Situation au collège des Battières :Ce dont les personnels ont besoin, ce ne sont pas des discours, mais des actes !

Communiqué de la CGT éduc’action du Rhône
jeudi 7 janvier 2021
par  Luc De Chivré
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Le 9 novembre, questionné par sa classe de cinquième au sujet d’une vidéo attribuant des propos islamophobes à Emmanuel Macron, un enseignant d’histoire-géographie a cherché à déconstruire la fake news, dans le contexte médiatique chargé qui a suivi l’hommage à Samuel Paty.
Ses propos, non compris, déformés, sont rapportés par deux élèves d’une fratrie à leur père, qui se rend au collège quelques heures plus tard, et prend à partie l’enseignant, l’accusant d’avoir tenu en classe des propos islamophobes, alors que l’enseignant a au contraire rappelé la nécessité d’éviter tout amalgame.
Cet enseignant a donc été pris à partie par le parent d’élève qui lui a prêté des propos qu’il n’a jamais tenu, sur la base de propos rapportés par ses enfants qui ont compris l’exact contraire de ce que disait l’enseignant.
Convoqué le 12/11 au collège par la principale, le parent d’élève refuse toute médiation et prétend nier à notre collègue la possibilité d’évoquer en cours des « questions de géopolitique  » ainsi que la mort de Samuel Paty.
L’incident aurait pu être immédiatement réglé par un soutien institutionnel fort  : une convocation de la famille par le rectorat en vue d’une médiation visant à rappeler les missions de l’éducation nationale, rétablir la vérité des faits pour restaurer la dignité de notre collègue.
Si le rectorat a bien accordé la protection fonctionnelle à l’enseignant qui a porté plainte pour diffamation faute d’excuse du parent concerné, le collègue n’a eu aucune réponse à ses demandes de suivi et ce depuis le 20/11 /2020. Le rectorat, après plusieurs relances, a reçu l’enseignant en audience le 10/12/2020, audience au cours de laquelle nous avons assisté notre collègue. Il avait à ce stade repris le travail depuis le 07/12/2020 alors même que les parents n’avaient pas été reçus et que les élèves étaient toujours affectés dans la classe dont il avait la charge.
Il a donc fallu cette audience et une forte insistance pour que le rectorat envisage la convocation de la famille. Selon le rectorat il aurait fallu « une demande explicite  » de la victime. Le collègue pensait encore à ce stade qu’une médiation pouvait restaurer sa dignité professionnelle, rétablir un climat serein, permettre également d’envisager la scolarisation des élèves dans un établissement mitoyen par souci d’apaisement, dans l’intérêt des élèves comme des personnels. Son premier choix n’a donc jamais été, comme cela a pu être affirmé, de changer d’établissement, mais simplement de restaurer sa dignité professionnelle, obtenir un soutien institutionnel, et retrouver un climat serein de travail.
A l’issue de cette audience, les représentants du rectorat s’étaient engagés à convoquer la famille, à « suivre l’affaire de près  », et d’ouvrir le dialogue avec la famille afin d’envisager la continuité de la scolarité dans un autre établissement. Une invitation a été envoyée à la famille pour être reçue en date du 17 décembre. Le parent ne s’est cependant pas présenté, refusant tout dialogue. L’enseignant n’a pas été informé de cette absence à la convocation. Il a fallu qu’il se rende de lui même dans le bureau de la direction à 10h00 après qu’il ait réalisé deux heures de cours.
La même semaine, l’un des deux élèves a introduit un couteau dans l’établissement. A ce stade, l’autorité de tutelle aurait pu engager une procédure disciplinaire, et, à cette occasion, recevoir les parents pour évoquer de nouveau un changement d’établissement dans l’intérêt des personnels comme celui des élèves. Elle ne l’a pas fait. L’élève n’a reçu qu’une sanction d’un jour d’exclusion, pour des faits qui relèvent ordinairement d’un conseil de discipline, comme cela avait été le cas quelques semaines avant dans le même établissement. Par ailleurs, cette infraction relève également du pénal. La CGT Education du Rhône a alerté dès le 18 décembre le rectorat de Lyon par courrier sur la situation délétère qu’une telle gestion faisait peser sur le collègue et sur les personnels, et lui a demandé de prendre des mesures de nature à restaurer un climat serein. Ce courrier est resté sans réponse.
Ce dernier incident a rendu de fait impossible, pour le collègue, la poursuite de l’exercice de ses fonctions dans l’établissement. La charge mentale était devenue trop lourde. S’il a accepté une affectation temporaire et envisage une reconversion c’est pour retrouver de la paix. On ne peut donc présenter cette situation comme « un choix  », et encore moins suggérer que la gestion des incidents par l’autorité administrative n’en est pas la principale responsable.
La gestion de cette situation révèle une nouvelle fois le décalage entre les discours public concernant le « soutien aux personnels éducatifs  » tenus par le ministère et la réalité des actes, lorsque les personnels sont pris à partie dans l’exercice de leurs fonctions.
Ce dont ont besoin les personnels, ce ne sont ni de grandes déclarations d’intention, ni des discours de stigmatisation ou d’instrumentalisation politique, mais d’un soutien institutionnel fort, immédiat et réel lorsqu’ils sont victimes de violences, y compris de violences verbales, dans leur quotidien professionnel. La culture du « pas de vague  » qui conduit au départ des victimes, qu’il s’agisse des élèves et du personnel, perdure malgré les engagements ministériels.
Les textes en matière de santé au travail prévoient pourtant que le chef de service a une obligation de résultat en matière de santé et de sécurité des personnels.
Pour ne pas rester un vœu pieu, au cours de l’audience de ce mardi 06 janvier, le DASEN du Rhône a pris des engagements concernant le traitement de cet incident. Nous attendons des actes qui restaurent la dignité professionnelle de notre collègue, un climat serein, et qui permettent la rescolarisation des élèves dans un autre établissement, afin de retrouver un climat propice à l’apprentissage de toutes et tous.
Nous resterons donc particulièrement vigilant-e-s pour que les actes suivent les engagements pris.


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Lubrizol : 1 an après on oublie pas ! Réunion publique le 25 septembre, manifestation le 26 septembre

mardi 8 septembre 2020

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Jeudi MANIFESTATION Samedi 26 septembre 13h30 Rendez-vous devant : LUBRIZOL (quai de France)

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Lors de l’animation pédagogique du mercredi 22 janvier 2020 sur « les élèves à besoins particuliers », les enseignants ont rappelé leur exigence de classer les écoles maternelle Delaunay-Laurencin et élémentaire Sonia Delaunay de Dieppe (Val Druel) en REP+. En effet, elles sont sorties de l’Éducation Prioritaire en 2014 et ont été exclues des dispositifs REP et REP+ alors qu’elles répondent à tous les critères pour être classées en REP+. Son rang (64ème) au niveau académique la situe au même niveau que les écoles de REP+ du Havre ou de Rouen Nord.

Tous les enseignant·e·s des deux écoles sont venu·e·s avec un tee-shirt rappelant leur exigence et ont pris la parole en début d’animation. À l’issue de l’animation, l’urne était disponible pour pouvoir faire voter au référendum d’initiative populaire.

La CGT Éduc’action 76 soutient les collègues dans leurs actions.

Motion de soutien aux salariés de la Chapelle d’Arblay

mercredi 18 septembre 2019

Les camarades de la CGT Educ’action Haute-Normandie réunis en Assemblée générale de rentrée le 16 septembre 2019 à Maromme expriment leur soutien aux salariés de la Chapelle Darblay, menacés de licenciement.
Dans le secteur privé, les fermetures de site et les plans de licenciement se multiplient. Dans les services publics, ce sont les suppressions de postes massives et la dégradation des conditions de travail.
De plus, la réforme des retraites est une attaque contre l’ensemble des salariés.

  • Zéro licenciement !
  • Non à la fermeture des sites !
  • Non à la casse des services publics !
  • Non à la réforme des retraites ! Luttons tous ensemble !

Motion adoptée à l’unanimité par l’AG des syndiqué-e-s CGT éduc’action Rouen

Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

vendredi 13 septembre 2019

La lettre de cadrage pour la fusion des académies de Caen et Rouen certifiait que la gestion des personnels enseignants ne serait pas impacté jusqu’en 2022 (Mais en 2018 on nous jurait que la fusion n’était pas encore décidée). A en croire M. le Ministre, jusqu’à cette ce cas de figure n’existera pas. Mais après 2022 ça devient tout à fait possible pour les personnels du second degré. Le Rectorat a tout intérêt à ce que la souplesse et la mobilité des personnels soient maximales. Et avec l’affaiblissement du rôle des CAPA il sera encore plus compliqué d’influer sur les choix des services académiques, sans oublier que pour les contractuels ce « contrôle » est inexistant.

Une fusion des académies pour fermer des sections !

vendredi 13 septembre 2019

Le Rectorat et la Région Normandie lancent la réflexion pour une nouvelle carte de formation à la rentrée de septembre 2020. Ca ne sent pas bon du tout ! L’académie et la région de Normandie auront, si nous ne faisons pas reculer le Ministère, le même périmètre au 1° janvier. Les filières de formation, frontalières pour le moment, ou seulement identiques, seront à la prochaine rentrée dans la même académie. Ce sera une très bonne excuse pour fusionner et fermer par ci par là et pour récupérer les postes.