Défendre... et transformer l’école publique !

Résolution n°3.
dimanche 26 décembre 2004
popularité : 3%

Le patronat, médias et les gouvernements successifs (qu’ils soient de droite ou de gauche) n’ont de cesse de proposer et de mettre en œuvre des « réformes » dont le but final est de liquider l’école publique. La CGT doit offrir une autre perspective aux enseignants, aux parents et aux élèves que cette dégradation constante et cette mise en pièces progressive.

Pour la défense du droit à l’instruction.

Il y avait dans les années soixante 100 000 étudiants en France, il y en a aujourd’hui 2 millions. Une telle évolution n’est nullement le résultat des réformes gouvernementales accumulées depuis 40 ans, bien au contraire. C’est le résultat du combat des travailleurs, de la jeunesse, des enseignants progressistes et de leurs syndicats, en particulier du SNETP-CGT puis de l’UNSEN-CGT.

L’obsession constante du patronat et des gouvernements à sa solde a toujours été de diminuer l’accès de la jeunesse aux études (pour pouvoir réinjecter dans le cycle du profit une bonne part des sommes affectées à l’enseignement), de liquider les diplômes nationaux et leur attribution par l’Education nationale, de faire disparaître la référence aux diplômes dans les conventions collectives (une telle référence constitue un frein insupportable à l’exploitation de la main d’œuvre, à sa polyvalence, à sa flexibilité).

Certes il ne s’agit pas tout à fait, pour le patronat et son gouvernement, de réaliser la société sans école. Cette dernière a deux vertus : la transmission d’une culture générale et la préparation d’une main d’œuvre qualifiée et docile. Mais pour ce faire, point n’est besoin d’encombrer lycées et universités d’une jeunesse bardée de diplômes inutiles. Au terme de l’école primaire et du collège, l’élève aura acquis un « bagage culturel », un « socle commun ». Pour inverser cette fâcheuse tendance à l’augmentation des effectifs universitaires et commencer à réduire l’accès des jeunes au lycée, il faut mettre en place une « alternance » entre l’entreprise et l’école. C’est ce que prévoit déjà la « réforme » de la 3ème qui entrera en application dès la prochaine rentrée.

Un des premiers objectifs pour liquider l’Education nationale est la transformation des lycées professionnels en CFA à travers la généralisation de l’alternance. Le gouvernement veut remettre, clefs en mains, l’enseignement professionnel entre les mains du patronat. L’entreprise tend à être considérée à égalité avec le LP comme « formatrice ». Pendant des décennies, le patronat a tenté d’étouffer le lycée professionnel sous la concurrence des CFA patronaux en particulier par le système d’allocation de la taxe professionnelle. Sans renoncer à cet objectif, il s’agit aujourd’hui de transformer les lycées professionnels eux même en C.F.A par le biais de l’alternance.

Nous devons mettre un coup d’arrêt à cette politique de déscolarisation en :

  • refusant la destruction des programmes et des horaires nationaux ;
  • refusant les « allégements » / destruction des programmes, qui vise à créer une sous-culture scolaire adaptée aux zones de sous-emploi ;
  • refusant l’alternance qui vise à placer directement les élèves sous la coupe du patronat ;
  • défendant l’existence des examens et des diplômes nationaux, aujourd’hui menacés par le développement des contrôles en cours de formation (CCF) et la validation des acquis d’expérience (VAE) .

Pour une école unique et une éducation intégrale.

Il serait temps que l’école cesse de séparer les jeunes en voies générales et professionnelles en fonction de quelques résultats scolaires. Tout le monde a besoin de connaissances en électricité ou en couture, autant qu’en français ou en mathématiques. Les métiers manuels sont éminemment respectables et ne doivent plus être des voies de garage pour les élèves en difficultés. Il est indispensable de briser le mur qui sépare formation intellectuelle et formation professionnelle.

L’école doit former des femmes et des hommes polyvalents, sans hiérarchiser les savoirs (techniques, culturels, ...). Il est inadmissible que l’école ne se donne pas comme but de former des travailleurs capables de comprendre et d’apprendre dans de multiples domaines. Avec une éducation intégrale, les élèves seront ainsi aptes à développer leurs potentialités, quelles qu’elles soient, et de choisir librement le secteur vers lequel ils veulent spécialiser leur activité.

Dans le cadre de cette société et de cette école, il est indispensable de limiter et de réduire les handicaps dont l’origine est essentiellement sociale, pour offrir une même éducation de qualité à toute la jeunesse. Il faut donc que l’Etat engage une réelle et efficace politique de repérage précoce de problèmes physiques, auditifs et/ou visuels qui gênent l’apprentissage d’un certain nombre d’enfants.

Il faut également que les élèves aient accès à des conditions d’étude digne de ce nom en mettant fin à la multiplication des classes surchargées : les effectifs doivent être allégés, et ce de manière importante dans les zones les plus difficiles.

Lutter pour une école égalitaire nécessite aussi de lutter pour la gratuité effective et totale de l’école, garantie pour les livres, les fournitures, les sorties scolaires, ... et de lutter pour que soient allégées les charges de scolarisation pour les familles les plus démunies.

Nous refusons donc toutes les « réformes » qui visent à faire un tri social précoce entre les élèves : la réforme de la 3ème qui entrera en application à la prochaine rentrée, ou les projets formulés par la commission Thélot et le projet de loi d’orientation de Fillon.

Pour une éducation émancipatrice.

Comprendre le monde pour le transformer au profit de tous. Voilà pourquoi il faut demander un enseignement de haut niveau pour tous. Si l’école ne peut mettre fin aux injustices sociales, au chômage et à la misère, elle peut apporter aux travailleurs des armes pour leurs combats.

Une quelconque influence directe ou indirecte du patronat et du capital sur l’école est donc inacceptable.
Tout comme est inacceptable toute intrusion des religions dans les établissements scolaires, directement ou indirectement à travers les contenus des programmes. Nous refusons la présences des aumôneries dans les établissements ainsi que l’introduction d’un enseignement des religions.

C’est également pourquoi nous refusons « l’autonomie des établissements » qui est un levier pour réduire les capacités de résistance des travailleurs de l’éducation, en renforçant le rôle hiérarchique des chefs d’établissement, et ainsi soumettre les structures éducatives aux exigences immédiates des patrons et aux clientélismes politiques locaux.


L’école, malgré ses tares d’aujourd’hui, est la seule voie d’accès à une instruction élémentaire pour le plus grand nombre. Elle ouvre des portes sur la culture et reste un lieu de brassage relatif initiant à la vie en collectivité.

L’école publique, laïque et obligatoire doit être donc défendue, car elle permet une certaine instruction des futurs travailleurs qui, aussi partielle et limitée soit-elle, est utile et même indispensable pour permettre aux exploités de ne pas être réduits à l’état de bêtes de somme.

La défense de l’école publique demeure une première étape incontournable pour ceux et celles qui veulent changer la société et l’école.

Mais, nous ne devons pas nous leurrer. Une authentique éducation égalitaire et émancipatrice ne pourra voir le jour que dans une société qui sera elle-même égalitaire et donc émancipée de la domination du capitalisme.


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