Covid-19 : se protéger du virus, malgré une gestion irresponsable de la pandémie

vendredi 4 juin 2021
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Déclaration lue lors de la séance extraordinaire du CHSCT départemental de Seine-Maritime, spéciale registre santé et sécurité au travail, le 20 mai 2021.

Avant d’évoquer le seul point à l’ordre du jour de cette séance extraordinaire du CHSCT, nous tenons à nous exprimer sur la catastrophe sanitaire en cours et à redire plusieurs choses simples et évidentes.
Premièrement, cette épidémie de Covid-19 est très grave. Nous vivons depuis fin 2019 une catastrophe sanitaire mondiale, une pandémie qui frappe des millions d’individus dans leur chair et qui aurait pu être d’une ampleur effroyable si des mesures exceptionnelles n’avaient pas été prises dans l’urgence et la précipitation. Et celle-ci n’est pas finie, peut-être n’en sommes-nous qu’au début.
Deuxièmement, la vie humaine, c’est précieux, et toute vie humaine étant précieuse, la priorité des priorités doit consister à protéger les citoyen⸱nes et les travailleur.ses. de la mort et de la maladie. Les considérations économiques et budgétaires, aussi importantes soient-elles, doivent passer après la protection de la vie et de la santé.
Troisièmement, face à un virus aussi contagieux, dangereux et mortel, il faut prendre le temps d’écouter et de lire les scientifiques et les médecins. Face à ce virus, à la mort, à la maladie et à la souffrance, la science et la médecine demeurent notre principale boussole.

Pourtant, une fois cela exprimé, force est de constater le fossé qui sépare la nécessité de protéger la santé de la population et l’action des autorités publiques et du patronat.
Ainsi, alors que le virus continue à circuler activement, à tuer chaque jour dans notre pays et que la plupart des scientifiques recommandent la plus grande prudence, pointant le risque d’une quatrième vague, la priorité du moment semble être le retour tête baissée et le coeur joyeux au monde d’avant : croissance et compétitivité économiques, accroissement des profits, profondes inégalités sociales, discriminations raciales, religieuses et de genre, surconsommation, pollutions et dégradation de l’environnement.
La CGT Educ’action 76 s’inquiète de la propagation des discours complotistes, populistes et covido-sceptiques, souvent alimentés par l’extrême droite via les réseaux sociaux, ainsi que de la complaisance, de la démagogie et d’une forme de populisme sanitaire dont font preuve l’Exécutif et un certain nombre de responsables économiques, politiques, intellectuels et médiatiques. « Vivre avec le virus », cela ne signifie pas qu’il faille accepter entre 100 et 300 morts chaque jour sous prétexte de retrouver le monde d’avant et avant même d’avoir suffisamment vacciné et mis en place une stratégie de tests enfin efficace. Il paraît que le président de la République a envisagé un temps, lorsque le cap des 100 000 morts français de la Covid a été franchi, de rendre hommage aux morts. Quelle indécence, lui qui porte une lourde responsabilité dans cette surmortalité liée à la Covid-19 !
Dans l’Education, l’absence de stratégie et de politiques efficaces pour éradiquer le virus se traduit encore et toujours par une prise de risques inacceptable pour les personnels et les élèves. Nous ne reviendrons pas à nouveau sur l’ensemble des défaillances dont sont responsables le ministère et les collectivités territoriales : nous l’avons déjà dit et écrit d’innombrables fois. Pour autant, nous restons stupéfait⸱es que plus d’un an et demi après le début de la pandémie, plusieurs aspects essentiels de la lutte contre la propagation du virus soient toujours si défaillants :
- l’aération et la ventilation des locaux tout d’abord : comment expliquer une telle absence de moyens et de politique coordonnée afin de supprimer la contamination par aérosols ? Pour la CGT Educ’action 76, il faut aérer, aérer, aérer, et pour cela, donner des moyens humains et matériels, et donner toute l’attention et les moyens nécessaires pour faire des personnels, des élèves et de leurs familles des acteurs conscients et solidaires face à la prévention du risque lié aux aérosols ;
- Les masques : comment se fait-il que les personnels et les élèves ne soient toujours pas équipés de masques aux normes - et nous pensons tout particulièrement aux risques encourus par les AESH et les personnels de maternelle qui ne disposent ni de FFP2 ni de masques chirurgicaux face à des élèves non masqués - alors qu’il n’y a plus de pénurie de masques et que les prix ont considérablement baissé ? Il s’agit donc bien d’un choix conscient et assumé par le gouvernement et qui se paye en termes de malades et de vies.
- Les tests : quand allons-nous enfin bénéficier, pour le grand profit de toutes et tous, d’une stratégie de tests efficace et massive ? Tester, tester, tester, mais efficacement, en suivant les recommandations des meilleurs épidémiologistes comme Catherine Hill qui préconise depuis un an des tests groupés afin de tester massivement et systématiquement. Il est également nécessaire d’avoir du personnel formé et en nombre suffisant pour pratiquer ces tests.
C’est ainsi que l’on pourrait petit à petit retrouver une vie « normale ». Mais en matière de protection sanitaire de la population française, le président de la République continue à penser et à agir comme un Gaulois réfractaire. Non seulement il n’a jamais envisagé la mise en place d’une stratégie zéro-Covid, la plus efficace sur les plans sanitaire, économique et démocratique, comme l’a récemment montré une étude publiée le 28 avril dans la revue The Lancet mais au contraire, le président de la République s’est plutôt distingué par le zéro stratégie Covid. C’est ce que montre un récent rapport de l’Institut Molinari, dont le mensuel Alternatives économiques et l’économiste Eloi Laurent ont rendu compte le 12 avril dernier : rapport véritablement accablant pour l’Exécutif français, mais passé inaperçu dans la plupart des medias. Parmi les 20 pays les plus durement frappés par la pandémie depuis un an et demi, la France a raté tous les moments-clés de la pandémie, la première vague, les masques, les tests, la deuxième vague, les vaccins et la troisième vague, contrairement aux autres pays les plus touchés et a ainsi perdu sur tous les tableaux : mortalité, dégradation de la santé mentale, récession économique, explosion de la pauvreté et restriction des libertés publiques et individuelles. Nous avons en tête tout cela en nous exprimant, d’où notre profonde colère et notre dégoût face à ce « moment trumpien » de la présidence Macron.

Et nous avons tout cela en tête également en examinant l’ordre du jour de ce CHSCT. Comment ne pas s’étonner que le déni de la science, le ralliement aux positions de l’extrême droite (et les mensonges sur l’insécurité qui exploserait en dépit des chiffres qui montrent plutôt une baisse tendancielle dans notre société), le pari sur l’indifférence de la population à la souffrance des malades et des soignant⸱es, le cynisme à l’égard d’une hécatombe que l’on tente par tous les moyens de minimiser, comment ne pas s’étonner que cela ne rejaillisse à tous les niveaux de la société ainsi que dans l’Education nationale ? Dans notre département, il n’y a toujours aucune politique de prévention des risques professionnels dans les écoles et les établissements scolaires. Certes, quelques points ont connu des avancées, parmi lesquelles la mise en place du Registre Santé et Sécurité au Travail dématérialisé et le fait que de nombreux collègues s’en emparent et rédigent des fiches ; la communication récente au CHSCT des accidents du travail et des maladies professionnelles au CHSCT ; les journées de formations, initiale cette année et annuelle par la suite, à destination des assistant⸱es de prévention. Mais cela ne fait pas un programme de prévention des risques professionnels et ne permet guère de garantir un haut niveau de santé, de sécurité et de qualité des conditions de travail pour les quelques 20 000 personnels de ce département.
Face aux centaines de fiches SST remplies par les collègues du département, nos questions sont nombreuses et nous attendons des réponses concrètes et urgentes :
- quelles mesures l’Administration prend-elle pour assurer de bonnes conditions de travail dans plusieurs écoles et établissements où certains collègues semblent appeler au secours une hiérarchie qui n’apporte pas de solution (notamment l’école Hélène Boucher à Gruchet le Valasse, l’école de St-Eustache la forêt, l’école Louis de St-Just au Petit-Quevilly, l’école Sonia Delaunay à Dieppe, collège Mandela à Elbeuf, collège Pierre-Mendès France à Lillebonne...) ?
- Comment l’Administration agit-elle face aux nombreuses situations de violence physique subies par les personnels, en particulier par les AESH ?
- Comment l’Administration intègre-t-elle dans un éventuel programme de prévention des risques ces nombreuses situations de travail dégradées et consignées dans le RSST ?
- Comment va-t-elle former les personnels, et en particulier ses cadres qui sont responsables de la sécurité et des conditions de travail mais ne sont pour la plupart guère formés ?
- Quand l’Administration va-t-elle enfin intégrer le rôle des organisations du travail dans la souffrance au travail, ce que préconisait déjà clairement le Sénat dans un rapport de 2012 portant sur l’Education nationale ?

La CGT Educ’action 76 n’a pas d’autre priorité au sein de ce CHSCT que de permettre à tous nos collègues de travailler en bonne santé afin que chacun contribue à la noble mission qui est la nôtre : enseigner, transmettre des connaissances et faire de nos jeunes des citoyens libres et altruistes.
Le CHSCT est l’instance privilégiée pour agir avec ef-fi-ca-ci-té. La CGT Educ’action 76 y apporte sa contribution avec exigence et de la manière la plus unitaire possible avec nos camarades des autres organisations syndicales. Pour ne pas perdre sa vie à la gagner.


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Brèves

Justice - La taxe de 35 euros enfin supprimée

dimanche 4 août 2013

L’instauration d’un timbre fiscal de 35 €, décidée par le Gouvernement en 2011 et applicable depuis octobre 2011, pour toutes instances introduites devant les juridictions civiles, sociales, administratives et prud’homales, remet en cause l’accès au juge pour des milliers de salariés.

Comme nous l’avions prévu, cette taxe a entraîné une baisse conséquente des contentieux judiciaires, nombreux justiciables ayant renoncé à leur droit.

12 organisations, à l’initiative de la CGT se sont prononcées contre cette taxe. Après des mois de lutte nous avons enfin été entendus.

Christiane Taubira, Garde des sceaux, Ministre de la Justice, a annoncé, le 23 juillet 2013, la suppression, dans le projet de loi de finances pour 2014, de cette taxe.

Nous nous félicitons de cette décision obtenue grâce aux multiples manifestations dont une pétition nationale.

Montreuil, le 29 juillet 2013

Motion de la CGT Renault Cléon à propos de la défense des retraites

mardi 25 juin 2013

Texte de la motion votée à l’unanimité par la Commission exécutive du Syndicat CGT Renault Cléon à propos de la mobilisation contre la prochaine réforme des retraites.
Dès la fin septembre – début octobre, le gouvernement soumettra au parlement un projet de loi modifiant les conditions de départ à la retraite et abaissant le niveau des pensions des retraités, aggravant les effets de la réforme imposée par le gouvernement Sarkozy en 2010.
Ce qui laisse très peu de temps pour construire un rapport de force suffisant pour imposer l’abandon de ce projet de réforme.
Réuni en Commission exécutive, ce vendredi 21 juin, le syndicat CGT Renault Cléon appelle le bureau confédéral de la CGT :
- à proposer dès le début juillet une première date de mobilisation nationale pour les premiers jours de septembre
- à inscrire très clairement cette première date de mobilisation dans la perspective d’un blocage de l’économie, à la différence de la stratégie qui a conduit à l’échec de la mobilisation pour les retraites de 2010.

Voté à l’unanimité des 28 membres présents de la Commission exécutive

Projet de loi sur l’égalité femmes/hommes Pour la CGT le compte n’y est pas

mercredi 12 juin 2013

La Ministre des droits des femmes a présenté ce lundi en conseil supérieur pour l’égalité professionnelle le projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes. La CGT considère que ce projet de loi doit être un levier historique pour enfin atteindre l’égalité réelle entre les femmes et les hommes et sera particulièrement exigeante quant à son contenu.
Lire la suite du communiqué de la Confédératio}

Garantie Individuelle de Pouvoir d’Achat (GIPA) 2013

mercredi 8 mai 2013

Consultez, ci-contre, la fiche de calcul de la GIPA versée en 2013 réalisée par la CGT Fonction Publique. Cette fiche permet à tou
un chacun de savoir s’il a droit à la GIPA et, si oui, quel en sera le montant. La fiche permet aussi decalculer la perte réelle hors GVT ("glissement vieillesse-technicité") subie par tout agent de la Fonction Publique.

Les inégalités se creusent entre retraités

mercredi 24 avril 2013

Le niveau de vie des seniors est proche de celui des actifs. Les pensions des jeunes retraités progressent plus vite. Les revenus du patrimoine accentuent les écarts.
Lire la suite sur le site des Echos

Notre fiche de paie finance la Protection Sociale

jeudi 12 juillet 2012

Sur mon salaire brut on me prélève différents pourcentages, à mon employeur aussi : C’est le financement de « Notre protection sociale ». Toutes ces cotisations assises sur mon salaire vont dans le « pot commun » et quand j’ai un problème, je bénéficie de droits. C’est le salaire Socialisé. Les cotisations permettent d’assurer la protection sociale de TOUS car nous sommes tous des assurés sociaux ! C’est la solidarité
Lire le tract de la CGT Organismes sociaux

L’enseignement agricole veut "crever l’abcès" de la précarité

mardi 3 juillet 2012

A la veille d’une rencontre avec le nouveau ministre de l’agriculture, six syndicats de l’enseignement agricole font démarche commune pour obtenir un plan de titularisation des contractuels correspondant aux besoins et sortir des agents de la grande pauvreté liée à des statuts parfois illégaux.
Lire la suite sur le Café pédagogique

NouveVidéo : M. et Mme Pognon ne payent pas beaucoup de taxe d’habitation.lle brève

jeudi 29 décembre 2011

Retrouver M. et Mme Pognon avec le paiement de leur taxe d’habitation. Comme toujours, ils trouvent cela bien trop cher, et pourtant...
Voir la vidéo sur le site de la CGT Finances