Premières leçons pour les luttes à venir :

Les cheminots ont ouvert la brèche.
mercredi 12 décembre 2007
par  Didier Germain-Thomas
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Les cheminots et les travailleurs de la RATP n’ont pas gagné et nous avons tous à discuter des raisons de cet échec. Mais ils n’ont absolument pas subi la défaite en rase campagne, dans l’isolement et le rejet espérés par Sarkozy ; Bien au contraire ils ont réellement ouvert une large brèche dans le climat de résignation politique et sociale.
Ils ont réussi à mener leur grève pendant dix jours malgré le poids de la machine gouvernementale et médiatique, malgré les freins et les lâchages à de nombreux niveaux politiques et syndicaux.
Ils ont tenu jusqu’à la grande journée du 20. Aucun secteur, à part les étudiants, ne les a rejoints dans la lutte. La convergence s’est trop fait attendre. Mais nous devons dire et leur dire que c’est eux, les grévistes, qui avaient raison. Ils ont mené la première bataille contre la politique de Sarkozy, nous aurions peut-être pu la gagner tous ensemble. A nous de préparer la prochaine et de faire en sorte que cette fois les divers verrous à l’extension de la grève sautent et que la convergence des luttes soit possible.

Pourquoi la grève reconductible dans trois secteurs clés, massive et déterminée à la SNCF et à la RATP, n’a-t-elle pas tenu jusqu’à faire céder le gouvernement ? Il y a surement de nombreuses raisons, mais parmi celles-ci il y a de toute évidence la stratégie des directions syndicales confédérales, et en particulier celle de la première d’entre elles, la nôtre, la CGT.
La direction confédérale et Bernard Thibault n’ont pas voulu construire la convergence interprofessionnelle. Dès le 18 octobre elle aurait pu donner cette impulsion en appelant tous les syndicats de la confédération à participer à cette première journée de mobilisation. Ce sont des fédérations, des ud et des ul, des syndicats d’entreprise qui ont donné au 18 son caractère interprofessionnel. A la veille du démarrage de la grève reconductible à la SNCF, à la RATP et à l’EDF, la direction confédérale a envoyé des signaux de faiblesse au gouvernement : demande de négociations séparées (avant le début de la grève !), acceptation de fait du cadrage voulu par le gouvernement (qui ne cessait d’annoncer qu’il ne négocierait pas sur les 37,5 annuités).

Dans cette bataille l’enjeu était de faire converger les luttes et les revendications du public comme du privé, défense de toutes les retraites, des emplois et des salaires. Il était évident que les cheminots ne tiendraient pas longtemps seuls. Le 20 novembre aurait dû être une journée interprofessionnelle de grève public-privé avec la perspective de rejoindre la SNCF et la RATP dans la grève reconductible. Il n’en n’était pas question pour la CFDT, mais la direction de la CGT s’est alignée sur cette position : « pas de convergences » « pas mélanger » c’était la « journée fonction publique ».

Les fédérations de fonctionnaires, et à leur suite les fédérations de l’Education Nationale ont adopté la même ligne : la FSU n’a pas appelé à la grève le 18 octobre. Toutes les fédérations de fonctionnaires (même la nôtre) ont attendu un mois pour appeler à une journée de grève expressément limitée le 20 novembre et, malgré l’énorme succès de cette journée, repoussé toute initiative d’abord en décembre puis en janvier.

Cette stratégie de la négociation a minima avant la grève et en annonçant qu’on ne recherche pas le rapport de forces maximum, cette application du « syndicalisme rassemblé » où on s’aligne sur le syndicat le moins combatif , est une stratégie qui ne peut engendrer que des défaites.

C’est bien ce qu’ont voulu signifier, de nombreux syndicats, fédérations , UD ou UL CGT qui ont multiplié à partir du 14 novembre les appels à une grève interprofessionnelle nationale sur les objectifs communs à tous les salariés.

La fin de la grève à la SNCF n’enlève pas la nécessité de préparer une telle grève, même si elle en repousse la perspective immédiate. Nous militons en ce sens.

La lutte peut et doit continuer. Le gouvernement va avancer ses plans, sur les retraites comme sur les statuts, les suppressions de postes, etc. Dans l’Education Nationale nous le voyons bien avec les attaques sur l’enseignement professionnel.
Les luttes sont devant nous. Elles se multiplient dans le public comme dans le privé.

Nous militants de la CGT Education nous continuerons à défendre, dans notre syndicat comme auprès de nos collègues de travail, la même perspective : contribuer à la construction d’un mouvement d’ensemble. Refuser le repli sur le corporatisme et les « journées d’action » sans lendemain. Réaffirmer nos revendications, EN et générales, et notre volonté de participer à des grèves interprofessionnelles sur les revendications communes à tous les salariés.

La grève des cheminots ne restera pas sans lendemain si nous y travaillons.


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Ecoles Delaunay en action le 22 janvier 2020 pour revenir en REP+

jeudi 23 janvier

Lors de l’animation pédagogique du mercredi 22 janvier 2020 sur « les élèves à besoins particuliers », les enseignants ont rappelé leur exigence de classer les écoles maternelle Delaunay-Laurencin et élémentaire Sonia Delaunay de Dieppe (Val Druel) en REP+. En effet, elles sont sorties de l’Éducation Prioritaire en 2014 et ont été exclues des dispositifs REP et REP+ alors qu’elles répondent à tous les critères pour être classées en REP+. Son rang (64ème) au niveau académique la situe au même niveau que les écoles de REP+ du Havre ou de Rouen Nord.

Tous les enseignant·e·s des deux écoles sont venu·e·s avec un tee-shirt rappelant leur exigence et ont pris la parole en début d’animation. À l’issue de l’animation, l’urne était disponible pour pouvoir faire voter au référendum d’initiative populaire.

La CGT Éduc’action 76 soutient les collègues dans leurs actions.

Motion de soutien aux salariés de la Chapelle d’Arblay

mercredi 18 septembre 2019

Les camarades de la CGT Educ’action Haute-Normandie réunis en Assemblée générale de rentrée le 16 septembre 2019 à Maromme expriment leur soutien aux salariés de la Chapelle Darblay, menacés de licenciement.
Dans le secteur privé, les fermetures de site et les plans de licenciement se multiplient. Dans les services publics, ce sont les suppressions de postes massives et la dégradation des conditions de travail.
De plus, la réforme des retraites est une attaque contre l’ensemble des salariés.

  • Zéro licenciement !
  • Non à la fermeture des sites !
  • Non à la casse des services publics !
  • Non à la réforme des retraites ! Luttons tous ensemble !

Motion adoptée à l’unanimité par l’AG des syndiqué-e-s CGT éduc’action Rouen

Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

vendredi 13 septembre 2019

La lettre de cadrage pour la fusion des académies de Caen et Rouen certifiait que la gestion des personnels enseignants ne serait pas impacté jusqu’en 2022 (Mais en 2018 on nous jurait que la fusion n’était pas encore décidée). A en croire M. le Ministre, jusqu’à cette ce cas de figure n’existera pas. Mais après 2022 ça devient tout à fait possible pour les personnels du second degré. Le Rectorat a tout intérêt à ce que la souplesse et la mobilité des personnels soient maximales. Et avec l’affaiblissement du rôle des CAPA il sera encore plus compliqué d’influer sur les choix des services académiques, sans oublier que pour les contractuels ce « contrôle » est inexistant.

Une fusion des académies pour fermer des sections !

vendredi 13 septembre 2019

Le Rectorat et la Région Normandie lancent la réflexion pour une nouvelle carte de formation à la rentrée de septembre 2020. Ca ne sent pas bon du tout ! L’académie et la région de Normandie auront, si nous ne faisons pas reculer le Ministère, le même périmètre au 1° janvier. Les filières de formation, frontalières pour le moment, ou seulement identiques, seront à la prochaine rentrée dans la même académie. Ce sera une très bonne excuse pour fusionner et fermer par ci par là et pour récupérer les postes.

Mac Do Neufchâtel en Bray veut licencier une militante syndicale CGT !

vendredi 6 juillet 2018

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Rassemblement Dimanche 8 juillet 18h45 devant le Mac Donald de Neufchâtel en Bray.