Marseille : REPRESSION ANTI SYNDICALE : Un cas...d’école !

Soutien à Erwan Redon, professeur des écoles suspendu de ses fonctions : une journée de mobilisation avec préavis de grève est prévue le 12/01/07
mercredi 3 janvier 2007
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A l’heure où c’est le ministre lui- même qui dicte la méthode de lecture et la façon unique d’enseigner la grammaire, au moment où, dans le primaire, on remet sur le tapis le statut des directeurs d’école et, dans le secondaire, on installe les conseils pédagogiques qui limitent sévèrement la liberté des profs et où on met en place des hiérarchies intermédiaires (« profs ressources »), quoi de plus étonnant de voir sur le terrain une multiplication de conflits entre la hiérarchie et les personnels ? Notre camarade Erwan, professeur des écoles, vient d’en faire les frais : il a été suspendu sans motif du jour au lendemain et fait l’objet d’une procédure disciplinaire pour « insuffisance professionnelle ». Il risque, à terme un licenciement.

Tout commence par un refus d’inspection en 2005. C’est mal vu par la hiérarchie, évidemment, mais parfaitement légal. D’autant qu’à ce moment là, le collègue s’appuie sur une expérience en cours dans un département voisin où les modalités traditionnelles d’inspection sont mises en cause... par l’inspecteur d’académie lui- même !
Mais l’inspecteur local, lui, fait état de faute professionnelle dans son rapport. Dans l’impossibilité d’avancer des arguments pédagogiques, le rapport va donc mentionner des éléments à charge sur la base du témoignage...de la directrice de l’école : mise en danger des enfants (ils sont autorisés à retourner en classe pendant la récréation et jouent sur la cursive), accusation grave que contestera notre collègue. Puis l’inspecteur fait appel à ces souvenirs : le collègue chercherait à « mettre en difficulté les personnes et l’institution » ! En gros, Erwan complote contre la direction et organise des « réunions politiques » dans l’établissement (contre notamment la loi d’orientation, quelle audace !). Pour couronner le tout, Erwan est « perçu par ses collègues comme partisan d’une pédagogie permissive » (toujours selon la directrice).

Toutes les étapes suivantes de cette malheureuse affaire sont du même tonneau : 2 lettres de dénonciation de la directrice, une nouvelle inspection refusée qui se termine par un rapport incendiaire qui fait état de « connivence avec certains parents d’élèves pour organiser des manifestations qui nuisent à la sérénité de l’école », de manquements au devoir de réserve, on soupçonne même cet enseignant d’être un « fin stratège », on constate un non respect des règles de fonctionnement de l’institution et de l’école. L’inspection s’est déroulée en l’absence du maître et le rapport fait mention de « conclusions inquiétantes pour l’apprentissage des élèves ». Des problèmes de sécurité « sous d’autres formes » sont reprochés, les relations avec la hiérarchie « ne sont pas celles qu’on attend d’un fonctionnaire », le maître se sert de l’école pour « défendre des positions syndicales et politiques qui n’y ont pas leur place ». L’installation matérielle (qui n’avait suscité aucun commentaire négatif dans le rapport précédent) devient un dossier à charge : Tout y passe, même l’écriture du maître au tableau qui « n’est pas normée ». Un questionnaire sur le concept d’immigration amène l’inspecteur à s’interroger : « Quelle est la place des actions militantes de l’enseignant dans sa classe, lui qui tapisse de tracts les murs de la salle des maîtres ? » Enfin, tout en reconnaissant le caractère « de type Freinet » de la pédagogie, l’inspecteur déplore que l’écrasante majorité des activités se fassent sur des « fiches standardisées ». Les dossiers d’évaluation (remplis avec soin dans le précédent rapport) sont « très partiellement remplis » et d’usage « complexe », même les fautes d’orthographe ne sont pas toutes corrigées ! A cela s’ajoute une multitude de reproches techniques (classeurs, manuels, fiches etc.)
En conclusion, l’inspecteur estime que le maître doit « être rappelé fermement à l’ordre ». Erwan est informé qu’une procédure disciplinaire est en cours contre lui et qu’il lui est possible de consulter son dossier, accompagné s’il le souhaite, des défenseurs de son choix.

Les choses s’enveniment encore plus avec l’affaire de la classe de neige, projet mis en forme par Erwan avec ses élèves et les parents depuis la rentrée : l’IA émet un jugement défavorable car « les compétences pédagogiques du maître n’ont pas pu être évaluées dans le cadre d’une inspection ».
Les parents s’opposent à la décision de l’IA dans une lettre où ils affirment leur solidarité avec les choix pédagogiques d’Erwan, et leur refus de voir leurs enfants « pris en otage » et « pénalisés pour des querelles de clocher » . Pour concilier les choses et permettre aux enfants de partir en classe de neige, Erwan accepte (en accord avec les parents) une visite pédagogique de l’inspecteur dans sa classe qui, on pouvait s’y attendre, se passe mal : divers reproches sont adressés au maître, essentiellement sur certains textes libres d’élèves qui sont jugées inacceptables. L’inspecteur, très virulent, considère qu’il a assisté à « un mauvais centre aéré ». à un « désert cognitif et intellectuel » et maintient son avis défavorable.
Faute de réponse satisfaisante sur le projet classe de neige, et faute de réponse de la directrice qui « n’est pas au courant », les parents s’invitent à l’école et occupent la classe d’Erwan (qui continue à faire cours) pour obliger l’inspecteur à une décision officielle : ils redoutent qu’on joue la montre pour enterrer l’affaire. La presse est prévenue. L’inspecteur débarque. Il signifie aux parents son refus de la classe de neige au motif que l’enseignant est jugé par lui « indigne de l’éducation nationale ». Les parents contestent ce point de vue, ils ont assisté aux progrès de leurs enfants et à leur épanouissement grâce au cadre éducatif mis en place par le maître. Ils déclarent également qu’ils ne sont pas dupes du dossier à charge monté contre l’enseignant pour ses méthodes pédagogiques « actives » et son engagement syndical et de citoyen en faveur des sans papiers dans le cadre du RESF. Le ton monte vite et l’affaire se termine par une série de pugilats qui conduira à l’intervention de la BAC dans l’école et la convocation au commissariat de parents d’élèves. Ils apprennent qu’ils font l’objet d’une plainte pour entrée illégale dans l’école, outrage et violence volontaire sur agents du service public. Un parent est placé en garde à vue.
L’inspecteur, qui se plaint de s’être fait bousculer, jeter à terre et piétiner bénéficie d’un arrêt de travail de 6 jours (alors qu’il participe le jour même à une commission paritaire). Suites judiciaires de l’affaire en janvier. Le jour même, Erwan est averti par fax qu’il est suspendu. La lettre ne porte aucun motif. Il est contraint de déménager ses affaires dans l’urgence et de remettre les clés en partant.

Une centaine de personnes se rassemblent le lendemain devant l’école qui devait accueillir l’IA en personne. Celui- ci ne fera pas le déplacement mais une délégation sera reçue par l’IEN présent dans l’établissement. Pas moins de 6 syndicats et la FCPE font part de leur indignation, et exigent la réintégration d’Erwan. Ils demandent une audience auprès de l’IA.
Réponse leur est faite...d’adresser un courrier en bonne et due forme. Un nouveau rassemblement a lieu le lendemain, cette fois devant l’IA ; un accueil policier disproportionné témoigne probablement d’une prise de conscience de la part des autorités académiques de la poudrière que pourrait représenter cette situation. Une délégation est reçue et cette fois- ci, on joue l’apaisement. Il n’est pas question de licenciement à terme, il s’agit d’un simple rappel à l’ordre etc.

Le SNUIPP 13, qui avait programmé une grève le 12 janvier, inclut dans ses motifs le soutien à Erwan. SUD Education appelle à se joindre à la grève du 12 pour exiger la réintégration d’Erwan (une lettre au Ministre a été envoyée par la secrétaire fédérale). Nous serons présents nous aussi : notre fédération a déposé un préavis reconductible de semaine en semaine pour « couvrir » toutes les actions nécessaires à la défense d’Erwan.


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Brèves

Ecoles Delaunay en action le 22 janvier 2020 pour revenir en REP+

jeudi 23 janvier

Lors de l’animation pédagogique du mercredi 22 janvier 2020 sur « les élèves à besoins particuliers », les enseignants ont rappelé leur exigence de classer les écoles maternelle Delaunay-Laurencin et élémentaire Sonia Delaunay de Dieppe (Val Druel) en REP+. En effet, elles sont sorties de l’Éducation Prioritaire en 2014 et ont été exclues des dispositifs REP et REP+ alors qu’elles répondent à tous les critères pour être classées en REP+. Son rang (64ème) au niveau académique la situe au même niveau que les écoles de REP+ du Havre ou de Rouen Nord.

Tous les enseignant·e·s des deux écoles sont venu·e·s avec un tee-shirt rappelant leur exigence et ont pris la parole en début d’animation. À l’issue de l’animation, l’urne était disponible pour pouvoir faire voter au référendum d’initiative populaire.

La CGT Éduc’action 76 soutient les collègues dans leurs actions.

Motion de soutien aux salariés de la Chapelle d’Arblay

mercredi 18 septembre 2019

Les camarades de la CGT Educ’action Haute-Normandie réunis en Assemblée générale de rentrée le 16 septembre 2019 à Maromme expriment leur soutien aux salariés de la Chapelle Darblay, menacés de licenciement.
Dans le secteur privé, les fermetures de site et les plans de licenciement se multiplient. Dans les services publics, ce sont les suppressions de postes massives et la dégradation des conditions de travail.
De plus, la réforme des retraites est une attaque contre l’ensemble des salariés.

  • Zéro licenciement !
  • Non à la fermeture des sites !
  • Non à la casse des services publics !
  • Non à la réforme des retraites ! Luttons tous ensemble !

Motion adoptée à l’unanimité par l’AG des syndiqué-e-s CGT éduc’action Rouen

Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

vendredi 13 septembre 2019

La lettre de cadrage pour la fusion des académies de Caen et Rouen certifiait que la gestion des personnels enseignants ne serait pas impacté jusqu’en 2022 (Mais en 2018 on nous jurait que la fusion n’était pas encore décidée). A en croire M. le Ministre, jusqu’à cette ce cas de figure n’existera pas. Mais après 2022 ça devient tout à fait possible pour les personnels du second degré. Le Rectorat a tout intérêt à ce que la souplesse et la mobilité des personnels soient maximales. Et avec l’affaiblissement du rôle des CAPA il sera encore plus compliqué d’influer sur les choix des services académiques, sans oublier que pour les contractuels ce « contrôle » est inexistant.

Une fusion des académies pour fermer des sections !

vendredi 13 septembre 2019

Le Rectorat et la Région Normandie lancent la réflexion pour une nouvelle carte de formation à la rentrée de septembre 2020. Ca ne sent pas bon du tout ! L’académie et la région de Normandie auront, si nous ne faisons pas reculer le Ministère, le même périmètre au 1° janvier. Les filières de formation, frontalières pour le moment, ou seulement identiques, seront à la prochaine rentrée dans la même académie. Ce sera une très bonne excuse pour fusionner et fermer par ci par là et pour récupérer les postes.

Mac Do Neufchâtel en Bray veut licencier une militante syndicale CGT !

vendredi 6 juillet 2018

Suite à un entretien disciplinaire une syndiquée CGT depuis un mois au McDonald’s de Neufchatel en Bray a été mise à pieds à titre conservatoire avant que ne soit décidé un licenciement. Les vrais motifs de cette mise à pied : la distribution de tracts dans les restaurants de cette franchise (Dieppe, Yvetot et Neufchâtel en bray) mentionnant les acquis obtenus au restaurant d’Elbeuf (13e mois, prime trimestrielles, congés enfants malades, arbre de Noël ...), et la crainte que les salariés reprennent eux aussi ces revendications !
Rassemblement Dimanche 8 juillet 18h45 devant le Mac Donald de Neufchâtel en Bray.