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vendredi 31 octobre 2008
par  Sebastien Le Bras
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Face à la crise
310 fois le SMIC, plus les dividendes…
En 2007, les grands patrons les mieux payés ont touché des revenus se chiffrant par dizaines, voire centaines de millions d’euros. Récompense de leur contribution au développement du capitalisme financier.

Au moment où le chef de l’État se pique de vouloir « moraliser » le capitalisme, les résultats de l’enquête que publie aujourd’hui le magazine

Capital donnent la mesure du chantier. En 2007, alors que la moitié des salariés ont perçu moins de 1 600 euros net, la fiche de paie des 50 patrons français les mieux payés affichait en moyenne 383 000 euros brut par mois, soit l’équivalent de 310 fois le SMIC. Ces messieurs dames ont été gratifiés d’une augmentation de 20 %, à faire pâlir l’ensemble des salariés qui, dans la majorité des cas, ont vu, eux, leur pouvoir d’achat stagner, au mieux, ou reculer, souvent. Numéro un au hit-parade, Jean-Philippe Thierry, à la tête d’AGF Allianz, a empoché 23,2 millions d’euros de salaire, soit 1,9 million par mois. Le patron de Vallourec, Pierre Verluca, pointe au second rang, avec 12,4 millions d’euros, en hausse de 32 % sur 2006, « alors que le profit de sa société augmentait d’à peine 8 % », précise la revue Capital. Suivent Gérard Mestrallet (Suez, 12,2 millions d’euros), Jean-Louis Beffa (Saint-Gobain, 10,2 millions) et Xavier Huillard (Vinci, 10 millions).

Ces rémunérations recouvrent les salaires, les avantages en nature et les plus-values sur les stock-options (actions offertes par l’entreprise aux dirigeants à un prix préférentiel, et revendues au prix du marché). En 2007, note Capital, les stock-options, « vitaminées par la flambée de la Bourse », ont « rapporté 70 % de plus » aux patrons qu’en 2006. Provocateurs au regard de ce que gagne le commun des salariés, ces chiffres restent très en dessous de la vérité des revenus de certains grands patrons, avertit le magazine. Il faut en effet, explique-t-il, y ajouter le jackpot que leur rapportent leurs propres actions en Bourse. Ainsi Bernard Arnault a-t-il encaissé 4,1 millions d’euros de salaire comme PDG de LVMH, soit « une goutte d’eau » dans ses 376 millions d’euros de revenus, qui comprennent les dividendes touchés comme actionnaire principal du groupe de luxe. En tête de ce classement des plus gros dividendes, il devance François Pinault, fondateur de PPR, qui a palpé 259 millions d’euros, et Liliane Betancourt, première actionnaire de L’Oréal (256 millions d’euros). Les familles Peugeot (groupe PSA) et Halley (Carrefour) dépassent également le seuil des 100 millions de dividendes.

Certes, comme le relève Capital, le cru 2 008 devrait être sensiblement moins bon pour cause de krach : « L’effondrement des cours de Bourse aura un gros impact sur les levées de stock-options », rendues « moins juteuses voire carrément impossibles ». Mais pas de panique au CAC 40, l’« immoralité » intrinsèque du système de revenu des grands patrons n’est pas menacée. En tout cas pas par le « code de gouvernance éthique » adopté récemment par le MEDEF, à la demande expresse de Nicolas Sarkozy. Cette charte prohibe les parachutes dorés pour les seuls PDG « en situation d’échec », entérine les stock-options et les actions gratuites (tout juste soumises à des « conditions de performance »… financières), et ne dit mot des rémunérations proprement dites. Pour donner le change à une opinion remontée contre les scandales à répétition, le gouvernement vient d’introduire un amendement dans son projet de loi sur « les revenus du travail », demandant aux entreprises qui attribuent des stock-options et des actions à leurs dirigeants d’en distribuer aussi à leurs salariés, ou de conclure un accord d’intéressement ou de participation. Outre leur caractère aléatoire et pervers (car elles vident le salaire de son sens), ces miettes de revenus financiers accordées au personnel ne réhabilitent évidemment pas ces privilèges. Ces stock-options, options gratuites et autres bonus liés aux résultats financiers, qui alimentent, en eux-mêmes, la spéculation, récompensent des gestionnaires pour leur contribution au développement d’un capitalisme financier aujourd’hui vilipendé de toutes parts, y compris à l’Élysée…La moralisation en la matière passe donc par leur interdiction, comme viennent de le défendre les sénateurs communistes dans un amendement rejeté par la droite. De même estiment-ils que les rémunérations des patrons devraient faire partie, comme celles du personnel, des négociations annuelles sur les salaires.

Yves Housson



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Brèves

Grève à la BNF, contre la loi des « marchands d’esclaves »

dimanche 12 avril 2015

Les agents d’entretien payent cash les mesures d’économie des entreprises publiques. Après Radio France et le ministère des Finances, ils se mobilisent à la Bibliothèque nationale de France.
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Avec la future réforme des retraites, les égoutiers seront-ils condamnés à mourir au travail ?

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Ils partent en retraite à 52 ans, mais meurent beaucoup plus tôt que les autres catégories de travailleurs. Victimes d’une surmortalité liée à leur travail insalubre, au milieu des gaz mortels, des produits chimiques ou des rejets radioactifs d’hôpitaux, les égoutiers peinent à faire reconnaître leurs pathologies comme maladies professionnelles. A l’heure des privatisations, les égoutiers du secteur public se battent pour conserver leurs droits à une retraite anticipée et à des conditions de travail sécurisées. Reportage en Ile-de-France.
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Éducation nationale : quelques remèdes de cheval pour dégraisser le mammouth

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À l’occasion de la remise récente au gouvernement de deux rapports sur l’Éducation nationale et sa gestion – celui de la Cour des comptes et celui de la médiatrice de l’Éducation nationale –, certains médias en profitent pour accabler les enseignants en relayant et en amplifiant les préjugés les plus communs à leur égard, et pour livrer, plus ou moins subtilement, leurs solutions pour redresser une école publique dont ils dressent un tableau apocalyptique…
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« Elle était la seule à maîtriser le braille, on l’a remerciée »...

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Karine (1) est auxiliaire de vie scolaire. Elle a notamment accompagné un élève autiste, puis une malvoyante. Elle adore ce qu’elle fait et pourtant, on vient de la congédier. Motif : AVS, ce n’est pas un métier. Elle a atteint les six ans maximum de CDD dans la fonction publique. Alors, direction Pôle emploi.
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A lire dans "Le Café Pédagogique" du 14 février 2011

lundi 14 février 2011

Le Centre d’Analyse Stratégique, organisme directement rattaché au Premier Ministre, vient de publier son rapport et l’idée toute faite selon laquelle l’emploi public serait en France une charge plus importante qu’ailleurs est bousculée...

Sur le Web : Le Café Pédagogique

Québec - La question épineuse du redoublement

mercredi 15 juillet 2009

L’interdiction du redoublement passée dans les mœurs scolaires québécoises pèse lourd sur le niveau des élèves qui entrent au secondaire
« Plusieurs élèves passent au secondaire sans avoir les acquis et je ne parle pas de petites faiblesses. Je parle de graves lacunes. » Cette parole d’enseignants n’est pas rare car ils commencent à récolter les – mauvais - fruits d’une réforme dont le maître mot est : pas d’échec possible. Même si l’interdiction du redoublement n’est pas officielle, elle est passée dans les faits. 2% seulement des élèves redouble la sixième année de primaire (l’année qui précède l’entrée en secondaire ou collège dans le système français). Mais à force de faire passer des enfants en échec scolaire sans les aider, la situation est devenue difficile en première année de cycle secondaire. Une des conséquences de cette baisse de niveau est le départ des bons élèves dans le privé : 30% des élèves choisissent des établissements secondaires dans le secteur privé ou dans les écoles élitistes du public. Résultat : les établissements normaux se retrouvent avec une forte concentration d’élèves en difficulté. Pour enrayer la spirale des lacunes et de l’échec scolaire, les spécialistes appellent à se concentrer sur la lecture, quitte à réduire le volume horaire d’autres disciplines. L’apprentissage de la lecture est un bon moyen pour repérer les failles dans les mécanismes d’apprentissage.
La Presse, www.cyberpresse.ca, 22 juin 2009

J’ai 17 ans et je suis exclu car j’ai fait blocage contre Darcos

mardi 7 juillet 2009

Ce lundi matin, une élue parisienne, Danielle Simonet, conseillère de Paris (Parti de gauche), alertait par un e-mail très viral sur le sort de Tristan Sadeghi, lycéen tout juste sorti de classe de première, à qui son proviseur refuse l’inscription en terminale. Sauf s’il s’engage par écrit à ne plus participer à des manifs ou des blocages, tels que ceux qui ont émaillé l’année, au lycée Maurice-Ravel, dans le XXe arrondissement comme ailleurs.
Rue89 a proposé à ce jeune élu représentant au conseil de la vie lycéenne de raconter son histoire, alors que la mobilisation autour de son cas commence à prendre.

Royaume-Uni : parents et élèves au rapport

mardi 7 juillet 2009

À partir de la rentrée prochaine, un nouveau mode d’inspection des établissements scolaires sera lancé en Angleterre : les parents et les élèves seront mis à contribution pour classer les écoles et ainsi, décider du déplacement éventuel d’un inspecteur. L’année dernière, 600 établissements scolaires avaient été épinglés pour ne pas avoir atteint les résultats escomptés alors que l’organisme d’inspection les avait très bien notés. Désormais, les parents et leurs enfants rempliront des questionnaires qui permettront de définir le niveau des écoles. Les meilleures d’entre elles seront inspectées tous les 5 ans (au lieu de tous les 3 ans actuellement). Les autres auront droit à des visites surprises plus fréquentes des inspecteurs. Une décision qui ne fait pas l’affaire des enseignants : leurs représentants dénoncent un manque de confiance dans les écoles et redoutent de faire l’objet d’une observation accrue dès la rentrée.