Lubrizol : Plus qu’un exercice.. la réalité d’une journée d’une enseignante

vendredi 27 septembre 2019
par  Luc De Chivré
popularité : 4%

Jeudi 26 septembre, 6h du matin réveil en fanfare, France inter parle d’un incendie dans une usine de Rouen. Toute de suite je bascule sur France bleue Normandie, qui relate les événements, qui se déroulent à l’usine Lubrizol située au pied du pont Flaubert de Rouen.
Simultanément un collègue m’envoie une photo de l’incendie et nous commençons à échanger entre enseignants , ATSEM et AVS pour s’informer. Je me connecte également à ma messagerie professionnelle il n’y a aucune information. Vers 6h30 le préfet de Seine-Maritime annonce la fermeture des écoles et collèges de trois communes, puis en rajoutent d’autres un peu plus tard. Toujours aucune information officielle par mail. Nous continuons à échanger entre collègues pour savoir quoi faire : l’école est fermée sur décision du préfet (mais nous n’avons aucun ordre écrit et rien n’apparaît sur le site de la préfecture mis à part la zone de confinement de 500m autour de l’usine) mais comment les familles qui n’écoutent pas la radio et ne regardent pas la télévision le sauraient. Avec une collègue et la responsable du périscolaire nous décidons de nous rendre à l’école pour informer les familles de vive voix dès l’ouverture de la garderie (7 ou 8 se présenteront à l’école). À 7h30 n’ayant toujours aucune information, j’appelle mon IEN sur son portable, il n’a pas plus d’informations et tente de se rendre à la DSDEN, mais c’est extrêmement compliqué vu le nombre d’axes de circulation fermés.
À 7h45, enfin la sirène d’alerte de Rouen se déclenche mais on ne l’entend quasiment pas, et elle ne retentira qu’une fois.

Pendant ce temps, sur les réseaux sociaux, par messages... des copains enseignants s’interrogent aussi, notamment ceux de la rive gauche qui n’ont aucune consigne stricte du préfet. On sent que chacun réfléchit, veut respecter les ordres mais s’interroge sur le bien-être de tous et la sécurité à accueillir des élèves dans une telle situation. Ceux qui habitent loin de leurs écoles sont bloquées dans leurs voitures ou déviés, ceux dont les enfants n’ont pas école sont confinés chez eux.

Enfin, à 9h (la majorité des écoles de la région rouennaise ouvre entre 8h30 et 8h45), le rectorat envoie un SMS disant qu’il faut accueillir les familles qui se présenteraient à l’école, en totale contradiction avec la demande du préfet de limiter des déplacements non indispensables. 9h ! Bien Bien trop tard pour informer les enseignants qui s’interrogent depuis plus de deux heures sur la conduite à tenir. D’autant que dans beaucoup de cas, peu d’élèves sont venus, voire même repartis chez eux.

De nombreux enseignants pourraient écrire le même témoignage, la même attente pour recevoir des informations officielles de la part de la DSDEN. Depuis environ 15 ans, un exercice PPMS est organisé chaque année en octobre pour préparer les collectivités. À ce jour, les autorités académiques ne sont pas en mesure de répondre aux événements réels, qui le sont rendus d’autant plus dans notre département avec un nombre d’usines classées SEVESO assez important, avec deux grandes zones portuaires et industrielles.

Il faudra tirer le bilan organisationnel de cette catastrophe pour améliorer la communication envers les établissements scolaires et les familles. La disparition des CHSCT est vraiment déplorable car il aurait toute sa pertinence dans les enseignements à tirer de cet événement.



Agenda

<<

2019

 

<<

Octobre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
30123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031123
Aucun évènement à venir les 3 prochains mois

Sites favoris


7 sites référencés dans ce secteur

Brèves

Motion de soutien aux salariés de la Chapelle d’Arblay

mercredi 18 septembre

Les camarades de la CGT Educ’action Haute-Normandie réunis en Assemblée générale de rentrée le 16 septembre 2019 à Maromme expriment leur soutien aux salariés de la Chapelle Darblay, menacés de licenciement.
Dans le secteur privé, les fermetures de site et les plans de licenciement se multiplient. Dans les services publics, ce sont les suppressions de postes massives et la dégradation des conditions de travail.
De plus, la réforme des retraites est une attaque contre l’ensemble des salariés.

  • Zéro licenciement !
  • Non à la fermeture des sites !
  • Non à la casse des services publics !
  • Non à la réforme des retraites ! Luttons tous ensemble !

Motion adoptée à l’unanimité par l’AG des syndiqué-e-s CGT éduc’action Rouen

Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

vendredi 13 septembre

La lettre de cadrage pour la fusion des académies de Caen et Rouen certifiait que la gestion des personnels enseignants ne serait pas impacté jusqu’en 2022 (Mais en 2018 on nous jurait que la fusion n’était pas encore décidée). A en croire M. le Ministre, jusqu’à cette ce cas de figure n’existera pas. Mais après 2022 ça devient tout à fait possible pour les personnels du second degré. Le Rectorat a tout intérêt à ce que la souplesse et la mobilité des personnels soient maximales. Et avec l’affaiblissement du rôle des CAPA il sera encore plus compliqué d’influer sur les choix des services académiques, sans oublier que pour les contractuels ce « contrôle » est inexistant.

Une fusion des académies pour fermer des sections !

vendredi 13 septembre

Le Rectorat et la Région Normandie lancent la réflexion pour une nouvelle carte de formation à la rentrée de septembre 2020. Ca ne sent pas bon du tout ! L’académie et la région de Normandie auront, si nous ne faisons pas reculer le Ministère, le même périmètre au 1° janvier. Les filières de formation, frontalières pour le moment, ou seulement identiques, seront à la prochaine rentrée dans la même académie. Ce sera une très bonne excuse pour fusionner et fermer par ci par là et pour récupérer les postes.

Mac Do Neufchâtel en Bray veut licencier une militante syndicale CGT !

vendredi 6 juillet 2018

Suite à un entretien disciplinaire une syndiquée CGT depuis un mois au McDonald’s de Neufchatel en Bray a été mise à pieds à titre conservatoire avant que ne soit décidé un licenciement. Les vrais motifs de cette mise à pied : la distribution de tracts dans les restaurants de cette franchise (Dieppe, Yvetot et Neufchâtel en bray) mentionnant les acquis obtenus au restaurant d’Elbeuf (13e mois, prime trimestrielles, congés enfants malades, arbre de Noël ...), et la crainte que les salariés reprennent eux aussi ces revendications !
Rassemblement Dimanche 8 juillet 18h45 devant le Mac Donald de Neufchâtel en Bray.

Grève à l’hôpital psychiatrique Janet au Havre !

mercredi 20 juin 2018

A l’image des salariés de l’hôpital psychiatrique du Rouvray, les personnels grévistes de l’hôpital psychiatrique Janet du Havre ne lâchent pas le morceau. Ils exigent la venue de Mme Gardel, directrice de l’Agence régionale de santé, l’ouverture d’une nouvelle unité pour que les patients ne soient plus dans des lits supplémentaires avec la création de 50 postes pluridisciplinaires pour la faire fonctionner, la stagiarisation de tous les contractuels-les, l’arrêt de la polyvalence, l’embauche de médecins psychiatres titulaires. Rendez vous jeudi 21 à 8h45 à l’hôpital Flaubert pour une haie de déshonneur pour les administrateurs de l’hôpital, et le samedi 23 à 17h45 sur le parvis du printemps.
Soutenez les revendications en écrivant à Mme Gardel

RESF : une bonne nouvelle qui se concrétise enfin !

mardi 12 juin 2018

Mme Erdene, dont les enfants sont scolarisés au lycée de Déville-lès-Rouen et dans des écoles de Maromme, a reçu enfin son titre de séjour ; celui de son mari attend à la Préfecture, sauf imprévu.
Les bonnes nouvelles sur ce front sont si rares qu’il fallait en parler d’autant plus que pour d’autres familles, l’étau se resserre.
Mme Balogun - originaire du Nigéria et qui a une enfant scolarisée au collège de Maromme - s’est vu confirmer son OQTF par le Tribunal Administratif et France Terre d’Asile cherche à récupérer leur logement CADA en essayant de les en expulser.
La CGT Educ’action revendique la régularisation des lycéens majeurs et des parents d’élèves sans papiers.