggravant les effets de la réforme imposée par le gouvernement Sarkozy en 2010.
Ce qui laisse très peu de temps pour construire un rapport de force suffisant pour imposer l’abandon de ce projet de réforme.
Réuni en Commission exécutive, ce vendredi 21 juin, le syndicat CGT Renault Cléon appelle le bureau confédéral de la CGT :

  • à proposer dès le début juillet une première date de mobilisation nationale pour les premiers jours de septembre
  • à inscrire très clairement cette première date de mobilisation dans la perspective d’un blocage de l’économie, à la différence de la stratégie qui a conduit à l’échec de la mobilisation pour les retraites de 2010.

Voté à l’unanimité des 28 membres présents de la Commission exécutive

Projet de loi sur l’égalité femmes/hommes Pour la CGT le compte n’y est pas

mercredi 12 juin 2013

La Ministre des droits des femmes a présenté ce lundi en conseil supérieur pour l’égalité professionnelle le projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes. La CGT considère que ce projet de loi doit être un levier historique pour enfin atteindre l’égalité réelle entre les femmes et les hommes et sera particulièrement exigeante quant à son contenu.
Lire la suite du communiqué de la Confédératio}

Garantie Individuelle de Pouvoir d’Achat (GIPA) 2013

mercredi 8 mai 2013

Consultez, ci-contre, la fiche de calcul de la GIPA versée en 2013 réalisée par la CGT Fonction Publique. Cette fiche permet à tou
un chacun de savoir s’il a droit à la GIPA et, si oui, quel en sera le montant. La fiche permet aussi decalculer la perte réelle hors GVT (« glissement vieillesse-technicité ») subie par tout agent de la Fonction Publique.

Les inégalités se creusent entre retraités

mercredi 24 avril 2013

Le niveau de vie des seniors est proche de celui des actifs. Les pensions des jeunes retraités progressent plus vite. Les revenus du patrimoine accentuent les écarts.
Lire la suite sur le site des Echos

Notre fiche de paie finance la Protection Sociale

jeudi 12 juillet 2012

Sur mon salaire brut on me prélève différents pourcentages, à mon employeur aussi : C’est le financement de « Notre protection sociale ». Toutes ces cotisations assises sur mon salaire vont dans le « pot commun » et quand j’ai un problème, je bénéficie de droits. C’est le salaire Socialisé. Les cotisations permettent d’assurer la protection sociale de TOUS car nous sommes tous des assurés sociaux ! C’est la solidarité
Lire le tract de la CGT Organismes sociaux

L’enseignement agricole veut « crever l’abcès » de la précarité

mardi 3 juillet 2012

A la veille d’une rencontre avec le nouveau ministre de l’agriculture, six syndicats de l’enseignement agricole font démarche commune pour obtenir un plan de titularisation des contractuels correspondant aux besoins et sortir des agents de la grande pauvreté liée à des statuts parfois illégaux.
Lire la suite sur le Café pédagogique

NouveVidéo : M. et Mme Pognon ne payent pas beaucoup de taxe d’habitation.lle brève

jeudi 29 décembre 2011

Retrouver M. et Mme Pognon avec le paiement de leur taxe d’habitation. Comme toujours, ils trouvent cela bien trop cher, et pourtant...
Voir la vidéo sur le site de la CGT Finances