Crise du recrutement : une catastrophe annoncée

communiqué de la FERC CGT
vendredi 20 mai 2022
par  Luc De Chivré
popularité : 17%

Depuis des semaines, le Ministère refusait de communiquer les résultats des concours de recrutement. Ils sont maintenant connus et la catastrophe est visible. Les chiffres sont encore plus inquiétants que prévus. Nationalement, les disciplines déjà déficitaires habituellement sont sinistrées.

Ainsi en maths, 816 candidat·es sont admissibles pour 1035 postes à pourvoir. En allemand, 83 admissibles pour 215 postes proposés. Le nombre de candidat·es est divisé par deux par rapport à l’année dernière ! En anglais il y a 904 admissibles pour 781 postes. Iels étaient 1485 en 2021 pour 797 postes. Toutes les matières sont touchées, dans des proportions différentes. À la rentrée, des centaines de postes ne seront pas pourvus. Dans le 1er degré, l’Ile de France est totalement ravagée. À Versailles, le résultat du concours de professeur·ses des écoles est alarmant. Il y a 484 admissibles pour 1430 postes. Idem à Créteil avec 521 admissibles pour 1079 postes. Même l’académie de Paris ne pourra pas pourvoir tous les postes, pour la première fois, avec 180 admissibles pour 219 postes. C’est aussi la même chose pour les lycées professionnels : 201 admissibles pour 240 postes au PLP Maths-Sciences, 137 admissibles pour 190 postes au PLP Biotechnologies-santé-environnement.
Même l’enseignement privé qui fait habituellement le plein pour ses concours est touché : pour les disciplines générales du CAFEP (équivalent du CAPES) le ratio admissible/nombre de postes était légèrement supérieur à 2 en 2021, il tombe à 1,5 en 2022 Au CAFEP d’allemand, il y a moins d’admissibles que de postes. Des milliers de postes d’enseignant·es pour la rentrée prochaine sont donc déjà perdus.

Et cela sera pire après les épreuves orales d’admission qui commencent. Tou·tes les admissibles ne seront pas recruté·es. Dans les écoles, la rentrée 2022 s’annonce compliquée... Le manque de remplaçant·es, déjà criant, va s’amplifier. Les conditions de travail des personnels et d’études des élèves seront ruinées. Cette situation est en grande partie le bilan du projet Blanquer pour l’École, en particulier la réforme de la formation des enseignant·es et des concours (le master MEEF a été refondu avec une contractualisation et une précarisation des étudiant·es et le concours repoussé d’un an passant du M1 à la fin de M2).

Cette gabegie est d’une certaine manière organisée par le ministère afin de casser le statut des enseignant·es. Par exemple, le rectorat de Versailles annonce déjà le recrutement de plus de 1300 enseignant·es contractuel·les (700 dans le 1er degré, 600 dans le second degré) dès début juin. Cela signifie une formation au rabais, davantage de précarité et des salaires plus faibles.

Pour améliorer les conditions de travail, l’abrogation de ses nombreuses contre-réformes est indispensable ! Depuis des années, nos organisations CGT font des propositions pour inverser la dégradation de cette situation. La CGT rappelle qu’enseigner est un métier qui s’apprend : elle revendique un concours en L3 et deux années de formation en qualité de fonctionnaire stagiaire payé permettant de valider un Master. C’est la meilleure façon de préparer réellement à l’exercice du métier d’enseignant·e et d’en permettre l’accès au plus grand nombre dans des conditions dignes et acceptables. La CGT revendique un plan d’urgence pour l’École et ses personnels, avec notamment, le dégel de la valeur du point d’indice et son indexation sur les prix à la consommation, un rattrapage des pertes antérieures avec une augmentation immédiate de 400 € pour tou·tes. Tout comme l’abrogation des réformes, la revalorisation des métiers de l’éducation ne peut plus attendre !

Montreuil le 19 mai 2022


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Brèves

Lubrizol : 1 an après on oublie pas ! Réunion publique le 25 septembre, manifestation le 26 septembre

mardi 8 septembre 2020

Réunion publique d’information sous chapiteau Vendredi 25 septembre 2020 de 18 à 20h A la Friche Lucien, place Carnot, ROUEN
Jeudi MANIFESTATION Samedi 26 septembre 13h30 Rendez-vous devant : LUBRIZOL (quai de France)

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Ecoles Delaunay en action le 22 janvier 2020 pour revenir en REP+

jeudi 23 janvier 2020

Lors de l’animation pédagogique du mercredi 22 janvier 2020 sur « les élèves à besoins particuliers », les enseignants ont rappelé leur exigence de classer les écoles maternelle Delaunay-Laurencin et élémentaire Sonia Delaunay de Dieppe (Val Druel) en REP+. En effet, elles sont sorties de l’Éducation Prioritaire en 2014 et ont été exclues des dispositifs REP et REP+ alors qu’elles répondent à tous les critères pour être classées en REP+. Son rang (64ème) au niveau académique la situe au même niveau que les écoles de REP+ du Havre ou de Rouen Nord.

Tous les enseignant·e·s des deux écoles sont venu·e·s avec un tee-shirt rappelant leur exigence et ont pris la parole en début d’animation. À l’issue de l’animation, l’urne était disponible pour pouvoir faire voter au référendum d’initiative populaire.

La CGT Éduc’action 76 soutient les collègues dans leurs actions.

Motion de soutien aux salariés de la Chapelle d’Arblay

mercredi 18 septembre 2019

Les camarades de la CGT Educ’action Haute-Normandie réunis en Assemblée générale de rentrée le 16 septembre 2019 à Maromme expriment leur soutien aux salariés de la Chapelle Darblay, menacés de licenciement.
Dans le secteur privé, les fermetures de site et les plans de licenciement se multiplient. Dans les services publics, ce sont les suppressions de postes massives et la dégradation des conditions de travail.
De plus, la réforme des retraites est une attaque contre l’ensemble des salariés.

  • Zéro licenciement !
  • Non à la fermeture des sites !
  • Non à la casse des services publics !
  • Non à la réforme des retraites ! Luttons tous ensemble !

Motion adoptée à l’unanimité par l’AG des syndiqué-e-s CGT éduc’action Rouen

Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

vendredi 13 septembre 2019

La lettre de cadrage pour la fusion des académies de Caen et Rouen certifiait que la gestion des personnels enseignants ne serait pas impacté jusqu’en 2022 (Mais en 2018 on nous jurait que la fusion n’était pas encore décidée). A en croire M. le Ministre, jusqu’à cette ce cas de figure n’existera pas. Mais après 2022 ça devient tout à fait possible pour les personnels du second degré. Le Rectorat a tout intérêt à ce que la souplesse et la mobilité des personnels soient maximales. Et avec l’affaiblissement du rôle des CAPA il sera encore plus compliqué d’influer sur les choix des services académiques, sans oublier que pour les contractuels ce « contrôle » est inexistant.

Une fusion des académies pour fermer des sections !

vendredi 13 septembre 2019

Le Rectorat et la Région Normandie lancent la réflexion pour une nouvelle carte de formation à la rentrée de septembre 2020. Ca ne sent pas bon du tout ! L’académie et la région de Normandie auront, si nous ne faisons pas reculer le Ministère, le même périmètre au 1° janvier. Les filières de formation, frontalières pour le moment, ou seulement identiques, seront à la prochaine rentrée dans la même académie. Ce sera une très bonne excuse pour fusionner et fermer par ci par là et pour récupérer les postes.