CONDITIONS DE TRAVAIL DES APPRENTIS HAUT-NORMANDS : LAMENTABLES

mercredi 15 octobre 2008
par  David Querret
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En mars 2008, la Direction régionale du Travail de Haute-Normandie a publié les résultats d’une enquête sur les conditions de travail des apprentis dans notre région. Cette étude a été réalisée en 2007, auprès de 1000 apprentis des secteurs Bois, Bâtiment – Travaux publics, Commerce et Hôtellerie – Restauration. Ces jeunes avaient tous conclu un contrat d’apprentissage en 2005.

Les « performances » de l’apprentissage…
Beaucoup de ruptures, peu de poursuites d’études, pas toujours de tuteur.

Vanté par le ministère, encouragé par la Région, l’apprentissage ne sort pourtant pas grandi de cette étude, c’est le moins que l’on puisse dire.
On apprend ainsi que dans les secteurs bois, BTP et commerce, environ un apprenti sur cinq (20%) a connu une rupture de contrat. Dans l’hôtellerie – restauration, ce sont 40% des apprentis qui se sont retrouvés en situation de rupture. Résultat, dans le commerce et l’hôtellerie – restauration, plus du tiers des apprentis de 2005 sont au chômage au moment de l’enquête en 2007 (et 11% dans le BTP, 16% dans le bois).

L’enquête remarque par ailleurs que plus le niveau de diplôme est faible lors l’entrée en apprentissage, plus le risque de rupture est élevé.

Quant au devenir des apprentis, l’enquête est formelle : « les poursuite d’étude sont rares (un jeune sur vingt, entre 2% et 8% selon les secteurs) » !

Enfin, on sera stupéfait d’apprendre que plus d’un apprenti sur cinq déclare ne pas avoir de tuteur ! N’est-ce pas incroyable ? Qui se charge dans ces conditions de suivre, d’aider, de conseiller l’apprenti ? Que vaut une formation sans formateur ?

Horaires chargés, tâches répétitives, nuisances et dangers : des conditions de travail inacceptables.

"Le nombre d’heures de travail des apprentis en entreprise est élevé, largement supérieur à 35 heures en moyenne dans tous les secteurs », affirme la direction régionale du Travail. Effectivement, on découvre que la moyenne hebdomadaire varie de 36.6 h dans le commerce à 42 heures dans l’hôtellerie – restauration (plus de 48h même pour un quart des apprentis de ce secteur). Dans le BTP, 37% des apprentis font 40 h ou plus !
Il n’est déjà pas normal que des salariés travaillent plus que l’horaire légal, mais la situation est d’autant plus scandaleuse pour l’apprenti qui est supposé se former, acquérir une qualification, suivre des cours. Est-on bien disposé à apprendre après une semaine de 48 heures ?

Voyons maintenant le travail effectué dans l’entreprise. Trop souvent, ce travail consiste « à répéter continuellement une même série de gestes ou d’opération » (pour 24% des apprentis dans le BTP, 18% dans le bois, 32% dans le commerce et 74% dans l’hôtellerie – restauration). Les conditions de travail elles-mêmes sont parfois pénibles, liées bien sûr au travail dans le secteur étudié (port de charge lourdes, mouvements douloureux, fatigants, travail en hauteur dans le bois ; travail en extérieur sous intempéries, secousses, vibrations dans le BTP ; position debout prolongée dans l’hôtellerie – restauration…). Bien souvent, les apprentis sont soumis à des nuisances diverses dans l’environnement de leur lieu de travail (saleté, humidité, fumées et poussières dans le bâtiment par exemple).
Conséquence, de nombreux accidents : 47% des apprentis du BTP et 53% de ceux du bois ont eu un ou plusieurs accidents les obligeant à se faire soigner.

Apprentissage du métier... ou école de l’exploitation ?

Confrontés aux résultats de cette étude, certains considèreront que « c’est le métier qui rentre ». Ce n’est pas notre avis. D’abord parce que ces conditions de travail ne sont acceptables pour personne. Elles provoquent trop de maladies, de handicaps et d’accidents, elles usent les corps et les esprits avant l’heure. Elles doivent donc être combattues et ne jamais être considérées comme « normales ». D’autre part parce que nous avons affaire à des jeunes dont l’avenir ne doit pas être gâché, brisé par des conditions de travail dégradées.

Dans les semaines qui viennent, la CGT va agir pour faire connaître les résultats de cette étude affligeante. Après avoir interpellé le Recteur et le président de région sur le sujet, lors du C.A.E.N du 10 octobre, nous allons les relancer pour connaître leur réaction et les mesures qu’ils comptent prendre pour corriger ces abus. La CGT Education appelle par ailleurs ses adhérents qui ont en charge des apprentis à veiller à la défense de leurs droits.


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Mouvement à gestion déconcentrés des ATRF
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Au sujet des dépenses scolaires…

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Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les "dépenses de la rentrée des classes". Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue "L’Éducation natio­nale en chiffres" de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue "L’Éducation natio­nale en chiffres" éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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