Suites données aux audits de modernisation de l’Education Nationale.

vendredi 26 janvier 2007
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Deux faits ont marqué la première semaine de l’année : la réunion de l’intersyndicale pour faire face au décret sur le statut des enseignants et la conférence de presse du ministre sur les suites données au rapport Hetzel sur l’orientation des lycéens. Et ces deux dossiers vont engager des orientations à long terme pour l’Ecole.

Le rapport Hetzel

Du rapport Hetzel à la sélection sociale pour lutter contre l’échec
des lycéens des milieux populaires en université, le rapport Hetzel
recommande une procédure d’orientation au cours de l’année de
terminale. Ainsi les lycéens des filières technologiques et
professionnelles seraient dirigés sur les formations courtes jugées
plus accessibles. Ceux qui se seraient inscrits en université contre
l’avis de la commission d’orientation siégeant en terminale en
seraient exclus à la fin du premier semestre universitaire.

Le rapport tire une force certaine du fait qu’une majorité de ces
lycéens échoue effectivement à obtenir le Deug et que cela constitue
un gâchis humain et financier scandaleux. Ce dispositif a pu être
présenté comme social par le recteur Hetzel car il s’accompagne d’un
plan de développement des filières supérieures courtes.

Pourtant il nous apparaît que s’il répond au gaspillage financier de
ces formations avortées, il aggrave le gâchis humain et creuse les
inégalités sociales. En effet si les lycéens des filières
technologiques et professionnelles s’inscrivent en université c’est
souvent faute d’avoir trouvé une place dans une filière courte
gratuite de l’enseignement public. Si le ministre n’annonçait pas
mercredi l’ouverture rapide de milliers de places dans ces filières,
et on voit mal comment il les financerait, il ne ferait que leur
fermer tout accès à l’enseignement supérieur. Dans cette perspective,
l’application du rapport Hetzel signifierait simplement que le
ministre dégage des moyens pour des universités fréquentées par les
enfants des familles aisées sur le dos des enfants des milieux
défavorisés. Une perspective qui ne laisserait ni les lycéens, ni les
enseignants, ni les parents indifférents.

Audits dans l’EN

La suppression des décharges diminuera fortement le salaire de
dizaines de milliers d’enseignants. Sous prétexte de justice
catégorielle, l’éducation nationale finance son fonctionnement en
rackettant les enseignants. Dans la plupart des cas cela se traduira
par une perte de revenu de 6%. Nous avons pu montrer que dans
certains cas cela sera beaucoup plus lourd.

L’avenir de l’Ecole peut-il se lire dans les rapports d’audits ? D’autant qu’il suffit de lire les rapports d’audits pour se
persuader que cette mesure n’est qu’un pas timide sur un chemin qui
nous mène jusqu’à 2010. Car si Gilles de Robien dans tous les cas de
figure vit ses dernières semaines de ministre de l’éducation
nationale, les prévisions budgétaires annexées aux audits sur les
décharges, le lycée et le collège courent jusqu’en 2010. Et on ne
peut qu’inviter les enseignants à les découvrir.

  • Pour le collège : Le rapport d’audit sur les collèges prévoit de diminuer de 20% les heures d’enseignement. Ainsi pour le cycle central, on n’aurait plus que 250 heures de français pour les deux années, 230 de maths, 280 de langues, 100 de SVT, le tout sur 36 semaines. S’y ajouteraient 200 heures annuelles de dotation non affectée.
  • Pour le lycée : En seconde, les élèves ne pourraient avoir plus de 900 heures d’enseignement annuelles, au lieu des 1 044 à 1 188 actuelles. En première et terminale le plafond serait à 950 heures (par rapport à 1 050 à 1 386 heures actuelles). Ces plafonds seraient calculés sur 36 semaines de cours grâce à l’allongement de deux semaines de l’année scolaire effective. Comme parallèlement l’enveloppe horaire de chaque discipline serait annualisée, on obtiendrait une forte économie de postes. Le rapport réorganise les enseignements sur ces bases. Par exemple, les horaires de français en seconde passeraient de 4 h 30 hebdomadaires à moins de 3 heures (100 heures annuelles), ceux de langue vivante 1 de 3 heures à 1 h 50 minutes (70 heures annuelles). En première ES, les SES passeraient de 5 heures à moins de 4 heures, l’histoire-géographie de 4 heures à moins de 3 heures.

L’application intégrale de ces rapports permettrait de dégager "près
de 24 000 ETP, sans compter les économies générées par une révision
du système des décharges. Une partie de ces marges de manouvre
supporterait le coût de déploiement de la loi d’orientation, une
autre partie permettrait de piloter le système en redéployant des
moyens en fonction d’objectifs pédagogiques exigeants, et enfin une
partie représenterait des gains de productivité qu’un plan de gestion
des ressources humaines adapté pourrait concrétiser pendant la
période 2006-2010".

Des perspectives devant lesquelles le ministre, dans une lettre du 15
décembre, déclare « rester prudent ». Mais pas au point de n’avoir fait
étudier par ses services précisément l’utilisation des moyens dégagés
pour les 4 années à venir.

Ce qui se prépare tire partie de ces difficultés pour un terrible
ajustement par le bas. La réduction drastique des horaires
d’enseignement dans le secondaire, celle de la scolarisation à deux
ans, l’apprentissage à 14 ans pour les plus faibles, la sélection à
l’entrée du supérieur, toutes ces mesures ont un point commun : elles
sacrifient la jeunesse populaire. Voilà l’enjeu de 2007.

Cette article est une partie d’un article du café pédagogique.

Le lien externe vers l’audit « Modernisation du collège ».

Le lien externe vers l’audit « Modernisation du lycée ».


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Brèves

Motion de soutien aux salariés de la Chapelle d’Arblay

mercredi 18 septembre

Les camarades de la CGT Educ’action Haute-Normandie réunis en Assemblée générale de rentrée le 16 septembre 2019 à Maromme expriment leur soutien aux salariés de la Chapelle Darblay, menacés de licenciement.
Dans le secteur privé, les fermetures de site et les plans de licenciement se multiplient. Dans les services publics, ce sont les suppressions de postes massives et la dégradation des conditions de travail.
De plus, la réforme des retraites est une attaque contre l’ensemble des salariés.

  • Zéro licenciement !
  • Non à la fermeture des sites !
  • Non à la casse des services publics !
  • Non à la réforme des retraites ! Luttons tous ensemble !

Motion adoptée à l’unanimité par l’AG des syndiqué-e-s CGT éduc’action Rouen

Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

vendredi 13 septembre

La lettre de cadrage pour la fusion des académies de Caen et Rouen certifiait que la gestion des personnels enseignants ne serait pas impacté jusqu’en 2022 (Mais en 2018 on nous jurait que la fusion n’était pas encore décidée). A en croire M. le Ministre, jusqu’à cette ce cas de figure n’existera pas. Mais après 2022 ça devient tout à fait possible pour les personnels du second degré. Le Rectorat a tout intérêt à ce que la souplesse et la mobilité des personnels soient maximales. Et avec l’affaiblissement du rôle des CAPA il sera encore plus compliqué d’influer sur les choix des services académiques, sans oublier que pour les contractuels ce « contrôle » est inexistant.

Une fusion des académies pour fermer des sections !

vendredi 13 septembre

Le Rectorat et la Région Normandie lancent la réflexion pour une nouvelle carte de formation à la rentrée de septembre 2020. Ca ne sent pas bon du tout ! L’académie et la région de Normandie auront, si nous ne faisons pas reculer le Ministère, le même périmètre au 1° janvier. Les filières de formation, frontalières pour le moment, ou seulement identiques, seront à la prochaine rentrée dans la même académie. Ce sera une très bonne excuse pour fusionner et fermer par ci par là et pour récupérer les postes.

Mac Do Neufchâtel en Bray veut licencier une militante syndicale CGT !

vendredi 6 juillet 2018

Suite à un entretien disciplinaire une syndiquée CGT depuis un mois au McDonald’s de Neufchatel en Bray a été mise à pieds à titre conservatoire avant que ne soit décidé un licenciement. Les vrais motifs de cette mise à pied : la distribution de tracts dans les restaurants de cette franchise (Dieppe, Yvetot et Neufchâtel en bray) mentionnant les acquis obtenus au restaurant d’Elbeuf (13e mois, prime trimestrielles, congés enfants malades, arbre de Noël ...), et la crainte que les salariés reprennent eux aussi ces revendications !
Rassemblement Dimanche 8 juillet 18h45 devant le Mac Donald de Neufchâtel en Bray.

Grève à l’hôpital psychiatrique Janet au Havre !

mercredi 20 juin 2018

A l’image des salariés de l’hôpital psychiatrique du Rouvray, les personnels grévistes de l’hôpital psychiatrique Janet du Havre ne lâchent pas le morceau. Ils exigent la venue de Mme Gardel, directrice de l’Agence régionale de santé, l’ouverture d’une nouvelle unité pour que les patients ne soient plus dans des lits supplémentaires avec la création de 50 postes pluridisciplinaires pour la faire fonctionner, la stagiarisation de tous les contractuels-les, l’arrêt de la polyvalence, l’embauche de médecins psychiatres titulaires. Rendez vous jeudi 21 à 8h45 à l’hôpital Flaubert pour une haie de déshonneur pour les administrateurs de l’hôpital, et le samedi 23 à 17h45 sur le parvis du printemps.
Soutenez les revendications en écrivant à Mme Gardel

RESF : une bonne nouvelle qui se concrétise enfin !

mardi 12 juin 2018

Mme Erdene, dont les enfants sont scolarisés au lycée de Déville-lès-Rouen et dans des écoles de Maromme, a reçu enfin son titre de séjour ; celui de son mari attend à la Préfecture, sauf imprévu.
Les bonnes nouvelles sur ce front sont si rares qu’il fallait en parler d’autant plus que pour d’autres familles, l’étau se resserre.
Mme Balogun - originaire du Nigéria et qui a une enfant scolarisée au collège de Maromme - s’est vu confirmer son OQTF par le Tribunal Administratif et France Terre d’Asile cherche à récupérer leur logement CADA en essayant de les en expulser.
La CGT Educ’action revendique la régularisation des lycéens majeurs et des parents d’élèves sans papiers.