A.V.S : Aptitudes Vainement Sacrifiées

Témoignage d’une AVS en colère
mercredi 17 octobre 2012
par  François-Xavier Durand
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On nous nomme AVS ou EVS, parfois avec des nuances telles que AVS-I(ngrat), AVS-CO(n).

Notre mission est de combler les « trous » de l’Éducation Natio­nale. Nous pal­lions au manque de per­son­nel qua­li­fié pour accueillir les enfants han­di­ca­pés à l’école. Auparavant, nous faisions office de secré­tai­res aux direc­teurs d’écoles.

Nous sommes précaires, on coûte moins chers. Nos contrats ont été inven­tés pour faire bais­ser le taux de chô­mage d’abord chez les jeunes puis les per­son­nes qui bénéficient des mini­mas sociaux.

Il a existé deux types de contrat pour les AVS/EVS : les pre­miers, de 26h, ont disparu, pour descendre aux actuels qui sont de 20h. La rému­né­ra­tion est égale au SMIC, soit à peine plus de 600 euros nets par mois pour 20h. Autant dire que vivre avec 600 euros et des poussières par mois c’est moins que juste, surtout pour une per­sonne seule ou qui a des enfants à charge.

Certains d’entre nous cumu­lons donc d’autres emplois pour arrondir les fins de mois et join­dre les deux bouts. Il n’est pas rare qu’en plus de nos heures heb­do­ma­dai­res payées par l’État, nous sur­veillions des can­ti­nes le midi et/ou des études en fin de jour­née, heures payées par les Mai­ries : Cela veut dire tra­vailler de 8h30 à 18h sans dis­conti­nuité, soit presque 10h par jour d’école, pour arri­ver à cumu­ler envi­ron 1000 euros par mois. Seul hic : on doit se contenter de nos 20 ou 26h en période de vacances scolaires, puisqu’il n’y a pas de surveillances péri-scolaires effectuées.

Ceux d’entre nous qui sont (encore ?) affec­tés aux taches admi­nis­tra­tive font un tra­vail de secré­ta­riat indis­pen­sa­ble, sans être reconnus, pour un salaire déri­soire.
Les autres, qui tra­vaillent avec des enfants han­di­ca­pés (phy­si­que et/ou psy­chi­que), ne reçoi­vent aucune for­ma­tion spé­ci­fi­que, ceci au détri­ment de l’enfant, et à notre propre détriment puisque parfois nous nous retrouvons démunis devant certaines situations. Heureusement, la motivation pour certains d’entre nous nous amène à nous ’auto-former’, en apprenant sur le tas, lisant, observant, écoutant, en sachant ’la fermer’ quand il faut aussi... Ne parlons pas de ce temps là qui ne nous est pas payé non plus (de toute façon, la capacité de réflexion sur notre travail est forcément inexistante chez les AVS...)

En plus des condi­tions difficiles de tra­vail qu’induit ce type de contrat, il se trouve que régu­liè­re­ment nos droits sont bafoués.

Il n’existe pas de prime de dépla­ce­ment, ni de ticket res­tau­rant, ni de prime REP (Réseaux Éducation Prioritaire) pour celles et ceux d’entre nous qui tra­vaillent dans les quar­tiers. Pas non plus de primes de licen­cie­ment. Pas de for­ma­tion ni de Vali­da­tion des Acquis de l’Expérience raisonnablement envisageable. L’expérience est jugée ’insuffisante’. En cas d’absence jus­ti­fiée par cer­ti­fi­cat médi­cal, trois jours de salai­re sont entiè­re­ment rete­nus (carence), puis 50% de notre salaire par jour d’absence. Il vaut mieux ne pas tomber malade !

Le principe d’un Contrat Unique d’Insertion, c’est qu’on ne coûte pas cher à l’État : le CUI est exonéré de plus de 80% des charges patronales (j’ai coûté jusqu’en août 125 euros à l’employeur sur ma fiche de paye, j’étais donc abordable...).

Logiquement, la précarité coûte plus cher à la société. Le contrat aidé est un contrat super-subventionné et de surcroit, le salarié qui touche 650 euros par mois n’a d’autre choix pour subvenir à ses besoins que de solliciter des allocations de compléments et autres aides nécessaires à la vie quotidienne (allocation logement, RSA, CMU, abonnement social téléphonique, énergétique…) autant de coûts supplémentaires pour la collectivité mais indispensables pour pouvoir survivre. Un vrai travail avec un vrai salaire ne poserait normalement pas ce problème. Sauf que... dans mon cas, mon salaire (qui était de 850 euros) semblait dépasser un seuil imaginaire de précarité, puisque je ne pouvais prétendre ni à la CMU (dépassement de plafond), à peu d’allocations logement (mon loyer représente la moitié de mon salaire), quant au RSA, il ne correspond pas au versement d’un complément de Revenu d’Activité, mais à 50 euros qui remplacent l’Allocation de Parent Isolé. Alors j’ai ramé bien des mois... Je n’ai pas été élue pour être une Assistée de la Société. Non, moi j’étais Riche. Il faudrait s’entendre : on est représentant de la précarité ou on ne l’est pas !!! Soyons logiques : soyons des rebuts jusqu’au bout ! Mais ceci est un autre débat...

Pourtant, maintenant, je devrais me réjouir ! Depuis la rentrée, je suis ENFIN pauvre puisque je ne touche pas de salaire ! Comble du comble, je ne suis plus en contrat aidé... et je coûte tellement cher à l’employeur que non seulement j’ai du attendre 24 jours avant de signer ’un vrai’ contrat de travail (on a du m’en présenter ’un faux’ il y a 4 jours dans les bureaux de L’Inspection Académique, euh... pour que je me calme ????) mais en plus on ne peut pas me verser une chose qu’on nomme habituellement ’salaire’ mais ’un acompte’ et surtout pas en fin de mois, c’est bien trop tôt !!! J’ai dû piger vite fait que ces deux mots n’étaient pas synonymes ou cousins, ni en terme de montant, ni en terme de délai...


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Brèves

Mouvement 2019 des personnels ATSS :

samedi 22 décembre 2018

Mouvement inter-académique des AAE et des SAENES :
La saisie des voeux doit se faire du 11 décembre 2018 au 8 janvier 2019. La CAPN des SAENES aura lieu le 19 mars 2019, et celle des AAE le 21 mars 2019.

Mouvement à gestion déconcentrés ADJAENES
la pré-inscription se fera du 10 janvier 2019 au 7 février 2019. Le reste du calendrier sera en fonction des académies demandées.

Mouvement à gestion déconcentrés des ATRF
la pré-inscription se fera du 10 janvier 2019 au 7 février 2019. Le reste du calendrier sera en fonction des académies demandées.

La pédagogie Nutella ou le collège 2016... vu à la TV !

lundi 20 avril 2015

La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

Pour rassurer tout le monde, la télévision publique nous montre à quoi ressemblera le collège 2016, dans deux reportages successifs. En effet, le collège réformé s’inspire de dispositifs innovants qui existent déjà dans quelques établissements expérimentaux.

Alors savourons cet avant-goût du collège nouveau...

Lire la suite sur le site La Vie Moderne

Chatel : "Certaines mesures vont dans le bon sens"

lundi 20 avril 2015

C’est le spécialiste des réformes destructrices Chatel qui ont mis à mal le lycée général et liquidé la voie STI qui nous le dit.
On constate facilement où Vallaud-Belkacem trouve son inspiration !

"Que les conservateurs tombent les masques !"

lundi 20 avril 2015

Voici le titre de l’interview de Vallaud-Belkacem au très réactionnaire journal Le Point.
Notre seule réponse à NVB : "Que les néo-libéraux tombent également le masque !"

4 pages spécial Retraités de la FERC

samedi 31 août 2013

Au sommaire : Conférence de l’UFR... les retraités à l’offensive ! - Quelle UFR, quelle structure ? - Place des retraités dans la CGT - Continuité syndicale et renforcement - Impressions croisées
Télécharger le 4 pages

Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les "dépenses de la rentrée des classes". Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue "L’Éducation natio­nale en chiffres" de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue "L’Éducation natio­nale en chiffres" éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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