4 de Melle : des sanctions inadmissibles !

communiqué du comité se soutien des 4 de Melle
jeudi 5 novembre 2020
par  Luc De Chivré
popularité : 2%

Ce mercredi 4 novembre, Bénédicte Robert, rectrice de l’académie de Poitiers, aurait pu décider de mettre fin à l’affaire des « 4 de Melle » après pas moins de huit mois d’acharnement institutionnel à leur encontre. Alors même que la communauté éducative se recueille encore pour célébrer la mémoire de Samuel Paty, le ministère de l’Éducation Nationale n’hésite pas à attaquer et à sanctionner l’usage d’une liberté
d’expression qu’il célèbre bien ironiquement dans les médias depuis plus de deux semaines. Jean-Michel Blanquer et ses plus proches collaborateurs sont aujourd’hui pris en flagrant délit d’hypocrisie !

Sylvie Contini est sanctionnée d’une mutation d’office, Cécile Proust est exclue de ses fonctions pour une durée de 15 jours (donc sans traitement), Aladin Lévêque écope d’un abaissement d’échelon et Sandrine Martin d’un blâme. Le rapport de l’enquête administrative préconisait de sanctionner les « 4 de Melle » parce qu’ils restaient dans leur « logique de combat de la réforme », c’est chose faite et les sanctions sont particulièrement lourdes ! Nous ne pouvons qu’être une nouvelle fois indignés face à cet acharnement répressif.*

Cela fait à présent huit mois que l’affaire des 4 de Melle défraie la chronique et qu’elle suscite l’indignation, non pas seulement de la communauté éducative, mais de l’ensemble des secteurs professionnels. Pour rappel, trois d’entre eux avaient été suspendus à titre conservatoire pour s’être mobilisés contre les E3C et pour avoir dénoncé les faits graves par lesquels s’était compromise leur administration :
pressions et intimidations hiérarchiques, violences physiques sur élèves, étages intégralement barricadés lors de la passation des épreuves de contrôle continu avec portes coupe-feu sanglées et sorties de secours condamnées, mise en danger d’élèves enfermés dans les salles d’examen et non évacués lorsque ces derniers étaient en proie à des malaises. L’administration s’est rendue coupable de l’intégralité de ces actes, et ce sont les enseignants qui se retrouvent incriminés ! Leur suspension de 4 mois, décidée en mars, avait été prolongée de 4 mois en juillet, décision inédite dans l’éducation nationale, et une quatrième collègue avait été ajoutée à la liste des réprimés, convoquée à un conseil de discipline alors qu’elle n’avait pas été suspendue.

L’affaire des 4 de Melle est devenue emblématique de l’acharnement répressif que subissent, dans l’éducation nationale, les personnels qui osent contester les réformes.

C’est pourquoi pas moins de 1500 personnes sont venues les soutenir devant le rectorat de Poitiers le 12 octobre, jour du premier conseil de discipline, sans compter les nombreux rassemblements qui ont eu lieu partout en France devant les rectorats et les DSDEN. C’est un soutien syndical d’une ampleur inédite qui a été apporté aux 4 de Melle et à tous les personnels victimes de répression : ce jour-là, étaient présents tous les représentants de l’IS nationale de l’Education (CGT, FO, FSU, Sud éducation), ceux de l’IS Fonction Publique, mais aussi les Confédérations Syndicales Solidaires, CGT, FSU et FO : du jamais vu dans un tel cas de répression !

Des réprimés d’autres secteurs professionnels, regroupés depuis mi-septembre dans un collectif interprofessionnel contre la répression sont, eux aussi, venus témoigner leur soutien aux enseignants Mellois : Julien du comité de soutien d’Anthony Smith, inspecteur du travail, Éric Bezou de la SNCF, Yann Gaudin de pôle emploi, Alexandre El Gamal de la RATP, Gaël Quirante de la Poste, Anissa Amini, aide-soignante en EHPAD, Boris Mollet, travailleur social.

La mobilisation a, sans conteste, contribué à faire reculer le rectorat de Poitiers. Fragilisé par son ampleur inédite mais aussi par les nombreuses irrégularités et contradictions soulevées lors des conseils de discipline, le rectorat s’est parfois vu contraint de modifier, voire d’abandonner, des chefs d’accusation en cours de séance !

Lors du premier conseil de discipline, à savoir celui de Sylvie Contini, l’administration, forte de son arrogance, n’a pas hésité à louer le sérieux de l’enquête administrative et a nié, toute responsabilité concernant les décisions ayant mis en danger la sécurité des élèves au lycée Joseph Desfontaines de Melle lors de la passation des épreuves d’E3C.

Lors des conseils de discipline suivants, cette même administration a fini par se désolidariser officiellement des méthodes de l’enquête administrative dont elle faisait l’éloge en début de semaine, reconnaissant explicitement que cette dernière n’a pas pu permettre l’objectivation des faits reprochés aux enseignants. Elle a même fini
par reconnaître et condamner fermement les débordements dont certains de ses représentants se sont rendus coupables lors des passations d’épreuves.

Sans cesse mis en difficulté, le rectorat de Poitiers a dû se résoudre à proposer des sanctions de plus en plus basses sur l’échelle des sanctions disciplinaires au fur et à mesure de la semaine, ce qui explique leur gradation dans les décisions finales. La différence dans les sanctions apportées ne fait que symboliser le recul progressif de
l’administration ; en effet, cette différenciation n’est en rien justifiable puisque les dossiers des quatre enseignants sont, sauf différences très mineures, identiques. Ici, seul l’ordre de passage justifie l’ampleur de la sanction ! Plaisante justice que celle que le hasard et l’aveuglement bornent…

Après une semaine de conseils de discipline et pas moins de 32h de séances cumulées (chacun des conseils de discipline ayant duré plus de 7 heures !), aucune proposition de sanction de la rectrice de l’académie de Poitiers n’obtient d’avis majoritaire. Mieux encore, pour Aladin Lévêque, c’est l’avis d’absence de sanction qui obtient la majorité. Le désaveu est de taille pour Mme la Rectrice de l’académie de Poitiers quand on sait à quel point ces procédures sont normalement gagnées d’avance pour l’administration qui y est à la fois enquêtrice, accusatrice et juge.

Désavouée par ses propres procédures, Bénédicte Robert n’en a pas moins décidé de passer en force et d’appliquer ces sanctions qu’aucun des conseils de discipline n’a validé !

La communauté éducative ne peut tolérer un tel abus de pouvoir ! La mobilisation a déjà fortement contribué à faire reculer le rectorat de Poitiers : il faut aujourd’hui la poursuivre pour qu’aucune sanction ne soit prise contre nos collègues.

Nous demandons au ministre de l’Éducation Nationale ainsi qu’à la rectrice de l’académie de Poitiers de bien vouloir entendre et reconnaître l’unanimité du soutien apporté aux 4 enseignants de Melle en abandonnant toute sanction contre eux. Nous exigeons aussi d’avoir la garantie que plus jamais ce ministère ne remettra en question les droits syndicaux et les libertés démocratiques.

Les 4 de Melle n’en resteront pas là et useront de tous les recours qui leur sont offerts pour dénoncer ces méthodes et faire annuler ces sanctions. Et nous les soutiendrons dans toutes les démarches entreprises ! Vous pouvez dès à présent leur apporter un soutien financier en participant à la caisse de solidarité :

Le comité de soutien aux 4 de Melle*


Agenda

<<

2020

 

<<

Novembre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2627282930311
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30123456
Aucun évènement à venir les 3 prochains mois

Sites favoris


7 sites référencés dans ce secteur

Brèves

Tracts pour la grève du 10 novembre 2020 :...

vendredi 6 novembre

Tracts pour la grève du 10 novembre 2020 :
TRACT ROUEN
TRACT LE HAVRE
TRACT DIEPPE
TRACT EVREUX

Lubrizol : 1 an après on oublie pas ! Réunion publique le 25 septembre, manifestation le 26 septembre

mardi 8 septembre

Réunion publique d’information sous chapiteau Vendredi 25 septembre 2020 de 18 à 20h A la Friche Lucien, place Carnot, ROUEN
Jeudi MANIFESTATION Samedi 26 septembre 13h30 Rendez-vous devant : LUBRIZOL (quai de France)

Télécharger et diffuser :

Ecoles Delaunay en action le 22 janvier 2020 pour revenir en REP+

jeudi 23 janvier

Lors de l’animation pédagogique du mercredi 22 janvier 2020 sur « les élèves à besoins particuliers », les enseignants ont rappelé leur exigence de classer les écoles maternelle Delaunay-Laurencin et élémentaire Sonia Delaunay de Dieppe (Val Druel) en REP+. En effet, elles sont sorties de l’Éducation Prioritaire en 2014 et ont été exclues des dispositifs REP et REP+ alors qu’elles répondent à tous les critères pour être classées en REP+. Son rang (64ème) au niveau académique la situe au même niveau que les écoles de REP+ du Havre ou de Rouen Nord.

Tous les enseignant·e·s des deux écoles sont venu·e·s avec un tee-shirt rappelant leur exigence et ont pris la parole en début d’animation. À l’issue de l’animation, l’urne était disponible pour pouvoir faire voter au référendum d’initiative populaire.

La CGT Éduc’action 76 soutient les collègues dans leurs actions.

Motion de soutien aux salariés de la Chapelle d’Arblay

mercredi 18 septembre 2019

Les camarades de la CGT Educ’action Haute-Normandie réunis en Assemblée générale de rentrée le 16 septembre 2019 à Maromme expriment leur soutien aux salariés de la Chapelle Darblay, menacés de licenciement.
Dans le secteur privé, les fermetures de site et les plans de licenciement se multiplient. Dans les services publics, ce sont les suppressions de postes massives et la dégradation des conditions de travail.
De plus, la réforme des retraites est une attaque contre l’ensemble des salariés.

  • Zéro licenciement !
  • Non à la fermeture des sites !
  • Non à la casse des services publics !
  • Non à la réforme des retraites ! Luttons tous ensemble !

Motion adoptée à l’unanimité par l’AG des syndiqué-e-s CGT éduc’action Rouen

Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

vendredi 13 septembre 2019

La lettre de cadrage pour la fusion des académies de Caen et Rouen certifiait que la gestion des personnels enseignants ne serait pas impacté jusqu’en 2022 (Mais en 2018 on nous jurait que la fusion n’était pas encore décidée). A en croire M. le Ministre, jusqu’à cette ce cas de figure n’existera pas. Mais après 2022 ça devient tout à fait possible pour les personnels du second degré. Le Rectorat a tout intérêt à ce que la souplesse et la mobilité des personnels soient maximales. Et avec l’affaiblissement du rôle des CAPA il sera encore plus compliqué d’influer sur les choix des services académiques, sans oublier que pour les contractuels ce « contrôle » est inexistant.

Une fusion des académies pour fermer des sections !

vendredi 13 septembre 2019

Le Rectorat et la Région Normandie lancent la réflexion pour une nouvelle carte de formation à la rentrée de septembre 2020. Ca ne sent pas bon du tout ! L’académie et la région de Normandie auront, si nous ne faisons pas reculer le Ministère, le même périmètre au 1° janvier. Les filières de formation, frontalières pour le moment, ou seulement identiques, seront à la prochaine rentrée dans la même académie. Ce sera une très bonne excuse pour fusionner et fermer par ci par là et pour récupérer les postes.