Compte rendu de la réunion pole FTP du 4 octobre 2007

mercredi 24 octobre 2007
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La réunion a permis d’aborder de nombreux sujets et a mis en avant des évolutions à l’œuvre dans les établissements avec la plupart du temps le constat d’une certaine dégradation.

Précarité, recrutement des PLP, orientation des élèves, apprentissage, organisation des enseignements avec le CCF et les PFE, intégration des élèves en situation de handicap, pression des administrations locales pour contourner le statut des personnels.

Le développement de la précarité est une question récurrente qui affecte particulièrement l’enseignement professionnel.
Depuis 2002 le nombre des postes aux concours des PLP a sévèrement diminué . La politique de réduction du nombre de fonctionnaires va s’accentuer, ce qui ne peut conduire qu’à l’augmentation des contractuels. C’est un axe important de l’activité syndicale.
Le recrutement des enseignants des spécialités professionnelles ne pose pas que des problèmes quantitatifs. Il existe des spécialités pour lesquelles il n’y a pas de concours, ou pour lesquelles il n’existe pas de diplôme pourtant exigible à l’inscription au concours.

Plus fondamentalement, la question de l’expérience professionnelle est importante. Nous avons rappelé que la durée minimum dans l’exercice d’un métier est souhaitable pour postuler au concours des disciplines professionnelles. La discussion n’a pas abordé les problèmes que pose le nombre retreint de candidats dans certaines spécialités. Rappelons que la CGT Educ’action revendique le pré recrutement des PLP et la réouverture des cycles préparatoires qui ont été abandonnés.

Le débat a donné l’occasion de condamner une fois de plus le système PAM utilisé pour l’orientation et l’affectation des élèves qui fait peu de cas du goût des élèves.

Au-delà, quelles gestions des flux dans les académies ? Certaines semblent encourager l’orientation vers la voie générale. Des difficultés de recrutement des élèves dans certaines spécialités persistent.
Quant à l’apprentissage, ce n’est pas cette réunion qui pouvait faire un bilan exhaustif, des camarades ont cependant témoigné de son développement, par exemple dans « les maisons rurales ». Des établissements ouvrent des formations au recrutement mixte (12 sous statut scolaire, 12 en apprentissage).

L’incohérence des cartes de formations a été soulignée ainsi que la « guéguerre » entre les Rectorats et les Régions. Le lien entre la déstructuration du tissu industriel a évidement des incidences sur les PRDFP .

Une fois de plus, notre analyse sur les Périodes de formation en entreprise a été confirmée ainsi que celle qui concerne le CCF . Ce qui valide d’autant plus nos repères revendicatifs en la matière.

Une question souvent évoquée dans les réunions concerne les élèves en situation de handicap. Suite à la loi de 2005, de plus en plus d’élèves sont accueillis dans des conditions qui ne sont pas satisfaisantes. Des conditions qui contribuent à dégrader les conditions d’enseignement.

Nous avons voulu mettre au centre de notre réflexion la réduction programmée de l’offre de formation et le développement du bac pro 3 ans. Nous n’avons pas épuisé le sujet et nous aurons certainement l’occasion d’y revenir, mais quelques éléments ont été soulignés.

Tout d’abord un rappel : Xavier Darcos, conformément à l’audit sur l’enseignement pro, veut limiter le nombre des diplômes professionnels à une vingtaine de champs.

Comment cette volonté se traduira-t-elle concrètement ? Actuellement, il existe 69 Bac pro, à terme, il devrait en rester 20.
Selon la logique ministérielle qui veut redéfinir des bacs pro plus généralistes, cette diminution devrait se réaliser par l’abrogation de la totalité des bacs pro existants et par la création de 20 bacs pro nouveaux qui devront être la synthèse de plusieurs bacs pro existant actuellement.

Exemple : il existe 6 bacs pro du domaine de la maintenance avec des spécialités précises , le principe serait de redéfinir un seul bac pro très généraliste des métiers de la maintenance, et de transférer la spécialisation professionnelle (maintenance automobile par exemple) aux entreprises. Même raisonnement avec les 3 bacs pro des métiers du bois etc.

Nous sommes bien, là, dans une redéfinition profonde des finalités de l’enseignement professionnel avec comme enjeu central les contenus professionnels des formations.

Le débat a attesté d’une certaine « déprofessionnalisation » des formations par la diminution du nombre d’heures de spécialité après la redéfinition des grilles horaires en 2000. Cette diminution d’heures n’est pas compensée par les PFE dont nous critiquons l’efficacité. Mais ce dont il est question maintenant, c’est de la redéfinition des contenus et des objectifs avec la limitation des techniques de mise en oeuvre, des modes opératoires, des savoir-faire au bénéfice d’acquisition de savoirs techniques et technologiques transversaux.
Actuellement, le bac pro se définit ainsi : « Le baccalauréat professionnel est un diplôme national qui atteste l’aptitude de son titulaire à exercer une activité professionnelle hautement qualifiée ».

La culture générale dans l’enseignement professionnel est déterminante.

C’est un axe revendicatif fondamental pour la CGT. C’est une des raisons de notre critique de l’apprentissage qui réduit le volume horaire de l’enseignement général mais quid de la professionnalisation. Sommes nous d’accord pour qu’elle soit différée après le bac pro, avec la perspective pour les jeunes soit d’accomplir leur spécialisation avec un contrat d’apprentissage ou par un contrat de professionnalisation ? Il est question de leur qualification et de leur embauche à l’issue de leur formation.

Le Bac pro 3 ans.

Il faut considérer l’immédiat, le très court terme et le moyen terme. X. Darcos veut les généraliser. La première étape consistera à passer de 10 000 à 40 000 élèves. Des camarades affichent leur scepticisme quant à la réussite de l’objectif. Quoi qu’il en soit, l’échange a stabilisé une conception générale et des questionnements :
Le bac pro 3 ans peut être pertinent pour certaines filières plus que pour d’autres (les métiers du tertiaire par exemple).
Trois ans de formation peuvent convenir à certains élèves, mais il faut maintenir les structures 2+2 (BEP+Bac Pro) en parallèle.
Il faut, en tout état de cause, permettre aux élèves d’obtenir un BEP dans le cursus. « Tous les élèves ne peuvent pas atteindre le bac pro, pour certains d’entre eux, le BEP est un horizon atteignable »
Il a été rappelé que le BEP reste un référent dans les grilles de classification pour certaines branches professionnelles et que sa disparition pourrait être dramatique.

Dans le domaine du sanitaire et social par exemple, le BEP garde toute sa pertinence opérationnelle et constitue un palier d’embauche, le bac pro, qui a sa pertinence ne répond pas aux mêmes finalités.

Mais les questionnements portent sur l’articulation entre voie pro et voie technologique. Si la voie professionnelle n’est plus une voie d’insertion au niveau IV et évolue vers la poursuite d’études, quelle lisibilité entre les deux voies et quel sera le choix des jeunes ?
Beaucoup d’incertitudes planent encore, incertitudes renforcées par le report de la réforme STI.

Alain Gautheron


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