Déclaration de la CGT Educ’action au Comité Technique Académique du 30 novembre 2021

jeudi 2 décembre 2021
par  Luc De Chivré
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Madame la Rectrice,

nous ne consacrerons dans notre déclaration que peu de temps aux points inscrits à l’ordre du jour. Concernant le bilan sur les lignes directrices de gestion, quelques données nous interrogent évidemment, et elles seront sans doute évoquées dans le débat, mais ce qui nous inquiète c’est bel et bien la fin du paritarisme qui était pour les collègues une garantie d’égalité de traitement, ou pour le moins pour leurs élu.e.s la possibilité de vérifier et de faire modifier des décisions en cas d’erreur. Certes, la possibilité de recours existe, mais elle se fait finalement « à l’aveugle » puisque les élu.e.s et les personnels n’ont pas toutes les cartes en main pour vérifier l’équité des décisions prises. Quant à la revalorisation du régime indemnitaire des personnels de la filière sociale, nos remarques seront également assez rapides : nous préférons une augmentation du point d’indices à des augmentations du régime indemnitaire qui sont bien plus faciles à supprimer ou à diminuer et nous regrettons également que ces augmentations accentuent fortement la différence salariale entre les plus bas salaires et les salaires les plus élevés de la filière sociale. Et nous nous interrogeons toujours sur la valeur que vous donnez au « dialogue avec les organisations syndicales » alors que notre avis n’arrive qu’en fin de course et que nous opposer aux décisions que vous avez prises bloquerait le versement de cette indemnité au moment même où l’inflation galopante rend si importante une augmentation salariale même si elle est n’est ni indiciaire, ni égalitaire.
Il nous semble plus important d’évoquer dans ce Comité Technique Académique la question des dispositifs ULIS et plus largement de l’inclusion des élèves en situation de handicap. Le sort réservé aux dispositifs ULIS en Seine Maritime en dit long sur la différence entre la réalité et les déclarations pour l’inclusion des élèves en situation de handicap. En collège, suite à la décision de ne plus permettre aux Professeur.e.s des écoles de postuler sur les postes spécialisés des ULIS du second degré, 22 dispositifs ULIS collège sont coordonnés par un.e contractuel.le sans formation et c’est aussi le cas dans 3 écoles. Toujours en Seine Maritime, le maxima d’effectif en ULIS va passer à 13 puis à 14, contre l’avis des personnels qui seront mobilisés demain dans un cadre intersyndical. Nous sommes opposé.e.s a cette mesure et demandons un maxima de 10 élèves par dispositif ULIS. Nous souhaiterions également savoir si les collègues doivent craindre un même passage à 14 élèves pour l’Eure. De nombreux personnels nous font part également de leur colère de voir que le temps d’accompagnement des élèves en situation de handicap se réduit de plus en plus, faute de recrutement de personnels. Nous dénonçons cette inclusion "low cost" qui se fait au détriment des élèves et au mépris de personnels AESH que le Ministère maintient dans la précarite et refuse de titulariser malgré de fortes mobilisations. Et nous dénonçons de manière plus large les menaces qui pèsent sur l’enseignement spécialisé.
Concernant les agents et missions « Jeunesse et Sports », quasiment un an après l’intégration à l’Education nationale, les sources d’insatisfaction des collègues sont là aussi nombreuses et lourdes. Nous n’en citerons que quelques-unes ici :

  • sentiment de désintérêt, voire de mépris de la part de l’administration vis-à-vis des agents et des organisations syndicales « Jeunesse et sports » représentatives, se traduisant notamment par des comités de suivi et groupes de travail peu nombreux, régulièrement déplacés, et sans réels espaces de dialogue et d’écoute malgré la multitude des sujets à traiter ;
  • des problématiques matérielles pas encore résolues dans plusieurs services (outils informatiques et de communication, prise en charge des frais de déplacements, véhicules de services…) ;
  • des problématiques RH elles aussi « en attente » (règlement intérieur commun, action sociale, primes et régimes indemnitaires, absence d’arrêtés d’affectation…) ;
  • un document stratégique régional exsangue, qui se contente de reprendre la directive nationale d’orientation sans donner réellement échos aux propositions constructives des agents et des organisations syndicales attaché.e.s à une approche par enjeux éducatifs et sociaux plutôt que par liste de dispositifs ;
  • des moyens humains largement insuffisants pour mener à bien l’ensemble des missions confiées et respecter les missions statutaires des agents, tant pour les personnels administratifs que pour les personnels techniques et pédagogiques ;
  • un service national universel qui, en plus de constituer une nouvelle charge de travail insupportable pour les services, est, du point de vue d’un grand nombre de collègues, en totale opposition avec le sens même des ambitions d’engagement et d’émancipation affichées ;
  • bref, une absence totale de vision et de construction concertée des ambitions de « continuité et de complémentarité éducative » pourtant affichées par le ministre, et une absence également de reconnaissance des spécificités des missions et des statuts des agents « Jeunesse et Sports ». A propos du protocole sanitaire, alors que les taux d’incidence et de contamination se dégradent et que les fermetures de classes se multiplient, les mesures prises nous interrogent. Est-ce un affaiblissement de la vigilance pour masquer les fermetures de classe ou bien y aura-t-il vraiment création d’équipes médicales pour permettre des dépistages immédiats et éviter d’attendre les résultats parfois plus de 48h comme c’est arrivé dans les départements expérimentaux ? Nous regrettons aussi massifier des dépistages préventifs ne soit toujours pas à l’ordre du jour. Nous continuons de revendiquer la création immédiate de postes afin de généraliser les dédoublements et d’augmenter les moyens de remplacement. Nous dénonçons le fait qu’aucun moyen supplémentaire n’ait été donné au secteur hospitalier et de la santé pour faire face à une nouvelle montée en tension prévisible. La politique d’austérité menée par le gouvernement nous mène droit dans le mur et les motifs d’inquiétude sont multiples et le seront tant qu’aucun plan d’urgence pour l’Education nationale et pour les services publics ne sera adopté. C’est pourquoi nous défendrons auprès des personnels, la nécessité de construire une grève en janvier en lien avec les salarié.e.s du public et du privé, au moment où de probables suppressions de postes seront annoncées dans l’éducation. Nous terminerons notre déclaration en exprimant notre dégoût du capitalisme et de toutes les politiques, les idéologies qui poussent des femmes, des hommes et des enfants à fuir la famine, la guerre, les violences, le patriarcat, la dictature.... et à venir mourir sur nos côtes, faute d’une politique d’accueil et d’humanité.

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Lubrizol : 1 an après on oublie pas ! Réunion publique le 25 septembre, manifestation le 26 septembre

mardi 8 septembre 2020

Réunion publique d’information sous chapiteau Vendredi 25 septembre 2020 de 18 à 20h A la Friche Lucien, place Carnot, ROUEN
Jeudi MANIFESTATION Samedi 26 septembre 13h30 Rendez-vous devant : LUBRIZOL (quai de France)

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Ecoles Delaunay en action le 22 janvier 2020 pour revenir en REP+

jeudi 23 janvier 2020

Lors de l’animation pédagogique du mercredi 22 janvier 2020 sur « les élèves à besoins particuliers », les enseignants ont rappelé leur exigence de classer les écoles maternelle Delaunay-Laurencin et élémentaire Sonia Delaunay de Dieppe (Val Druel) en REP+. En effet, elles sont sorties de l’Éducation Prioritaire en 2014 et ont été exclues des dispositifs REP et REP+ alors qu’elles répondent à tous les critères pour être classées en REP+. Son rang (64ème) au niveau académique la situe au même niveau que les écoles de REP+ du Havre ou de Rouen Nord.

Tous les enseignant·e·s des deux écoles sont venu·e·s avec un tee-shirt rappelant leur exigence et ont pris la parole en début d’animation. À l’issue de l’animation, l’urne était disponible pour pouvoir faire voter au référendum d’initiative populaire.

La CGT Éduc’action 76 soutient les collègues dans leurs actions.

Motion de soutien aux salariés de la Chapelle d’Arblay

mercredi 18 septembre 2019

Les camarades de la CGT Educ’action Haute-Normandie réunis en Assemblée générale de rentrée le 16 septembre 2019 à Maromme expriment leur soutien aux salariés de la Chapelle Darblay, menacés de licenciement.
Dans le secteur privé, les fermetures de site et les plans de licenciement se multiplient. Dans les services publics, ce sont les suppressions de postes massives et la dégradation des conditions de travail.
De plus, la réforme des retraites est une attaque contre l’ensemble des salariés.

  • Zéro licenciement !
  • Non à la fermeture des sites !
  • Non à la casse des services publics !
  • Non à la réforme des retraites ! Luttons tous ensemble !

Motion adoptée à l’unanimité par l’AG des syndiqué-e-s CGT éduc’action Rouen

Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

vendredi 13 septembre 2019

La lettre de cadrage pour la fusion des académies de Caen et Rouen certifiait que la gestion des personnels enseignants ne serait pas impacté jusqu’en 2022 (Mais en 2018 on nous jurait que la fusion n’était pas encore décidée). A en croire M. le Ministre, jusqu’à cette ce cas de figure n’existera pas. Mais après 2022 ça devient tout à fait possible pour les personnels du second degré. Le Rectorat a tout intérêt à ce que la souplesse et la mobilité des personnels soient maximales. Et avec l’affaiblissement du rôle des CAPA il sera encore plus compliqué d’influer sur les choix des services académiques, sans oublier que pour les contractuels ce « contrôle » est inexistant.

Une fusion des académies pour fermer des sections !

vendredi 13 septembre 2019

Le Rectorat et la Région Normandie lancent la réflexion pour une nouvelle carte de formation à la rentrée de septembre 2020. Ca ne sent pas bon du tout ! L’académie et la région de Normandie auront, si nous ne faisons pas reculer le Ministère, le même périmètre au 1° janvier. Les filières de formation, frontalières pour le moment, ou seulement identiques, seront à la prochaine rentrée dans la même académie. Ce sera une très bonne excuse pour fusionner et fermer par ci par là et pour récupérer les postes.