Déclaration de la CGT éduc’action au CTSD 76 du 20 janvier

jeudi 21 janvier 2021
par  Luc De Chivré
popularité : 4%

Monsieur le Directeur académique,

Pour commencer, nous souhaitons vous poser deux questions simples que de très nombreux personnels de l’Éducation nationale se posent.
C’est pour quand, une Éducation de qualité pour tous les élèves et des conditions de travail décentes pour l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale ?
C’est pour quand, une véritable protection de la santé des personnels et celle des élèves ?

En pleine crise sanitaire, le gouvernement et le ministère de l’Éducation nationale prévoient visiblement le contraire avec la suppression de 1883 postes dans le second degré pour la rentrée prochaine.

Or, il faut créer des dizaines de milliers de poste d’enseignants et non-enseignants pour garantir un service public d’Éducation de qualité. Nous avons besoin d’un recrutement de titulaires, très massif et en urgence, dans le 1er et 2nd degré, qui passe par la titularisation sans conditions de tous les précaires, qui passe par la titularisation sans conditions des collègues sur les listes complémentaires, ainsi que des stagiaires pour l’enseignement, l’entretien, la vie scolaire, l’administratif, les services sociaux et médico-scolaires.

Nous constatons un état de fatigue de tous les personnels dans nos écoles et collèges jamais atteint, un épuisement dû à des années de dégradation des conditions de travail, accéléré par la crise sanitaire. Ne rien avoir anticipé depuis septembre nous mène à une impasse et fait courir des risques aux personnels, aux élèves et à leur famille.
Les fiches SST se sont multipliées depuis le mois de septembre pour combattre des conditions de travail dégradées. Ces derniers jours dans le 1er degré, des animations pédagogiques, des réunions de liaison école-collège, des conseils de cycles sont imposés en présentiel en pleine troisième vague épidémique et si les collègues ne rédigent pas de fiches SST, aucun distanciel n’est proposé !

Le ministère de l’Éducation nationale et ses institutions minimisent le danger croissant et pour toute réponse font semblant de renforcer un protocole qui ne peut pas être appliqué faute de moyens de remplacements dans les établissements scolaires, faute de moyens dans les cantines et interdire le sport en lieu fermé revient à ne pas prendre des mesures réellement protectrices.

La circulation du virus du Covid-19 chez les enfants devient plus importante selon Santé publique France (rapport du 5 janvier 2021) et sa répercussion dans les écoles et établissements scolaires est inévitable. D’autant plus, qu’il n’y toujours pas de dépistage préventif et massif dans les établissements scolaires pour les personnels et les élèves. D’ailleurs, le ministre de l’Éducation nationale semble ignorer les chiffres de Santé publique France au sujet des contaminations à l’école qui se multiplient.

Pour faire face à cette épidémie, nous avons besoin de classes à 10 élèves, de tests massifs, réguliers et fiables, de produits de protection en stock, des masques aux normes et gratuits pour tous et de consignes claires et appliquées en toute transparence en cas de suspicion de COVID. Cela est encore plus valable avec la propagation des variants du virus chez les enfants et jeunes.

Est-ce normal que de nombreux enseignants apprennent par leurs élèves que les élèves absents sont cas covid ou cas contact ?
Est-ce normal qu’une école reste ouverte avec 5 cas positifs parmi des salariés dans une école maternelle au Havre (Pierre et marie Curie) ?

La situation dans les collèges en Seine-Maritime était déjà tendue avant la crise sanitaire, mais celle-ci l’a rendue encore plus tendue et le manque des centaines de postes se fait ressentir partout. Les mobilisations récentes des AED et AESH en témoignent.

Les documents fournis pour la préparation de la rentrée dans les collèges en Seine-Maritime reflètent bien le programme du gouvernement pour l’Éducation nationale et en particulier pour les collèges : moins de postes pour plus d’élèves (moins de 19,5 ETP pour 106 élèves en plus), donc maintien des classes surchargées dans de nombreux collèges hors-EP et une augmentation très massive des HSA, par rapport à cette année. Le volume des HSA a toujours été un outil pour supprimer des postes. Mais là, le ministre passe à la vitesse supérieure grâce au decret qui permet d’imposer 2 HSA. Avec une nouveauté, on augmente le nombre des HSA même dans les collèges où une (ou plusieurs) division sera supprimée. Cette explosion des HSA permettra à l’Inspection académique de supprimer ces 19,5 ETP, et probablement plus de postes, dans les collèges, mettra encore plus en difficulté les enseignants avec plus de postes partagés et imposera ainsi aux nombreux enseignants une dégradation de leurs conditions de travail.

Comme des dizaines de milliers d’enseignants, nous sommes en colère face à M. Blanquer qui est totalement sourd aux revendications des enseignants Et à cela s’ajoute la condescendance pour les organisations syndicales avec un vaste « show Grenelle de l’éducation » pour justifier des attaques inadmissibles : avec la création d’ une nouvelle catégorie de contractuels sous-payés dans le 2nd degré, avec des AED remplaçants dans une hyper précarité et le recours aux contractuels dans le premier degré, des conditions de travail dégradées pour les AESH en plus de la précarité subie, le projet de loi Rilhac sur la direction d’école et la réforme des programmes de la maternelle qui consisterait en une préparation des évaluations de CP.

De plus, le gouvernement veut décentraliser les postes d’infirmières scolaires avec le projet de loi 4D et prévoit de sortir de nombreux collèges et écoles du dispositif REP avec le projet Elimas à la rentrée 2022. Il n’y a aucune hésitation du gouvernement d’offrir 110 milliards d’euros aux grandes entreprises qui licencient à tour de bras, mais pour l’Éducation nationale et les autres services publics la politique d’austérité continue et le manque de moyens devient de plus en plus flagrant.

C’est pour toutes ces raisons que la CGT Educ’action 76 appelle l’ensemble du personnel, de la maternelle au lycée à la grève le 26 janvier. Nous serons dans la rue le 26 janvier avec les enseignants, les personnels administratifs, les AED, les AESH, les AP, les infirmières scolaires et les agents territoriaux pour gagner plus de moyens et plus de postes, mais aussi pour préparer et construire un mouvement avec les salarié.e.s des autres services publics et du privé dès le 4 février contre la politique du gouvernement.


Agenda

<<

2021

 

<<

Juillet

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2829301234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930311
Aucun évènement à venir les 3 prochains mois

Sites favoris


7 sites référencés dans ce secteur

Brèves

Lubrizol : 1 an après on oublie pas ! Réunion publique le 25 septembre, manifestation le 26 septembre

mardi 8 septembre 2020

Réunion publique d’information sous chapiteau Vendredi 25 septembre 2020 de 18 à 20h A la Friche Lucien, place Carnot, ROUEN
Jeudi MANIFESTATION Samedi 26 septembre 13h30 Rendez-vous devant : LUBRIZOL (quai de France)

Télécharger et diffuser :

Ecoles Delaunay en action le 22 janvier 2020 pour revenir en REP+

jeudi 23 janvier 2020

Lors de l’animation pédagogique du mercredi 22 janvier 2020 sur « les élèves à besoins particuliers », les enseignants ont rappelé leur exigence de classer les écoles maternelle Delaunay-Laurencin et élémentaire Sonia Delaunay de Dieppe (Val Druel) en REP+. En effet, elles sont sorties de l’Éducation Prioritaire en 2014 et ont été exclues des dispositifs REP et REP+ alors qu’elles répondent à tous les critères pour être classées en REP+. Son rang (64ème) au niveau académique la situe au même niveau que les écoles de REP+ du Havre ou de Rouen Nord.

Tous les enseignant·e·s des deux écoles sont venu·e·s avec un tee-shirt rappelant leur exigence et ont pris la parole en début d’animation. À l’issue de l’animation, l’urne était disponible pour pouvoir faire voter au référendum d’initiative populaire.

La CGT Éduc’action 76 soutient les collègues dans leurs actions.

Motion de soutien aux salariés de la Chapelle d’Arblay

mercredi 18 septembre 2019

Les camarades de la CGT Educ’action Haute-Normandie réunis en Assemblée générale de rentrée le 16 septembre 2019 à Maromme expriment leur soutien aux salariés de la Chapelle Darblay, menacés de licenciement.
Dans le secteur privé, les fermetures de site et les plans de licenciement se multiplient. Dans les services publics, ce sont les suppressions de postes massives et la dégradation des conditions de travail.
De plus, la réforme des retraites est une attaque contre l’ensemble des salariés.

  • Zéro licenciement !
  • Non à la fermeture des sites !
  • Non à la casse des services publics !
  • Non à la réforme des retraites ! Luttons tous ensemble !

Motion adoptée à l’unanimité par l’AG des syndiqué-e-s CGT éduc’action Rouen

Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

vendredi 13 septembre 2019

La lettre de cadrage pour la fusion des académies de Caen et Rouen certifiait que la gestion des personnels enseignants ne serait pas impacté jusqu’en 2022 (Mais en 2018 on nous jurait que la fusion n’était pas encore décidée). A en croire M. le Ministre, jusqu’à cette ce cas de figure n’existera pas. Mais après 2022 ça devient tout à fait possible pour les personnels du second degré. Le Rectorat a tout intérêt à ce que la souplesse et la mobilité des personnels soient maximales. Et avec l’affaiblissement du rôle des CAPA il sera encore plus compliqué d’influer sur les choix des services académiques, sans oublier que pour les contractuels ce « contrôle » est inexistant.

Une fusion des académies pour fermer des sections !

vendredi 13 septembre 2019

Le Rectorat et la Région Normandie lancent la réflexion pour une nouvelle carte de formation à la rentrée de septembre 2020. Ca ne sent pas bon du tout ! L’académie et la région de Normandie auront, si nous ne faisons pas reculer le Ministère, le même périmètre au 1° janvier. Les filières de formation, frontalières pour le moment, ou seulement identiques, seront à la prochaine rentrée dans la même académie. Ce sera une très bonne excuse pour fusionner et fermer par ci par là et pour récupérer les postes.