Cela passe aujourd’hui par le refus de la généralisation du Bac Pro 3 ans.

mercredi 28 novembre 2007
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Sans aucune concertation, le ministère engage une refonte profonde de l’enseignement professionnel en transformant massivement les filières scolaires BEP (2 ans) + Bac Pro (2 ans) en une seule possibilité : le Bac Pro en 3 ans.

Une circulaire ministérielle interne, datée du 29 octobre 2007, jusque-là dissimulée, indique que 45 OOO élèves devraient être concernés par ce Bac Pro 3 ans pour la rentrée prochaine. C’est plus de 4 fois le nombre d’élèves se présentant actuellement à cet examen dans le cadre d’une formation en 3 ans.
A terme tous des élèves de Bac Pro seront concernés.

Faisant fi des conclusions du rapport Prat de septembre 2005, qui fait un bilan très mitigé des premières expériences de Bac Pro 3 ans, le ministre, puis le recteur, décident dans un seul souci d’économies budgétaires, de mettre les bouchées doubles pour transformer les filières scolaires BEP (2 ans) + Bac Pro (2 ans) en une filière directe Bac Pro 3 ans.

Dans ce rapport, l’inspecteur Prat écrit :

« Si le bac professionnel constitue une première réponse à la flexibilité des parcours ce dispositif n’y répond que partiellement et de manière trop rigide…
Le parcours en trois ans n’est donc qu’un élément de réponse qui ne concerne qu’une faible partie des publics
 ».

En effet, seuls les élèves issus de troisième ayant un potentiel suffisant pour acquérir le niveau IV de formation pourront suivre un cursus raccourci à trois ans, sans étape de validation intermédiaire.

Nous prenons cette proposition du rapport à notre compte :

« En effet, certaines qualifications du niveau IV n’imposent-elles pas un cursus en 4 ans lorsque le savoir-faire est important (hôtellerie, bâtiment par exemple) ? », indique encore le rapport !

Ce ne sont effectivement pas les seules spécialités, de nombreuses autres répondent aux mêmes exigences pédagogiques. Ceci est aussi valable pour l’enseignement général, avec un nombre d’heures réduit drastiquement et des effectifs en hausse.

- A titre d’exemples : La circulaire de Xavier Darcos du 29.10 dit :
"Pour la rentrée 2008, la grille horaire applicable en première année de baccalauréat professionnel sera celle de la seconde BEP […] dans laquelle le nombre d’heures de modules sera fixé à une heure, réservée aux élèves pour lesquels une aide personnalisée s’avèrera nécessaire."
A partir des grilles horaires (BEP et Bac Pro) actuelles, une formation Bac Pro en 3 ans attesterait d’une réduction importante des heures d’enseignement, comparativement à une formation en 4 ans.
Dans un secteur production une étude donne, par exemple, pour atteindre le même niveau de formation :

  • Enseignement technologique ou de spécialité : 612 heures supprimées !
  • Français histoire géographie : 102 heures supprimées !
  • Langue Vivante 1 : 68 heures supprimées !
  • Maths sciences physique : 136 heures supprimées !

Par ailleurs, l’objectif de « densifier » les effectifs par classe est envisagé. En effet, pour une classe de 24 élèves de 1ère année Bac Pro, un effectif de 30 élèves en 2ème et 3ème année de Bac Pro est envisagé : entre autres pour intégrer des élèves issus de classe de CAP en 2ème année de Bac Pro.

Aucune réflexion pédagogique derrière ces décisions !
Seules comptent les restrictions budgétaires. Le nombre d’heures de modules est ramené à 1 heure. Qu’adviendra-t-il dans ce contexte, d’un enseignement pourtant aussi important en Lycée professionnel que la VSP et l’HPS ?

- Avec la généralisation du Bac Pro 3 ans, le BEP est condamné. La circulaire ministérielle, affirme que le BEP et le CAP sont à peu près la même chose… On notera l’approximation du point de vue !

- Elle annonce, par ailleurs :
« sera définie une certification de niveau V accessible aux élèves à la fin de la deuxième année du parcours en 3 ans ».
De quelle certification s’agit-il ? De BEP, de CAP ?

Une première étape de réforme qui pourrait en préparer d’autres :

Les annonces ministérielles et des propositions « de groupes d’experts » du ministère des finances (rapport d’audit) laissent penser que cette
accélération de la mise en place des Bac Pro 3 ans précéderait une réduction du nombre de diplômes proposés. Pour l’instant, on n’en est pas là car aucune consigne précise n’a encore été donnée aux services du ministère en charge de ces questions, mais cela pourrait constituer une deuxième étape.

Qu’en est-il des bacs technologiques, eux aussi en 3 ans, dont la réforme initialement prévue pour 2008 a été suspendue précipitamment ?

Tout s’est préparé dans une opacité totale. Nous sommes finalement confrontés à une grande improvisation qui conduira à un affaiblissement du potentiel de formation des Lycées Professionnels.

De nombreux postes d’enseignants risquent d’être supprimés (il faut bien trouver 11200 postes pour 2008 !) avec leurs cortèges de « déplacements d’office ».

ENSEMBLE, DEFENDONS L’AVENIR DE L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL

- Agissons pour améliorer nos conditions de travail
- Agissons pour garantir les missions du service public d’enseignement professionnel

Cela passe aujourd’hui par le refus de la généralisation du Bac Pro 3 ans.

Le recteur a réuni ce mercredi 28 novembre les chefs d’établissements et de travaux concernés pour donner le détail des mesures prises. Nous appelons les personnels à se réunir très rapidement, dans l’unité la plus large, dans les établissements, pour décider des actions immédiates contre ce coup de force !

- L’ URSEN - CGT - ROUEN dépose ce jour un préavis de grève auprès du recteur pour couvrir toutes les actions décidées par les personnels.
- Elle propose aux autres syndicats une rencontre intersyndicale pour décider d’une action unitaire.
- Elle dépose une demande d’audience au Recteur.

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Lors de l’animation pédagogique du mercredi 22 janvier 2020 sur « les élèves à besoins particuliers », les enseignants ont rappelé leur exigence de classer les écoles maternelle Delaunay-Laurencin et élémentaire Sonia Delaunay de Dieppe (Val Druel) en REP+. En effet, elles sont sorties de l’Éducation Prioritaire en 2014 et ont été exclues des dispositifs REP et REP+ alors qu’elles répondent à tous les critères pour être classées en REP+. Son rang (64ème) au niveau académique la situe au même niveau que les écoles de REP+ du Havre ou de Rouen Nord.

Tous les enseignant·e·s des deux écoles sont venu·e·s avec un tee-shirt rappelant leur exigence et ont pris la parole en début d’animation. À l’issue de l’animation, l’urne était disponible pour pouvoir faire voter au référendum d’initiative populaire.

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De plus, la réforme des retraites est une attaque contre l’ensemble des salariés.

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  • Non à la casse des services publics !
  • Non à la réforme des retraites ! Luttons tous ensemble !

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