Non à la privatisation d’Aéroports de Paris.

mardi 3 septembre 2019
par  Luc De Chivré
popularité : 4%

Le référendum d’initiative partagée (RIP), c’est quoi ?
Pour la première fois depuis son entrée en vigueur en 2015, la procédure de référendum d’initiative partagée (RIP) a été lancée contre la privatisation d’ADP. La procédure est complexe.
En premier lieu, la proposition de loi référendaire visant à faire d’ADP un service public national a été signée par 248 parlementaires, de gauche comme de droite, sur les 185 nécessaires. Cette proposition de loi a ensuite été validée par le Conseil constitutionnel, contraignant ainsi le gouvernement à suspendre le projet de privatisation.
Est désormais ouverte une période de neuf mois (à partir du 15 juin), au cours de laquelle la proposition de loi doit recueillir le soutien de 10 % des électeurs inscrits, soit environ 4,7 millions de signatures. Il ne s’agit pas encore du référendum, qui ne se tiendra que si la proposition de loi recueille les soutiens nécessaires.
Il s’agit donc d’une étape cruciale pour la tenue du référendum, qui permet de démontrer que les citoyens souhaitent s’emparer de la question de la privatisation d’ADP et être entendus sur ce sujet.
Pourquoi il ne faut pas privatiser ADP ?
ADP est notre bien commun : avec 101 millions de voyageurs en 2017, ADP est la plus grande porte d’entrée du pays. C’est dire si l’enjeu du contrôle de cette structure est stratégique, tant sur le plan du développement économique et social de notre territoire, que sur celui de la sécurité des passagers.
ADP est une entreprise qui rapporte à l’Etat : du strict point de vue budgétaire, la décision de privatiser ADP est incompréhensible. Le groupe a généré 600 millions d’euros de bénéfices en 2018. ADP rapporte beaucoup d’argent à l’État. En bradant ADP, ce sont autant de milliards qui ne financent pas les services publics.
Le fond d’innovation prévu n’a aucun sens économique : le gouvernement dit vouloir investir dans le numérique, par le truchement d’un « fonds de l’innovation » financé en très grande partie par les recettes de la privatisation d’ADP. Mais ce fond pourrait être facilement garanti par ce que rapporte déjà ADP, et ce sur plusieurs années, sans avoir à se priver de recettes futures.
Le précédent de Toulouse-Blagnac : cette privatisation a été qualifiée « d’échec » par la Cour des comptes, qu’on peut difficilement soupçonner de partialité syndicale. Qu’ont fait les nouveaux investisseurs ? Ils ont fait ce que le capital sait faire le mieux : se servir. 100 % du bénéfice a été distribué en dividendes. Les nouveaux actionnaires se sont même servis dans les réserves de l’aéroport pour se rémunérer à hauteur de 16,5 millions d’euros. Ils envisagent désormais de revendre leurs parts, après une plus-value de 70 % en cinq ans. Pas mal.
Alors pourquoi privatiser ?
Depuis 1986, les gouvernements successifs ont privatisé plus d’une cinquantaine d’entreprises. A la clé pour les usagers, c’est la garantie d’une hausse des prix : en dix ans, le prix de l’électricité a progressé de 21 %, et celui du gaz de 66 %. Le prix des péages a quant à lui augmenté plus fortement que les autres prix, en moyenne 1,22 fois plus. « Et en même temps », les sociétés d’autoroutes ont supprimé des milliers d’emplois en automatisant les péages.

Comme leurs prédécesseurs, le président E. Macron et le Premier ministre E. Philippe ne sont guidés que par leur dogmatisme idéologique et la volonté de servir la soupe à leurs très riches amis. En 2005, par exemple, Dominique de Villepin a vendu les autoroutes pour 15 milliards seulement à Vinci, Eiffage et autres. Il a aussi effacé la dette de 20 milliards qui allait avec. Les heureux gagnants font aujourd’hui des bénéfices records. Ils ont remboursé le prix d’achat en moins de dix ans et l’Etat perd 2 milliards de recettes par an.
Avec la privatisation d’ADP, on ira encore plus loin : ce sera une concession de 70 ans et pas de 22 ans comme pour les autoroutes. 70 ans avec les mains libres pour décider de tout, sans se soucier des conditions de travail, de l’aménagement du territoire et des impératifs environnementaux.
Cerise sur le gâteau : l’Etat va investir 35 milliards pour construire le Grand Paris express qui desservira des terrains que possèdent ADP. La vie est belle quand même : l’Etat investit et le secteur privé engrange les bénéfices.

Pour éviter qu’ADP ne devienne un énième cadeau aux plus riches, il est urgent de se mobiliser pour que se tienne un référendum et éviter la privatisation.
Alors que la privatisation de la SNCF se concrétise avec des conséquences dramatiques pour les cheminots, que les services d’urgence sont en grève depuis le mois de mars, que des grèves nombreuses éclatent dans les hôpitaux psy et que l’éducation nationale a vécu des grèves jusque sur le temps des examens, que la loi de transformation publique a été votée en juillet et que celle sur les retraites assombrit l’horizon, fédérer l’ensemble des luttes devient une priorité.
La CGT, avec d’autres organisations syndicales, politiques, associatives, se sont lancées dans la campagne de recueil de signatures contre la privatisation d’ADP. A nous de le faire sur nos lieux de travail.
Nous sommes également conscients que cette campagne, aussi indispensable soit-elle, ne suffira pas à stopper le gouvernement dans son entreprise de dynamitage des services publics des garanties collectives et des retraites. Elle peut en revanche nous aider à construire la mobilisation puissante dont nous avons besoin pour enfin gagner sur nos revendications.

Comment et où voter ? Trois possibilités :
1 - sur le site internet accéder au site
2 - dans les points d’accès,
3 - en remplissant un formulaire papier, qui sera enregistré électroniquement par un agent de la commune (a minima dans la plus grande du canton). Lieux dans le décret. Pour télécharger le formulaire : https://www.formulaires.modernisation.gouv.fr/gf/cerfa_15264.do (le téléchargement s’effectuera automatiquement) ;
4 Quand voter ? À partir du 13 juin 2019 sur une période de neuf mois (12 mars 2020)


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Brèves

Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

vendredi 13 septembre

La lettre de cadrage pour la fusion des académies de Caen et Rouen certifiait que la gestion des personnels enseignants ne serait pas impacté jusqu’en 2022 (Mais en 2018 on nous jurait que la fusion n’était pas encore décidée). A en croire M. le Ministre, jusqu’à cette ce cas de figure n’existera pas. Mais après 2022 ça devient tout à fait possible pour les personnels du second degré. Le Rectorat a tout intérêt à ce que la souplesse et la mobilité des personnels soient maximales. Et avec l’affaiblissement du rôle des CAPA il sera encore plus compliqué d’influer sur les choix des services académiques, sans oublier que pour les contractuels ce « contrôle » est inexistant.

Une fusion des académies pour fermer des sections !

vendredi 13 septembre

Le Rectorat et la Région Normandie lancent la réflexion pour une nouvelle carte de formation à la rentrée de septembre 2020. Ca ne sent pas bon du tout ! L’académie et la région de Normandie auront, si nous ne faisons pas reculer le Ministère, le même périmètre au 1° janvier. Les filières de formation, frontalières pour le moment, ou seulement identiques, seront à la prochaine rentrée dans la même académie. Ce sera une très bonne excuse pour fusionner et fermer par ci par là et pour récupérer les postes.

Mac Do Neufchâtel en Bray veut licencier une militante syndicale CGT !

vendredi 6 juillet 2018

Suite à un entretien disciplinaire une syndiquée CGT depuis un mois au McDonald’s de Neufchatel en Bray a été mise à pieds à titre conservatoire avant que ne soit décidé un licenciement. Les vrais motifs de cette mise à pied : la distribution de tracts dans les restaurants de cette franchise (Dieppe, Yvetot et Neufchâtel en bray) mentionnant les acquis obtenus au restaurant d’Elbeuf (13e mois, prime trimestrielles, congés enfants malades, arbre de Noël ...), et la crainte que les salariés reprennent eux aussi ces revendications !
Rassemblement Dimanche 8 juillet 18h45 devant le Mac Donald de Neufchâtel en Bray.

Grève à l’hôpital psychiatrique Janet au Havre !

mercredi 20 juin 2018

A l’image des salariés de l’hôpital psychiatrique du Rouvray, les personnels grévistes de l’hôpital psychiatrique Janet du Havre ne lâchent pas le morceau. Ils exigent la venue de Mme Gardel, directrice de l’Agence régionale de santé, l’ouverture d’une nouvelle unité pour que les patients ne soient plus dans des lits supplémentaires avec la création de 50 postes pluridisciplinaires pour la faire fonctionner, la stagiarisation de tous les contractuels-les, l’arrêt de la polyvalence, l’embauche de médecins psychiatres titulaires. Rendez vous jeudi 21 à 8h45 à l’hôpital Flaubert pour une haie de déshonneur pour les administrateurs de l’hôpital, et le samedi 23 à 17h45 sur le parvis du printemps.
Soutenez les revendications en écrivant à Mme Gardel

RESF : une bonne nouvelle qui se concrétise enfin !

mardi 12 juin 2018

Mme Erdene, dont les enfants sont scolarisés au lycée de Déville-lès-Rouen et dans des écoles de Maromme, a reçu enfin son titre de séjour ; celui de son mari attend à la Préfecture, sauf imprévu.
Les bonnes nouvelles sur ce front sont si rares qu’il fallait en parler d’autant plus que pour d’autres familles, l’étau se resserre.
Mme Balogun - originaire du Nigéria et qui a une enfant scolarisée au collège de Maromme - s’est vu confirmer son OQTF par le Tribunal Administratif et France Terre d’Asile cherche à récupérer leur logement CADA en essayant de les en expulser.
La CGT Educ’action revendique la régularisation des lycéens majeurs et des parents d’élèves sans papiers.

Fusion des académies : où en est on ?

mardi 12 juin 2018

En janvier, Mr le Recteur des académies de Rouen et de Caen nous assurait que la fusion des deux académies n’était pas décidée et qu’elle dépendrait de l’évaluation qui serait rendue fin mars, début avril. Il était malgré tout resté bien silencieux lorsque nous lui avions dit qu’il était impossible d’évaluer un processus de fusion en 5 mois (l’expérimentation a officiellement début en novembre), et notamment les conséquences sur les conditions de travail des personnels et les conditions d’enseignement, et que nous étions convaincus que cette évaluation serait bidon et que la fusion était déjà actée officieusement. Depuis, aucune nouvelle de cette évaluation, ni de la décision du Ministère qui devait tomber à la suite de l’évaluation. Mais cela n’est pas vraiment plus rassurant. Les organisations syndicales et les personnels avaient déjà été mis devant le fait accompli en septembre en apprenant seulement à la rentrée qu’une expérimentation était menée sur les académies de Rouen et de Caen. Et le Ministère ne compte pas lâcher de sitôt son projet de fusionner des académies qui sera une véritable manne pour supprimer des postes d’administratifs en fusionnant des services et des formations.